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Voyage avec Matisse #3

19 Déc

tahiti

 

Suzanne et le maître (épisode 3)

Le soleil me réveilla, trop fatiguée la veille je n’avais pas tiré les rideaux. La chambre était baignée d’une lumière douce et enivrante. Je me sentais mieux et surtout je m’étais promis de profiter de cet instant. Je m’habillai et descendis au restaurant. Le serveur me dit que mon ami était parti et qu’il fallait le retrouver dans les jardins de l’évêché. Je pris mon petit déjeuner et le serveur m’indiqua la route pour me rendre au point de rendez-vous. Je l’aperçus au loin, assis, un cahier de dessins sur ses genoux, scrutant l’horizon puis fermant soudainement les yeux avant de s’armer de son crayon et de dessiner avec fluidité.

Je m’approchai. Il tourna la tête et me sourit.

–       Bonjour Suzanne, ça va mieux ?

–       Oui, oui, merci.

Je m’assis près de lui et là, sans que rien ne laisse présager, il commença à me raconter sa vie, son enfance dans le Nord, la vie que son père avait tenté de lui imposer, sa crise d’appendicite à vingt ans qui l’avait sauvé d’une vie terne, une crise qui lui permit de devenir qui il est. Il me parla de ses garçons Jean et Pierre, de l’amour qu’il portait à sa fille Marguerite et enfin de sa découverte du soleil et de la lumière.

Il m’expliqua ensuite qu’il fallait que je devienne libre, que la vie ne valait la peine que si on savait pourquoi on était venu au monde et que l’on mettait tout en œuvre pour le réaliser.

Il m’encouragea à suivre mes rêves, il devinait qu’ils avaient un lien avec les mots. Il avait remarqué que j’avais toujours un carnet dans la poche et un crayon mais que le dessin n’était pas ce qui semblait me faire vibrer.

Il se tut. Nous n’avions pas bougé pendant ce long monologue, chacun posant le regard au loin.

Je pris mon carnet et les mots s’imposèrent, je ne contrôlais plus mon stylo, il prenait vie sous mes doigts. Pendant ce temps, Henri dessinait.

Mon carnet rempli, je levai la tête. Henri me regardait, il me tendit une feuille qu’il avait détachée de son carnet. C’était moi. Il avait déjà réalisé des portraits quand j’étais petite, mais celui avait une intensité qui me troubla. Il m’avait dessiné en train d’écrire et mon visage accueillait une expression que je ne connaissais pas.

–       C’est ça, Suzanne. C’est cela ta raison de vivre, tu n’as pas le même visage quand tu écris, tu es possédée par ce que tu fais. C’est cela que tu dois exploiter et ne laisser rien ni personne te détourner de ton but… Ne laisse personne rêver à ta place !

Je relevai la tête, les yeux remplis de larme. Je lui murmurai simplement un Merci.

Il me prit par la main pour m’aider à me relever. Nous marchâmes pendant un long moment. J’arrivais enfin à sortir de ma coquille pour lui parler. Je lui confiais mes rêves enfouis, ceux que je n’osais qu’effleurer la nuit, que jamais je n’avais conceptualisés de peur qu’ils s’évanouissent.

D’une bienveillance lucide, il m’enveloppa de paroles qui allaient me guider dans la vie, me pousser à ne jamais renoncer aux belles choses, à toujours être exigeante, à construire mon destin.

Nous rentrâmes à l’hôtel épuisés par cette longue marche, nous dinâmes d’un repas frugal et le sommeil nous attrapa rapidement.

(A suivre… demain)

Voyage avec Matisse #2

18 Déc

croquis tahiti

Suzanne et le maître (épisode 2)

Vous pouvez retrouver le début de l’histoire dans l’article d’hier.

Une fois le bateau à quai, un homme qu’il semblait connaître porta nos bagages jusqu’à l’hôtel. Un hôtel sur le port, avec pour horizon les bateaux et plus loin la mer, mais surtout ce ciel incandescent qui m’impressionnait. Henri me dit de déposer mes affaires dans ma chambre et de le rejoindre dans la sienne. J’entrais, il était assis face à la fenêtre. Il me fit signe de m’approcher et me désigna la chaise voisine à la sienne. Je m’assis. Toujours sans un mot, il me fit comprendre qu’il fallait juste que je regarde dehors.

Nous restâmes deux heures dans cette position, dans ce contraste saisissant entre le silence de la chambre et l’effervescence du port qui nous parvenait par petites touches. Nous n’avions pour seule ouverture sur le monde que cette fenêtre qui nous offrait le ballet des pêcheurs préparant leurs bateaux pour le lendemain, le tout baigné dans un soleil si rouge qu’il nous brûlait les yeux. Au loin, la mer semblait calme et sereine, se préparant pour la nuit.

J’avais bien compris que je n’avais pas le droit de bouger ou de parler tant qu’il ne l’aurait pas décidé. Le premier quart d’heure fût excitant, je découvrais cette nouvelle vie, je savourais le bonheur d’être ici, à côté d’Henri. Mais la première demi-heure écoulée, le temps commença à me sembler long. Je n’arrêtais pas de gigoter sur ma chaise tandis qu’Henri demeurait le regard fixe, le dos droit, ne montrant aucun signe d’ennui ou de fatigue.

Une fois que le soleil fût couché, Henri se leva et me proposa d’aller dîner au restaurant de l’hôtel. Je le suivis sans bruit, encore un peu étourdie par ce long silence et cet instant étrange que je venais de vivre.

On s’assit à une table de la terrasse, qui faisait face au port. Henri commanda un poisson grillé et une limonade. J’en fis de même. Nous n’avions toujours pas échangé un mot, à l’exception de l’invitation à dîner. J’avais peur de troubler sa tranquillité, de rompre quelque chose.

Il semblait totalement différent de ce voisin que je croyais connaître. Il semblait mesurer les choses, les étudier profondément, les happer pour mieux les retranscrire, plus tard.

C’est lui qui brisa le silence me demandant comme je me sentais.

Je répondis que j’étais un peu fatiguée par le voyage mais que cette île semblait vraiment intéressante et que j’avais hâte de la découvrir davantage le lendemain.

Il sourit, avec dans les yeux une lueur pétillante et pleine de bienveillance que je ne lui connaissais pas et dit :

« Tu sais, Suzanne, j’étais comme toi avant. Je voulais dévorer les choses. Je pensais que le temps laissait filer le bonheur, qu’il fallait tout saisir, tout de suite. Devenir ce que l’on doit être à tout prix. J’avais cette revanche à prendre sur les années d’ennui, sur les moments où mon corps ne voulait plus faire ce que ma tête lui dictait. J’ai eu cette effervescence en moi jusqu’au moment où j’ai su pourquoi j’étais fait, où j’ai compris ce pourquoi j’étais venu au monde : peindre et révéler le monde. Ce jour-là, l’impatience s’est transformée en ferveur et en force créatrice. Mais j’ai appris aussi à attendre, à me nourrir pour ensuite créer, à observer, à ressentir. Tout n’est pas en toi, il faut t’accrocher aux choses, aux gens ; leur laisser de la place pour qu’ils approchent, pour qu’ils laissent leurs traces.  »

Avec sa barbe blanche et sa longue tunique, il avait l’air d’un sage. Je le savais fougueux et tempétueux pourtant. C’était un être complexe, c’est sans doute cela qui faisait sa force. Il était d’une exigence sans faille, doublée d’une soif de vérité absolue. Il résumait souvent sa vie à une quête, celle de l’œuvre ultime, celle qui révélerait sa propre beauté au monde.

Au moment où le serveur apporta les plats, je n’avais toujours pas osé parler. La fatigue n’aidait pas mais j’avais surtout l’impression d’être une petite fille idiote face à ce grand homme. Une gêne s’installait alors que je le connaissais depuis toujours. Je me trouvais ridicule car je n’arrêtais pas de trouver absurde les gens qui attachaient de l’importance à ce que faisaient les gens. Il fallait aimer une personne pour ce qu’elle était et non pour ce qu’elle réalisait. Et pourtant, j’étais figée par la peur de mal faire, par la peur surtout de le décevoir.

Il me demanda à nouveau si je me sentais bien. Je lui répondis timidement que j’étais vraiment fatiguée et que j’avais besoin de me reposer. Il me souhaita bonne nuit et je montai m’enfermer dans ma chambre. Je m’endormis sans trop de difficultés après avoir versé quelques larmes.

Voyage avec Matisse #1

17 Déc

Pour fêter ses dix ans, le nouveau musée Matisse du Cateau Cambrésis proposait de partir en compagnie de Matisse le temps d’un voyage. Le but: s’inspirer du tableau « Fenêtre à Tahiti » pour imaginer une rencontre avec le maître. 

J’ai participé et je vous livre le résultat (le texte étant un peu long, ce sera en épisode, un chaque jour jusqu’à jeudi!).

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Suzanne et le maître (épisode 1)

Il en parlait tellement de ces couleurs si particulières, de cette atmosphère propice à la rêverie, de cette force qu’il ressentait une fois là-bas, face à ses toiles  qu’un jour, je lui avais lancé en plaisantant : emmenez-moi alors ! En y repensant, j’avais fait preuve d’un zèle qui ne me caractérisait pas.

Aussitôt la phrase échappée, j’avais éclaté d’un rire sonore pour masquer mon malaise. Il me regarda pendant un temps et de sa voix grave et posée me répondit : très bien, nous partons dans une semaine, va faire tes bagages !

Je sortis de la pièce, pantoise, un peu sonnée. Lui, le grand peintre, l’homme qui n’aimait rien de plus que la solitude et le silence, avait proposé de m’emmener en voyage, moi la fille de la voisine. J’étais celle qui traînait dans ses pattes depuis des années et  qui avait brisé la glace rapidement. Pour moi, il était le voisin, un peu bourru mais si généreux, qui m’offrait des crayons et m’apprenait à faire des pleins et des déliés, qui me conviait à des après-midi coloriages où la seule limite était la page, cet homme qui me disait qu’il fallait voir la beauté des choses et ne faire que cela, laisser les émotions s’exprimer. C’est en grandissant que je découvris qui était ce voisin si particulier, j’avais bêtement pris un peu plus de distance, me disant que je ne pouvais plus accaparer ce temps précieux.

Le soir en m’endormant, je me persuadai que c’était une blague mais quand le lendemain, il me croisa et me dit : j’ai pris les billets, nous partons lundi. Je ne pus que répondre un « d’accord » timide et étonné.

Le lundi suivant, j’étais prête : quelques vêtements légers, un chapeau, un carnet et des crayons. Henri, lui, tirait une grosse malle que je devinais ne contenir que des toiles et des pinceaux. Pour le reste, il avait dû prendre ses grandes tuniques qui le caractérisaient tant.

Le voyage fut long et pénible : le mal de mer ne me laissait que peu de répit.  Nous étions un peu maladroits, un peu gênés de nous retrouver ainsi, simplement tous les deux. Il m’expliqua qu’il fallait que je sois dans une attitude ouverte, toujours en recherche de sensations et de ressentis, qu’il ne fallait pas faire comme ces touristes qui ne profitaient de rien et ne faisaient que paresser dans les grands hôtels. Il voulait que je sois à l’écoute de mes sens, de tous mes sens.

J’écoutais les conseils d’une oreille distraite. J’allais passer une semaine sur une île paradisiaque et là était l’essentiel pour moi. J’aurais dû comprendre qu’il n’en serait rien, qu’avec lui tout devait avoir un but, et que le plaisir n’était pas ce qui guidait sa vie.

(Rendez vous demain pour la suite!)

Quand le corps dit stop.

3 Août

Souvent, le combat est difficile. Parfois, il est vain.

Le corps ne répond plus, ou au contraire il se fait trop présent. Les médicaments n’y changent rien, tout part du haut, de cette tête qui ne veut plus avancer, qui à faire trop l’autruche ne trouve plus le chemin pour sortir du sable.

Cette tête, qui tente de suivre les envies, la soif de se dépasser, est fatiguée. Elle a tout donné, a accepté d’être en permanence connectée, n’a, à son goût, que trop peu était en veille. Jamais complètement éteinte. Sauf qu’à force d’être délaissée, elle n’en peut plus alors c’est le corps qui prend le relais, qui petit à petit lâche et qui vous rappelle que vous être un tout, que vous avez un seuil de tolérance et qu’à force de faire la sourde oreille, les tensions s’installent, jusqu’au jour de la déchirure. La machine déraille.

Ce n’est pas faute d’avoir déjà connu cela, de savoir que le corps n’est pas une ressource inépuisable, qu’il faut savoir le protèger et l’écouter. Il  y a déjà eu des chutes, parfois lourdes, pour lesquelles il a fallu plusieurs semaines pour s’en sortir, et qui toujours laissent des séquelles.

On n’apprend pas de ses erreurs ou trop peu…

Crédit photo: MaxMet

Alors on recommence, la vie reprend, on trouve une nouvelle chose pour assouvir cette soif qui toujours revient, on croit que cette fois, c’est différent, que la passion prime sur le mental et que l’on parvient à tout.

On oublie que la tête accumule, qu’elle subit à chaque fois des tempêtes, qu’elle est soumise aux quatre vents, elle revient toujours en son centre, jusqu’au jour où le chemin est trop compliqué.

Alors il faut s’arrêter, il faut savoir se reposer vraiment et ne pas simplement donner l’illusion d’aller bien. Stopper l’hyperactivité. Les nerfs cèdent, les larmes affleurent trop souvent…

S’arrêter oui, mais parfois ce n’est pas possible, pas totalement, tenue par des échéances incontournables, il faut alors délester la tête de ses embouitellages, toujours retirer le bon pour ne garder que l’obligatoire. Là encore la lutte est compliquée, pourquoi devoir mettre de côté ce qui donne l’impression de faire du bien mais qui pourtant participe à cet état d’épuisement? Parce qu’il y a des promesses à tenir, des objectifs à atteindre et que la vie n’est pas faite que de choix.

Alors, il faut serrer les dents et tenir encore un peu. Se reposer des bonnes choses et ne garder que les difficiles, le constat est terrible, mais c’est cela ou sinon c’est risquer l’échec et la rupture.

Vous l’aurez compris, le blog va être un peu en vacances, mais attention pas de fermeture totale pour congés annuels. Il y aura toujours l’interview du mardi et pour le reste, des petits textes si l’inspiration vient, des articles déjà publiés que j’ai envie de vous faire partager à nouveau, des textes publiés ailleurs et qui viendront se poser sur le blog. Je n’arrive pas à me défaire complètement de ce blog, il est mon espace de liberté, il est ce qui m’ a permis de réaliser certaines choses auxquelles je n’osais même pas rêver, celui qui m’aide à être la vraie Charlotte, alors je m’en éloigne un peu mais pas trop quand même!

Le questionnaire de Proust, suite

1 Juil

Revoilà la question de Proust du dimanche (désolée pour le we dernier, un oubli… Merci Petite Fleur pour ton assiduité!)

La réforme que j’estime le plus?

J’ai choisi de prendre réforme au sens de loi (c’est mon côté juriste qui ressort!) et sans conteste, ce sont les deux grandes lois qui pour moi montrent à quoi doit servir le droit et qui prouvent que parfois les politiques servent de nobles causes:

– L’abolition de la peine de mort par Badinter. Il en fallait du courage pour tenir debout contre l’opinion publique et contre des députés farouchement opposés.

– La loi pour la légalisation de l’avortement défendue par Simone Veil. Une femme, seule contre tous, qui a subi des pressions, des attaques d’un machisme rare. Une grande dame.

 

J’ai perdu beaucoup d’illusions sur le droit et ce qu’il peut apporter. Ces deux figures me permettent d’y croire encore… Un peu…

Si cela n’est pas déjà fait, je vous invite à lire leurs discours, vous les découvrirez aux éditions Points.

 

Le jour où je me suis aimé pour de vrai : une merveille!

23 Juin

Je connaissais la dernière phrase de ce texte, je n’en connaissais pas le reste et pourtant cela mérite le détour, vraiment.

Touchée en plein coeur par ce texte…

« Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris qu’en toutes circonstances, j’étais à la bonne place, au bon moment. Et alors, j’ai pu me relaxer. Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions. Aujourd’hui je sais que cela s’appelle… l’Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment… Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… le Respect.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie. Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… l’Amour propre.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire de grands plans, j’ai abandonné les méga-projets du futur. Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime quand cela me plait et à mon rythme. Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle… la Simplicité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison, et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé. Aujourd’hui, j’ai découvert … l’Humilité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir. Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe. Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois. Et cela s’appelle… la Plénitude.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir. Mais si je la mets au service de mon coeur, elle devient une alliée très précieuse ! Tout ceci, c’est… le Savoir vivre.

Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter.

Du chaos naissent les étoiles.  »

Ken Mc Millen (texte faussement attribué à Charlie Chaplin … Oups! Je laisse cependant la photo de Chaplin, tellement belle et quelqu’un de si talentueux… Merci Lucie d’avoir rétabli la vérité)

ps: plus que trois jours pour jouer au petit jeu anniversaire du blog… ici!