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Vous venez ?

6 Déc

J’ai envie de vous!

Les choses sont dites, on peut passer à autre chose?!

Blague à part, j’ai trois moteurs qui me font avancer dans ce blog (et dans la vie finalement!): écrire, lire et partager!

Vous faire lire mes petites histoires, parler livres avec vous et vous lire à travers vos commentaires bien sûr, un petit bonheur quotidien !

Découvrir vos interviews, rencontrer des personnalités attachantes et qui rendent la vie plus belle, qui donnent envie d’y croire, mon autre addiction!

Un énorme merci en passant à ceux qui ont bien voulu me suivre dans mes envies, qui ont accepté de répondre à mes questions. Une tendresse particulière pour Gilles Paris qui a été le premier à répondre à « Si on parlait écriture » et à Virgnie de 123nousirons qui a été la première à partager son rêve! Merci à tous les autres qui ont suivi ensuite! C’est tout simplement incroyable, je me pince encore pour y croire!

Tout ce petit blabla pour vous annoncer mes nouvelles envies !

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Je vais continuer à parler livres, culture et autres (d’ailleurs, je me rends compte que mes billets d’humeur se font rares…) mais je voudrais vous laisser la place.

A chaque réception de retour d’interview, la même excitation, à chaque fois le plaisir renouvelé du partage, alors j’ai envie d’en savoir encore plus, d’étendre ces échanges et de montrer du positif et de l’optimisme ! Lutter contre la morosité ambiante avec mes petis bras!

Attention appel à témoins digne des émissions de télé !

♠ Si vous vivez de votre passion, que vous êtes en pleine reconversion et que votre passion est en train de devenir votre quotidien contactez moi ! C’est reparti pour une nouvelle saison de « Quand je serai grand(e), je serai! »

♣  Vous êtes porteurs d’un projet nouveau, décalé, ambitieux, loufoque, détonnant, lié à la culture au sens large (exemple : création d’un festival, d’une maison d’édition, site internet, blog ou autre). Si vous montez un projet où l’umain a la part essentielle et surtout à contre courant, avec une envie de tutoyer les étoiles, écrivez moi !

♥ Vous avez envie de raconter LA rencontre qui a tout changé!  Non je ne me transforme pas en blog de rencontres et je ne replonge pas dans le blog de mariage, mais je veux parler de cette personne (non pas le prince charmant, j’ai dit!) qui vous a donné le petit coup de pouce, celle qui un jour vous a permis de croire à vos rêves, celle qui a trouvé le mot juste pour vous lancer ou qui a été le véritable déclencheur . Ou encore la personne qui a fait changé votre vision du monde, qui vous a poussé à adopter une autre philosophie de vie. Allez, venez, ne soyez pas timides! Envie de mettre l’humain au coeur de tout!

A mon doigt en ce moment...

A mon doigt en ce moment…

Pour tout cela, j’ai besoin de vous! Même si mon blog est mondialement connu et que je vais recevoir 150 propositions dans l’heure qui suit ( je vous avais dit que j’étais une grande rêveuse, non? ), si ces rubriques vous font de l’oeil, alors n’hésitez pas à partager surblog, hellocoton, mail, facebook (au fait, vous savez que j’y suis? Je suis nulle en informatique donc pas encore réussi à mettre le lien facebook sur le blog (ceux qui pensant que les blogueuse sont des geek, j’en suis l’exception parfaite!). Rendez vous donc sur la page facebook Charlotte L’insatiable!

Merci à tous par avance!

Et au fait, approchez… L’organisation d’un petit swap pour 2013, ça vous tente?

J’espère que l’idée vous plaît et que les retours seront nombreux pour que l’on puisse rêver ensemble!

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles. »

Oscar Wilde

Et si on parlait écriture avec Delphine Bertholon

19 Juin

Nous voilà aujourd’hui en compagnie de Delphine Bertholon, je vous avais parlé de son dernier roman Grâce il y a peu…

J’ai eu la chance de rencontrer Delphine dans ma librairie. Une très belle rencontre qui s’est continuée au travers de mails. Delphine est une belle personne, généreuse, authentique, dynamique, qui sait trouver les mots pour vous faire avancer8

Merci pour tout Delphine!! 

(Je n’ai pas réussi à séparer les questions pour deux interviews, vous n’avez donc pas à attendre avec impatience demain, Delphine vous livre tout aujourd’hui!!)

1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

C’est beaucoup de passion et, dès l’enfance, beaucoup de lecture. Même si parler « en chiffres » n’a pas vraiment de sens à mes yeux (je ne suis pas matheuse pour un sou !), je dirais : 40% de talent (lequel englobe aussi – surtout ?!- la persévérance), 50% de sueur… et 10% de chance.

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

Pour ma part, c’est variable, depuis toujours.

Je n’écris pas quotidiennement, loin de là, à l’inverse d’autres auteurs. Mais lorsque je suis dans un texte, immergée dans une histoire, je deviens plus régulière : cinq heures en moyenne, de 11h à 16h (alors que plus jeune, j’écrivais la nuit – ça m’est passé !) Mais ça peut aller jusqu’à dix heures… en oubliant de manger !

3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

Depuis gamine, j’écris de la « fiction » ; mais ce que j’ai considéré à l’époque comme mon premier roman s’appelait Méduse (en référence à la créature mythologique) ; il fut rédigé sur une machine à écrire récupérée chez mon grand-père – une vraie galère ! J’avais seize ou dix-sept ans et, naïve adolescente, je l’avais envoyé à toutes les maisons d’édition (je peux tapisser mon appart’ de lettres de refus !) Pour mon premier texte publié, j’avais vingt ans et des poussières – Les dentelles mortes, dans une maison associative à Villeurbanne, en banlieue lyonnaise. Le texte est aujourd’hui presque introuvable ; tant mieux, il m’a semblé illisible la dernière fois que j’y ai jeté un coup d’œil ! Mais cette petite publication m’avait encouragée à continuer et, en cela, ce texte fut important pour moi.

4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Je suis une psychopathe de la relecture. Je retravaille encore et encore, souvent par petits blocs (j’écris vingt ou trente pages, que j’imprime et retravaille sur papier). Ce premier jet retravaillé du roman entier me prend entre six et huit mois, intensifs. Puis je relis/retravaille l’ensemble sur trois mois plus dilettantes, une fois le roman terminé : trois ou quatre relectures globales, intégrant (ou non !) les remarques de mes lecteurs-test – d’abord des copains, tous très différents, puis l’éditeur.

Un texte me semble éternellement perfectible… mais il arrive un moment où il faut « lâcher le bébé ». Sinon, aucun roman ne verrait jamais le jour !

5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Avant d’enfin atterrir dans une « grosse » maison – J.C Lattès, en l’occurrence – il m’a fallu plusieurs années et cinq/six manuscrits refusés (qui m’ont forgée, néanmoins, même si c’était difficile sur le moment ! De petits boulots en petits boulots…) Je n’avais pas d’entrée dans le milieu de l’édition et je suis donc arrivée par la Poste. Pour autant, les lettres de refus sont passées, au fil des années et des textes, de lettres-types à des lettres motivées (c’est à dire personnalisées), ce qui est à la fois rageant et encourageant. Mais sans cette fameuse persévérance dont je parlais lors de votre première question, j’aurais abandonné bien avant la publication…! Il faut une bonne dose d’immaturité, de folie et d’acceptation de la précarité pour se lancer corps et âme dans ce métier… si toutefois on peut jamais, en France, le considérer comme tel.

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

La sensation la plus forte, pour moi, ce sont les épreuves (c’est à dire, lorsque le texte est mis en page sous forme de livre, mais sur du papier A4 de base). Quand on reçoit les épreuves, chaque fois, c’est la même chose – le premier roman ou le cinquième… Il y a cette double émotion : satisfaction, et terreur. Le texte ne nous appartient déjà plus, il va être lu, jugé, aimé peut-être, nous l’espérons… Une fois en librairie, l’objet-livre me semble quasiment en dehors de moi. Je le relis pour voir si des coquilles m’auraient échappées, mais je n’ai déjà plus l’impression que moi, j’ai écrit ça. C’est très bizarre. Excitant et vertigineux. Et j’évite de faire le tour des librairies ! Je me réapproprie le texte plus tard, via les lecteurs, leurs réactions, les questions, les rencontres…

10. Etre écrivain, c’est…

Lire, pour commencer. Je ne crois pas qu’on puisse jamais devenir écrivain si l’on n’a pas d’abord été un grand lecteur. Puis, parvenir à se défaire de ses références pour tracer sa propre voie, même si les inspirations, une fois digérées, vous suivent et vous nourrissent. Construire un univers singulier est probablement ce qui prend le plus de temps…

11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Ecrire, écrire, écrire encore ! C’est vraiment en forgeant qu’on devient forgeron ; certes, il faut un goût inné pour les mots et une facilité naturelle pour la chose… Le travail seul, je crois, ne suffit pas. Il y a pour moi dans l’écriture (et dans ce que l’exercice requiert comme énergie et implication émotionnelle) quelque chose de l’ordre du dévouement. De la nécessité, disons. Quelqu’un qui ne se sent pas obligé, par sa complexion, d’écrire, fera autre chose – et il aura bien raison. On ne se met dans cette situation de fragilité que si l’on n’y est, d’une certaine manière, acculé. Concernant la jeune génération, je leur dirais d’avoir un « vrai » métier, par sécurité. Le choix extrême que j’ai fait, s’il est romanesque (et sur le sujet, lire Le diable par la queue de Paul Auster, sur sa galère avant de réussir !), n’est pas facile à vivre. Mais quand on aime, dit-on, on ne compte pas…

Merci infiniment Delphine. Je vais relire ces mots souvent… pour me donner du courage et me faire croire que tout est encore possible!!

Et si on parlait écriture avec Gilles Paris?

12 Juin

Tadam!

Je vous annonçais la semaine dernière qu’une nouvelle rubrique allait voir le jour, nous y voilà!

J’ai demandé à plusieurs auteurs reconnus de nous parler de leur travail d’écriture et de se remémorer les souvenirs du premier roman. Comble du bonheur, ils ont répondu présents! Vous les retrouverez donc le mardi pour vous parler du processus d’écriture et le mercredi pour discuter avec vous de leur premier roman, et oui j’ai été gourmande dans mes questions et les auteurs généreux dans leurs réponses donc deux interviews au lieu d’une, c’est encore mieux!

Je suis très heureuse d’ouvrir cette rubrique en compagnie de Gilles Paris. Je vous avais parlé de son dernier roman: Au pays des kangourous. Roman attachant et d’une bienveillance rare.

Merci Gilles pour votre gentillesse et votre disponibilité!!

1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

J’ai commencé à écrire tôt, j’avais 10 ans. Un journal intime pour des évènements que je souhaitais garder pour moi. L’écriture romanesque, elle, se travaille au fil des ans. C’est à la fois cérébral et nourri du quotidien. Je n’ai jamais eu l’angoisse de la page blanche, au contraire. Peut-être aussi le fait de publier tous les dix ans… Quant au talent, c’est à l’éditeur, ou aux lecteurs d’en juger…

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

Je n’ai jamais écrit tous les jours. J’aime laisser reposer un texte, le relire, le travailler. En période réelle d’écriture je peux être plus de quinze heures derrière mon ordinateur.

3. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Je ne crois pas qu’on puisse être « satisfait ». En tout cas pas en ce qui me concerne. J’essaye de rendre un texte sur lequel j’ai tout donné. Ensuite j’ai besoin du regard de l’éditeur pour retravailler la copie ensemble.

4. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

Je réfléchi longtemps à l’histoire et à mes personnages sans écrire. Là encore tout est cérébral. Puis je prends des notes sur des recherches ou de la documentation que je rassemble en me déplaçant (La maison d’accueil Les Pressoirs du Roy, les éducateurs, juge, et psychologue pour Autobiographie d’une Courgette, la clinique Sainte-Anne pour Au pays des kangourous). Quand je suis prêt, je pars à l’étranger, seul, et j’écris du matin au soir. J’ai besoin d’être au bord de mer, de cigarettes (Fortuna Light), d’eau (je bois beaucoup), de chocolat noir, et de musique ! J’écris la plupart du temps en musique. J’essaye de choisir le bon morceau pour la meilleure émotion, comme si la musique donnait du rythme à mon écriture. Pour mon premier roman, exceptionnellement, je suis resté à Paris. J’écrivais du vendredi soir au dimanche soir sans m’arrêter… Cela m’a pris un an d’écriture. Très peu de lecteurs ensuite, car je souhaite garder la primeur du texte à l’éditeur. Trop d’avis me déstabiliseraient…

5. Etre écrivain, c’est…

Pour moi, être écrivain, c’est être passeur d’émotion. Raconter une histoire en espérant qu’elle va toucher ceux et celles qui la liront. Avec le secret espoir qu’ils ne l’oublieront pas une fois le livre refermé.

Je dois vous faire une confidence, il y a peu je me disais que dans mon métier, je voulais être une « passeuse d’émotion », je ne sais pas comment cette expression est arrivée à moi mais je trouvais qu’elle correspondait parfaitement à mon ressenti, alors quand j’ai lu cette phrase de Gilles, mon coeur a battu très fort…

Merci Gilles!! Et à demain!!

Crédit photo: Jean Philippe Baltel