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Si on parlait écriture avec Caroline Laurent ?

19 Jan

Ce roman, Et soudain la liberté, est plus qu’un livre pour moi. C’est une rencontre, un hymne, une naissance. Une autorisation aussi à devenir. Il est lumineux, porteur avec la liberté en étendard. Une émotion vive encore plusieurs mois après la lecture, et les relectures, un frisson dès que la couverture glisse sous mes yeux. Il aurait du rejoindre l’étagère des fondamentaux, il n’a pas quitté ma table de nuit, en lisant des passages parfois, comme un doudou dont on a besoin pour s’endormir.

Merci, Madame Pisier, d’avoir été le souffle de Caroline Laurent et de l’avoir guidée vers nous, à travers une écriture troublante et une sensibilité magnifique. Merci pour votre vie, nous tâcherons d’en être à la hauteur, Caroline Laurent l’est déjà.

 

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Ecrire, à quoi ça sert ?

J’imagine que l’on pourrait répondre « à rien, donc à tout »… Pour moi, écrire c’est fixer la vie dans son mouvement. La chose pourrait sembler contradictoire (comment fixer un mouvement ?) mais c’est la magie même de l’écriture. Ceux que nous aimons et qui sont morts, ceux qui ne sont pas encore nés et que nous aimerons, ceux qui seront pour toujours des êtres de fiction, des chimères, des inventions, mais qui existent en nous, tous ceux-là, grâce à l’écriture, vivront d’une vie inattaquable et libre. Ecrire, c’est toujours un peu défier le Temps…

Le meilleur compagnon de l’auteur ?

La nuit. La nuit qui nous offre le silence, mais un silence habité, plein comme un œuf, vivant. J’ai besoin de solitude pour écrire – « solitude », le terme n’est pas très juste, il faudrait un mot pour dire ce moment choisi où on se retire du quotidien sans se retirer du monde pour autant. « Retraite » est connoté religieusement… « Solitude » comporte une forme de tristesse, de mélancolie. Au beau milieu de la nuit, on peut être à la fois exactement soi et un autre. Oui, la nuit nous rend à un état étrangement contemplatif et sauvage, qui est l’état même, peut-être, que l’on cherche en écrivant.

Son pire ennemi ?

La complaisance.

Une manie d’écriture ?

Je suis une grande frileuse. Chaque fois que je me trouve devant l’écran ou la page blanche, j’ai besoin de sentir la chaleur, quitte à m’enrouler dans des plaids et des pulls informes !

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De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. » )

Du gouffre de l’absence de sens. Une vie, c’est toujours le même petit tas de questions : pourquoi suis-je sur terre ? à quoi bon exister ? qu’ai-je fait de mon temps ? ai-je réussi, aimé, construit quelque chose ? le monde aurait-il été le même sans moi ?

Ecrire permet de faire du vide une matière inépuisable.

Comment construit-on un roman ? Son point de départ : Un plan, un message à faire passer, une obsession ?

« Et soudain, la liberté » est un livre si atypique… Dans mon cas, il est né d’un coup de foudre amical et d’une promesse, lancée comme un défi à la mort.

Combien de textes proposés avant ce premier roman publié ?

L’éditrice ne peut répondre à cette question !

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Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

J’ai eu le sentiment d’une brûlure. Lorsque l’on m’a apporté le livre « physique » pour la première fois, je ne voulais ni le toucher ni l’ouvrir. J’ai d’ailleurs mis plusieurs semaines avant de pouvoir le manipuler. C’est très étrange, un peu caricatural, j’en ai bien conscience. Mais c’était plus fort que moi. J’avais peur. Je craignais les sortilèges que le livre renfermait.

Définissez-vous par :

  • une œuvre d’art : « La petite danseuse » de Degas.
  • un mot : élan.
  • une première fois : Un déjeuner d’adultes chez des amis de la famille, alors que je devais avoir 6 ou 7 ans. Je savais déjà lire, mais je n’avais jamais rien lu de « sérieux ». Pendant que mes parents bavardaient au salon avec leurs hôtes, j’avais obtenu l’autorisation de jouer dans le bureau-bibliothèque. Sur les rayons du bas s’alignaient des livres à la tranche rose… J’ai sorti un livre (en cachette) : Les Malheurs de Sophie, de la Comtesse de Ségur… Quand mes parents sont venus me récupérer, j’avais terminé le livre. Je me souviens encore de l’état dans lequel j’étais : excitation, joie, sentiment de transgression… J’ai lu ensuite tous les romans de la fameuse Sophie Rostopchine avec délices – quand j’y repense aujourd’hui, je me « gourmande » moi-même (comme diraient les héros de la Comtesse), tant la vision du monde présentée y est « réactionnaire » !

Citez trois ouvrages fondateurs

Difficile… Il y en a plus de trois, mais enfin, je tente.

  • Madame Bovary, Flaubert
  • Voyage au bout de la nuit, Céline
  • Une saison en enfer, Rimbaud

Le dernier roman qui vous a étonné

Souvenirs de la marée basse, Chantal Thomas.

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Lettre à Adèle sur Une longue impatience de Gaëlle Josse

16 Jan

Mon Adèle,

Un jour, si tu en as envie, tu liras ces lettres, que d’autres yeux auront vu avant toi, tu t’étonneras, t’agaceras ou rougiras. Je ne sais pas bien pourquoi certaines émotions ne peuvent que passer par toi, pour les tenir à distance en leur donnant ta douceur et ton innocence. Habituellement, je balance les mots sur une page sous une forme de chroniques pour ce roman-là, je n’ai pas réussi, il te fallait.

Comme tous les soirs, tu redoutais ce moment de bascule, devoir cesser tes histoires inventées, coucher sur son lit en plastique ton dernier playmobil, poser tes précieux près de ton lit, et ton lapin au creux de ton oreiller. Vient alors le temps des histoires partagées, du moment où l’on doit choisir ce que l’on sera quand on sera grand : bullier, colorieur de zèbres, chatouilleur de gens tristes ou bouillote vivante, avec l’éternel « et toi Maman tu veux être quoi quand tu seras grande ?  » , du partage de cet instant où blottit dans mes bras nous suivons les aventures de Jacko Mollo, de Zohra ou de la gardienne de nuit , avec tes incursions pour reconnaître une lettre, un mot. Ils sont précieux ces instants, toujours trop courts au moment de choisir notre étoile pour la nuit, rituel de fin de lecture. Tu tentes, je reste ferme, après trois, quatre, cinq ou six histoires, c’est plus facile.

Inexorablement, tu t’allonges, serres fort ton doudou, te glisses sous ta couette et me murmures : « tu me veilles hein Maman ». Je résiste parfois, tu finis par un « je ne peux pas sans toi, ce n’est pas possible » alors je cède. Je t’embrasse, tu crois que je pars, je te chuchote les mots magiques qui aident à grandir, éteins la lampe. Ton corps ne se détend qu’au moment où le mien rejoint le canapé juste à côté de toi, à l’extrémité du canapé près de la veilleuse qui illumine la nuit. Je replie mes jambes sous moi, pose une couverture dessus et attrape le livre en cours de lecture.

Ce soir-là, j’avais cessé toute lecture en cours pour me saisir du nouveau roman de Gaëlle Josse, un rendez-vous incontournable.

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Dès la deuxième page, l’émotion était palpable, l’as-tu senti, ce frisson qui me parcourait au moment de lire ces mots :

« C’est le temps des mots secrets, ceux qui permettent de dénouer la journée, de la reposer dans ses plis avant de la laisser s’enfuir, se dissoudre, c’est le temps d’apprivoiser la nuit, c’est le temps des mots sans lesquels le sommeil ne viendrait pas. Je plonge le visage dans la tiédeur des cous, des oreilles, des bras qui veulent me retenir, des doigts légers, un peu collants, qui caressent mes joues, je sombre dans la douceur des cheveux lavés, du linge frais. Chut maintenant ; il faut dormir. Une fois franchie leur porte, j’entre dans ma nuit, à la rencontre de le part de ma vie qui vient de brûler. »

Il est difficile de poser des mots après ceux-là, tant tout est dit avec une délicatesse rare. Au-delà de la beauté absolue de cette musique, le parallèle était troublant ; ainsi quelque part, quelqu’un a compris et a réussi à le mettre en couleur. Quelqu’un de magique, je crois. Pour moi, comme une évidence, comme une part de celle que je deviens. Elle fût la première à qui j’osais aller parler de son roman, les mains tremblantes, la gorge sèche et les larmes aux yeux. A chaque relecture de Nos vies désaccordées, l’effet est identique, d’une émotion tellement vive qu’elle doit s’exprimer dans des larmes, pas celles qui s’accompagnent d’une douleur mais celles qui libèrent et apaisent, que l’on ne prend pas nécessairement le temps de sécher.

Avec Cette longue impatience, la magie à nouveau, de mots choisis comme un miracle, comme un orfèvre choisit le meilleur et le révèle par son talent. A plusieurs reprises, il a fallu que je cesse ma lecture m’extasiant de cette perfection dans le ressenti et la manière de le figurer. Lire l’universel est une chose, le lire si bien, si beau avec autant de grâce est chose rare. Tu verras, Adèle, tu les rencontreras sur le chemin, tu te constitueras ta bibliothèque d’essentiels, alors à ce moment-là je te glisserai ce roman entre les mains, pour que tu comprennes l’attachement et les tripes d’une mère, c’est de cela qu’il s’agit, tu sentiras le cœur d’une mère battre au sein de ta main à sa lecture, tu saisiras comment le beau peut adoucir les êtres et les maintenir éveillé.

Tu sauras que lire permet de se comprendre et d’être consolée toujours de ne pas être seule, se savoir comprise est une chance folle. Cette Longue impatience est une œuvre d’art bouleversante et magnifique. Je ne vais pas ajouter de superlatifs, user de ce que l’auteur exècre et traque pour tenter d’expliquer l’incontournable.

Je ne peux te dire qu’une chose, c’est que ce roman, tu le trouveras en haut, sur l’étagère des livres qui font vivre, tu as déjà caressé la couverture la trouvant douce, tu as ouvert au hasard et tu as senti les pages. Tu m’as demandée de lire les lettres de la couverture et tu as souri. Tu as compris, je crois, le pouvoir magique et la force du sublime.

Je vais terminer cette lettre, et je vais en commencer une pour ton frère, mais celle-là restera entre lui et moi, certaines sont trop intimes pour d’autre yeux, parce qu’Anne et Louis poussent nécessairement toute mère vers son fils, parce que certaines émotions doivent prendre forme pour ne pas oublier et pour qu’il sache, quand il sera grand. Continuer à vivre avec un personnage et agir dans sa propre vie, c’est sans doute la définition d’un grand roman.

N’oublie pas mon Adèle que les livres sauvent et qu’ils font grandir. En fermant ce roman, j’ai compris et j’ai appris. J’ai vécu et j’ai pleuré. Et rappelle-toi que certaines rencontres sont des cadeaux précieux qu’il faut chérir et garder là, au creux de ton oreiller pour que la nuit soit moins noire.

 « Car toujours les mères courent, courent et s’inquiètent, de tout, d’un front chaud, d’un toussotement, d’une pâleur, d’une chute, d’un sommeil agité, d’une fatigue, d’un pleur, d’une plainte, d’un chagrin. Elle s’inquiètent dans leur cœur pendant qu’elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient, présentes à tout, à tous, tandis qu’une voix intérieure qu’elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l’enfant un jour sorti de leur flanc. »

Lettre à la petite fille que j’étais sur les 68 premières fois.

22 Déc

J’aurais pu faire un résumé factuel, un billet rempli de merci sans saveur, comme ces merci que l’on répète à longueur de journées en oubliant le vrai sens. J’aurais pu faire une nouvelle lettre à Adèle. Depuis vendredi, je cherche comment vous raconter la soirée de clôture des 68 premières fois, je n’ai trouvé qu’une lettre à la petite fille que j’étais, vénérant les auteurs, n’imaginant pas les approcher un jour. Je n’ai vu qu’elle parce que ce 15 décembre, c’était elle qui était là, les yeux émerveillés de ce qui lui arrivait. Je ne me souviens pas de mes rêves d’enfants, de ce que je voulais faire et devenir ; une chose est sûre c’est que jamais la petite fille n’a rêvé à cela, et que finalement, les rêves d’adultes, c’est beau aussi.

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 Ma petite Charlotte,

Je ne trouve plus les surnoms dont on t’affublait, peut-être n’y en avait-il pas.

Il est étrange d’écrire à l’enfant que l’on a été, une supercherie pour ne pas avoir à dire les choses de manière frontale ou un détournement pour atteindre son but.

Je n’ai trouvé que cette forme là pour parler de cette année des 68 premières fois. Je ne parlerai pas du reste de ma vie, ce serait trop long et tellement fou, avec l’arrivée de ce petit garçon. Tu n’imagines pas, enfant, ce que c’est de devenir mère, tu le dessines, l’imagines, te prends à rêver à la vie des grands sans en comprendre le sens et le goût. Tu joues parfois à la poupée, au papa et à la maman, te contentant des choses du quotidien, délaissant aussi rapidement ce poupon que tu chérissais la minute précédente, sans imaginer une seconde la féérie de ces instants et l’abysse des doutes. Tu apprendras chaque jour, te demandant quasi quotidiennement comment tu as fait pour en arriver là, pour pouvoir dire : mes enfants, les regarder vivre en dehors de toi avec toujours cet étonnement.

On en parlera plus tard si tu veux. Je voulais te raconter autre chose, cette aventure qui a pris naissance spontanément, sans que je ne le décide ni ne l’imagine. J’aimerais avoir une belle légende à raconter quand on me demande : mais pourquoi et comment ? Je ne peux que répondre : c’est grâce aux autres.

Tu vas grandir, ma petite Charlotte, te prendre des murs, croire que tu peux changer le monde à 18 ans ou au moins le gouverner, tu découvriras un monde des affaires qui t’effraiera. Il faudra que tu en passes par-là, il est trop tard pour faire demi-tour. Essaie de ne pas trop t’abimer, oublie ce ventre qui te torture, il y a du merveilleux juste derrière.

Un jour, tu découvriras le regard que certains peuvent poser sur toi, et crois-moi, il n’y a que cela qui fait grandir, le regard de l’autre quand il est empli de bienveillance et de respect. Les regards de ceux que tu admires et qui se pose sur toi, pas sur ton voisin ou celui juste derrière, sur toi sont une force, essaie de ne pas douter même d’eux, ne cherche pas à comprendre, à t’en défaire; cesse de dire qu’ils ne peuvent pas t’être destinés. Reçois les comme un cadeau et savoure.

Je me souviens de toi, regardant les livres comme des reliques, les piles dans la maison, les histoires avant de s’endormir. Ils sont là en permanence. Tu les vois en haut de ces étagères, inaccessible. Tu n’oses pas prendre de chaises, fais attention tu risques de tomber, alors tu les regardes, et tu commences à leur vouer un culte, pas celui du dimanche matin avec bougies et paroles trop fortes, un culte discret et intime. Tu te dis que les gens qui écrivent sont des êtres magiques et inatteignables. Tu les chéris. Tu n’oses pas, même toi, petite, les approcher dans les salons, déjà une pudeur et une réserve .

Tu n’imagines pas encore qu’un soir de décembre tu te retrouveras avec une trentaine d’entre eux, juste à côté de toi, qu’il te faudra leur poser des questions, toi qui n’oses toujours pas aller les voir en salon, le face à face impossible. Tu n’imagines pas mais tu le feras sans flancher, en y pensant jour et nuit pendant plusieurs semaines, mais sans flancher. Tu seras incapable de te juger mais les retours des gens autour te diront que tu as eu raison d’y croire et que tu as réussi.

Pour la première fois peut être, tu oseras te dire que tu es fière de toi, non pas pour ce que tu as accompli mais fière de mériter ce regard qu’il pose sur toi ; Ne t’abuse pas, tu n’es pas la seule destinataire, peu importe, prends les, nourris en toi, garde les et tu te rendras compte qu’ils te feront grandir.

Je ne devrais pas t’en parler, ma toute petite à préserver, pourtant cette aventure t’emmènera aussi derrière des murs très hauts, éloigne des oreilles d’enfants, tu découvriras bien assez tôt le sombre ou les mauvais choix. Tu auras la chance d’accompagner ces êtres d’exception (cette année, ils étaient 4, Maelle, Gilles, Marie et Anaïs) derrière les murs d’une prison, et ces instants-là, je ne peux pas te les raconter. Même en essayant, je ne tomberais pas juste, les mots ont une autre résonnance là-bas. Tu sais simplement que ces instants marqueront ta vie dans leur intensité, l’émotion sans filtre et dans ta capacité à croire que la littérature sauve le monde.

Et si elle n’a pas cette capacité, alors au moins, elle te sauvera toi, de l’ignorance et du sombre, de l’inutile et de l’ennui. Elle te fera croire aux licornes et aux fées, au beau et à la magie des histoires.

Si la quête d’une vie est de trouver sa place, je peux t’assurer, ma toute petite, que ce soir-là et dans ces instants uniques, tu ne voudras être nulle part ailleurs. Tu laisseras de côté tes doutes et ton perfectionnisme, tu oublieras les questions qui tordent les tripes en pleine nuit, qui font arrimer des larmes à tes yeux verts, tu oublieras et tu vivras.

Conserve toujours cette magie et cette fébrilité, cette fragilité face aux autres, c’est un atout, sers toi en. Tous les sacrifices ou les doutes valent la peine quand tu vis cela.

Au final, tu chercheras autre chose, mais il n’y a que Merci qui illustrera ton propos. Tu voudras le prononcer à chacun d’entre eux, parce que ce soir là et durant toute cette année, ils ont fait vivre la petite fille aux yeux émerveillés et qui continuera à rêver plus fort.

Je t’embrasse ma toute petite, et n’oublie pas de mettre ton soulier au pied du sapin, je t’assure que le Père Noel existe!

Merci Jean-Baptiste, Catherine, Cécile, Vanessa, Sébastien, Marie, Timothée, Jacky, Emmanuelle, Thomas, Claire, Clarisse, Emmanuelle, Stéphanie, Caroline, Pascale, Emmanuelle, Maryam, Marion, Cyril, Sarah, Anne-Sophie, Ludovic, Christiania, Anne-Sophie, Charlotte, Sandra, Virginie, Soluto, Marine, Céline, Maelle, Giles, Anaïs, Pascal, Erwan, Sonia, Sophie, Jennifer, Sophie, Gaëlle, Loulou ; et les autres.

Et merci à ceux et celles qui font que cette aventure existe, mes comparses-amies des 68 et les lecteurs.

 

 

 

 

 

S’il ne fallait en garder qu’un…

21 Déc

Plusieurs semaines que je cherche la porte d’entrée pour parler de ce roman. Pour une fois, j’ai relu ma chronique, la trouvant fade et sans saveur, je l’ai tournée dans tous les sens. Parfois il faut juste admettre qu’on ne peut pas être à la hauteur. Cependant, il me paraissait indispensable que ce roman figure dans mon petit espace. Loin des classements de fin d’année, des découvertes multiples et merveilleuses que j’ai faites avec notamment des premiers romans qui ont rejoint l’étagère des indispensables, il était évident que la dernière chronique de 2017 devait se faire sur ce roman. Car s’il ne fallait en garder un (mais pourquoi donc?), alors ce serait ce roman au titre magnifique, Et soudain la liberté de Caroline Laurent.

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Les rencontres marquantes sont rares, se comptent sur les fameux doigts d’une main, de deux si l’on est chanceux.

On se souvient du lieu et de l’heure, de l’ambiance et de la lumière.

Pour cette rencontre, on était au milieu d’un après-midi encore chaud, ma fille jouant sur le tapis de sa chambre, levant parfois la tête vers moi, assise sur son canapé, comme pour s’assurer que je n’étais pas trop loin. A la main ma liseuse, sur ma poitrine, endormi mon fils. Sans connaître l’auteur ou le thème, comme pour tous les premiers romans, ouvrir le fichier et lire.

Lire quelques pages et sentir le cœur qui s’emballe, le monde qui s’embrume. La voix d’Adèle s’éloigne, le souffle chaud de Thibault se fait discret, n’être plus là que pour ces mots lus et ressentis. Lever la tête et se rendre compte que le monde continue à tourner, tout de même, qu’il ne s’est pas figé. Et dans le même temps, se dire que l’on vient de rencontrer quelqu’un, un de ces êtres de papier qui rendent la vie plus riche.

Devoir arrêter la lecture, les enfants ont leur propre temps. Envoyer un message aux amies des 68 premières fois, leur disant : un de plus dans la sélection, alors même que cinquante pages, seulement, ont étaient dévorées et qu’elles n’avaient pas encore posé leurs yeux dessus.

Continuer la lecture et leur dire encore, aux amies, que ce livre émeut aux larmes, que la pépite est là.

Le jour de sa sortie, passer en librairie, se le faire offrir par sa maman (qui a lu le roman sait la portée symbolique). En relire de longs extraits.

Parce que le hasard n’existe pas, recevoir un message de sa libraire préférée : je suis en train de lire un roman, une merveille. La même merveille.

Un autre message : Caroline Laurent vient à la librairie. Prévenir l’amoureux qu’il devra gérer les enfants pendant une heure ou deux, il y a des rendez-vous que l’on ne peut manquer.

Se lever, ce 29 septembre en sachant que ce ne sera pas une journée de plus, mais une journée à noter, où le quotidien ralentira pendant une poignée de minutes.

Etre là, voir Caroline Laurent arriver et sentir submerger par une émotion considérable.

L’entendre parler divinement de son roman, avoir aimé le livre, l’auteur et découvrir avec un bonheur considérable la femme derrière.

Regarder tous les lecteurs lui faire dédicacer son roman, tenir le sien contre sa poitrine, fébrilement. Attendre d’être la dernière.

S’approcher, le livre en main et ne pas parvenir à dire pourquoi, ne pas réussir à dire, les larmes prenant place. Murmurer mon prénom, et rien d’autre.

Repartir un peu sonnée, étreinte par une émotion singulière. Embrasser Adèle, la border comme promis, lui raconter des histoires encore et la veiller. A mon tour, aller m’allonger et n’avoir qu’une envie, qu’un instinct : reprendre le livre, et le relire. Une troisième fois.

Trois fois. A chacune, redécouvrir le roman et ne pas sentir l’émotion s’étioler.

En le refermant, j’ai tenté de comprendre pourquoi. C’est sans doute le but de cette chronique, tenter de comprendre l’émotion à son paroxysme.

Est-ce la structure du roman, la vie d’Evelyne Pisier entrelacée des interrogations de Caroline Laurent ? Comme la naissance d’un écrivain à chaque page tournée. C’est cela qui est rare, avoir l’impression de vivre en direct une éclosion, celle de l’écrivain qui sommeillait en Caroline Laurent et n’avait pas encore osé être, et la voir se révéler. Terminer en se disant qu’Evelyne Pisier, en plus de son amitié, lui a fait ce cadeau de l’aider à devenir.

Cette vie magnifique d’Evelyne Pisier, mieux que tous les manifestes féministes ?

L’écriture lumineuse, même dans les instants de doute de Caroline Laurent ?

Tout cela sans doute, et le brin de magie que l’on n’explique pas et que l’on n’a pas envie de saisir, qui rend ces instants uniques. Ce quelque chose qui fait la lectrice boulimique, tenter de trouver des clés et des réponses aux questions profondes que l’on n’ose pas affronter.

Finalement, je ne sais toujours pas, je ne saisis toujours pas la portée du choc de cette lecture, de la fébrilité qui me prend dès que j’aperçois ce livre. Ce n’est pas si grave de ne pas comprendre, pourvu que l’on éprouve. Certains romans marquent des vies de lectrices, d’autres des vies de femmes. Celui-là fait indéniablement parti de la seconde, il sera un phare pour les jours de doute. Il est l’autorisation qu’il me manquait, cette petite voix qu’il ne faut plus taire sous des tonnes de doutes, de jamais et de « pas pour moi ».

Parce qu’en regardant ce livre, en se rappelant de sa lecture et de ses émotions, on sait que tout est possible, il ne reste plus qu’à s’inventer soi-même.

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Si on parlait écriture avec Cécile Balavoine?

27 Nov

Cécile Balavoine a signé en janvier dernier un magnifique premier roman, Maestro, à l’écriture profonde et classieuse, à l’histoire passionnée, l’un de ces romans que l’on n’oublie pas et qui demeure un souvenir délicat et profond dans la vie d’un lecteur.

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Ecrire, à quoi ça sert ?

C’est tenter de vivre un peu plus longtemps, en faisant perdurer le passé, les souvenirs. C’est vivre avec ses fantômes et apprendre à les quitter. Transformer les peines en quelque chose de productif. Une sorte de transmutation bénéfique.

Le meilleur compagnon de l’auteur ?

Le matin très tôt.

Son pire ennemi ?

Tout ce qui parasite le temps de l’écriture : répondre aux mails, au téléphone, écrire un article parce que c’est une commande et que c’est « plus important ». Considérer le temps de l’écriture comme un temps volé.

Une manie d’écriture ?

Si on parle d’une mauvaise habitude, ce serait une tendance à répéter un mot à travers ses synonymes.

Si on parle d’une bonne… se lever aux aurores, se faire un thé, et se lancer.

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De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. » )

De l’angoisse de la perte. Ecrire, c’est une façon de garder, ou de ne pas perdre, de ne pas oublier. A la fin de Confessions d’une radine, Catherine Cusset écrit qu’avec l’écriture « Même la perte n’en est pas une : à cette spéculation on ne peut que gagner. La souffrance est matière première. Tout négatif reconverti par l’écriture devient du positif ».

Comment construit-on un roman ? Son point de départ : Un plan, un message à faire passer, une obsession ?

Une obsession, c’est sûr. J’ai l’impression d’écrire pour en venir à bout. Le point de départ, ce sont des images ou des pensées qui me hantent mais que j’ai quand même peur de voir disparaître. Il me faut un sentiment d’urgence pour écrire.

Combien de textes proposés avant ce premier roman publié ?

Deux ? Trois ? J’ai déjà oublié. C’est plutôt bon signe.

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Quelle sensation éprouve-t-on lorsqu’on a son premier roman publié entre les mains ?

Lorsque j’ai vu les piles de livres, dans la petite pièce du service de presse du Mercure de France, je n’ai pas pu retenir mes larmes. C’était une émotion tellement intense. J’avais attendu ce moment depuis des années mais je ne l’avais jamais vraiment imaginé. Et là, il y avait un objet très beau, avec sa couverture bleue et la reproduction de Klimt sur le bandeau. Je n’en reviens toujours pas.

Définissez-vous par :

  • une œuvre d’art : Les dessins érotiques d’Egon Schiele, par exemple Couple assis ou Les Amants. Mais aussi le portrait de Walburga Neuzil et l’autoportrait de Schiele, un diptyque plein de mélancolie.
  •  un mot: Douceur
  • Une première fois: voir la question précédente

Citez trois ouvrages fondateurs

Les contes et nouvelles de Maupassant

Passion simple d’Annie Ernaux

Le Livre brisé de Serge Doubrovsky

Le dernier roman qui vous a étonnée

Le Mur invisible, de l’Autrichienne Marlen Hausofer

 

 

Ces rêves qu’on piétine, Sébastien Spitzer.

2 Nov

« Reste la nuit. Epaisse. Lourde. Vide à tous ceux qui ont peur, à ceux qui désespèrent, se trompent. Cette nuit est aussi pleine que les autres. Féconde. Mystérieuse. Imprévisible. Elle s’est insinuée de l’autre côté des murs. L’heure des souffles de vie. L’heure des silences. »

Je persistais à dire que tout avait été écrit sur cette période (la seconde guerre mondiale), m’interrogeant depuis trois ans et la lecture de plus de 400 premiers romans sur ce qui pousse un primo romancier à écrire sur cette période. Et dans le même temps, je suis infiniment touchée par les romans de Séverine Werba, Marie Barraud ou Anne Sophie Moszkowicz sans parvenir à saisir ce qu’ils disent de moi, sans doute quelque chose sur le poids que l’on porte et que l’on ignore, sur ce que l’on transmet avec un nom de famille ou une histoire. J’ai longtemps cru ne venir de nulle part et donc de partout, me vantant de ne pas être attachée à une terre, mais sans en comprendre l’étendue ; sans doute parce que jamais, ou sans que je le sache, quelqu’un n’a essayé de me les arracher, ces racines et de me les faire taire.

Je pensais que tout était écrit, ignorant que si tout est dit, une nouvelle langue peut advenir qui fait qu’alors on oublie ce qui a été raconté.

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C’est cela le roman de Sébastien Spitzer, un nouveau ton, et une rythmique, entêtante, qui vous serre à la gorge parfois mais qui par sa densité, raconte et montre. Raconte, montre et surtout fais vivre. Vous plongez et vous êtes bluffée par la forme, par l’écriture saccadée et percutante, par cette marche lente dès les premières pages.

Inévitablement, vous savez que vous tenez un roman qui fera partie des 68 ; parce qu’il pourrait être le dixième roman d’un auteur talentueux, tant rien n’est de trop, comme ça peut être le cas des premiers romans, documenté, extrêmement intelligent sans rien occulter des émotions. Parce que pour moi, une magnifique écriture, des choses apprises, ça ne suffit pas à un grand roman, il faut que l’on vienne chercher l’intime et les tripes, qu’on fasse vivre les mots. C’est exactement ce qu’il se passe ici. Au moment de l’envoi, la (fabuleuse) éditrice de ce roman, Lisa Liautaud, me disait ne pas savoir quel adjectif y apposer. Après sa lecture et des dizaines d’articles de presse, personne n’a encore trouvé l’adjectif à la hauteur.

Magistral est sans doute proche de la vérité.

Une première lecture au cœur de l’été, une relecture après la rencontre avec Sébastien Spitzer qui vit littéralement son roman, en parle avec des yeux brillants et une émotion contagieuse (rencontre magnifiquement relatée par Heliena sur son blog, mes écrits d’un jour). Dans le grand auteur, réside un grand homme. Apporter ce roman en détention tant cette rencontre entre eux et lui semble inévitable.

A la hauteur de Nuit et brouillard de Jean Ferrat (un monument selon moi ), Ces rêves qu’on piétine donne à voir l’horreur mais plus encore donne aux lecteurs le miroir du : et si ? Par ces lettres bouleversantes d’un père à sa fille. Par l’Histoire à hauteur d’hommes. Pas de distance historique, de leçon trop didactique, ce roman fait oublier l’époque et les pages déjà lues, il convoque une actualité troublante, qui fait dire : et si c’étaient nos pas sur ce chemin ? Ce qui nous rappelle violemment que le passé n’est jamais une porte close, qu’un courant d’air peut si facilement ouvrir, emportant tout sur son passage. Mais que l’espoir et l’humanité qui réside en chacun peuvent nous sauver, du sombre et du vide.

«Mais tes fondations sont les heures que nous avons passées ensemble à interroger la vie, à balayer la mystique, à gratter les mots, les idées, les grands auteurs. A marcher sans rien dire pour écouter le silence. Je mérite bien d’être ton père, même à échelle réduite. »

Une fois le livre fermé, on regarde son père, on regarde ses enfants et un peu soi. On regarde ses rêves, et sans oublier ce qui a été, sans nier mais en expliquant le laid, on se dit que transmettre le beau et le doux est sans conteste la plus belle chose à faire, sinon la seule chose à faire.

 

« Si seulement je pouvais prendre les broderies du ciel,

Ciselé de lumière d’or et d’argent,

Les voiles bleus et pâles et sombres

De la nuit et de la lumière et de la pénombre,

Je les étendrais sous tes pas ;

Mais moi, qui suis si pauvre, je ne possède que mes rêves

Je les ai répandus à tes pieds ;

Marche doucement, car tu marches sur mes rêves ».

W.B.Yeats

Les lecteurs des 68 premières fois ne s’y trompent pas, si je n’ai pas réussi à vous convaincre, allez les lire !

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Et si on parlait écriture? Avec Anne Sophie Monglon.

30 Oct

Anne-Sophie Monglon signe dans cette belle rentrée de septembre un premier roman, coup de cœur personnel et évidemment coup de cœur des 68 premières fois. Une fille, au bois dormant est un roman riche et intime qui parvient à éveiller le lecteur à lui même et à interroger son rapport aux autres, un roman compagnon de vie. Anne-Sophie Monglon est venue à la rencontre des lecteurs des 68 premières fois au Mans le 8 octobre dernier, la rencontre fut belle tant la femme qui se cache derrière l’auteur est aussi profonde, attentive et passionnante. C’est donc avec un plaisir intense que je vous livre ses réponses sur l’écriture.

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Ecrire, à quoi ça sert ?

À être un peu plus qui on est, à faire un peu plus l’expérience de ce que sont les autres, à avoir l’impression d’ un peu mieux comprendre le monde

Le meilleur compagnon de l’auteur ?

Sa ténacité

Son pire ennemi ?

La perte de foi dans la littérature

Une manie d’écriture ?

Le matin, avant tout autre chose

De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. » ) 

J’ai le sentiment que l’écriture, peut sauver de beaucoup de choses : de la tentation de juger, de la fermeture, de l’assèchement, du matérialisme

Comment construit-on un roman ? Son point de départ : Un plan, un message à faire passer, une obsession ? 

Dans le cas d’Une fille, au bois dormant, je crois qu’il y a eu d’abord ces deux tenaces interrogations, sur notre propension à nous tenir en retrait de notre propre vie, et sur notre marge de liberté dans notre vie professionnelle. A un moment, ces deux interrogations, anciennes et régulièrement réactivées, se sont incarnées dans un personnage : je prenais depuis des années des notes diverses dans un carnet(portraits, situations etc), et, à un moment, il m’a semblé que c’était un même personnage qui se retrouvait dans plusieurs scènes que j’avais écrites, il m’a semblé que le personnage de Bérénice émergeait.

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Combien de textes proposés avant ce premier roman publié ?

J’ai eu le sentiment que quelque chose commençait.

Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

J’avais fait avant quelques écrits de dégourdissements. Une fille, au bois       dormant est   le premier texte que j’ai senti abouti et que j’ai proposé.

Définissez-vous par 

Une œuvre d’art : un arbre sculpté de Giuseppe Penone (c’est un cèdre que Penone a creusé pour laisser apparaître le tout premier arbre que contient toujours le vieux – il a fait ça avec des arbres tombés pendant une tempête qu’il a achetés.)

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Un mot : Encore

Une première fois : celle où je suis entrée à l’école – je ne suis pas allée à l’école maternelle et, quand je suis arrivée en primaire, j’ai éprouvé une joie intense.

Citez trois ouvrages fondateurs

Boris Vian. L’arrache-cœur

Milan Kundera. L’insoutenable légèreté de l’être.

Marguerite Duras. Un barrage contre le pacifique

Le dernier roman qui vous a étonné

Eric Vuillard. Tristesse de la terre -La Véritable histoire de Buffalo Bill Cody