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Pourquoi les hommes fuient, Erwan Larher.

5 Fév

Un nouveau rendez-vous avec Erwan Larher ne se refuse pas. Quand j’ai reçu ce roman, il y a quelques mois, aussitôt, je l’ai ouvert à sa première page, j’ai lu les huit lignes qui la composent, et je l’ai refermé comme on enlève sa main du feu. J’ai enfilé mes baskets et je suis partie courir. Loin. Vite.

C’était ça ma première fois avec ce roman. Cette tentation de disparaître en pleine tête. Il a fallu du temps pour que je m’en approche à nouveau. Parce que définitivement un rendez-vous avec Erwan Larher ne se manque pas. Surtout lorsqu’il offre un roman comme un très bon morceau de rock, oscillant entre le blues sombre et la lumière d’une colère, entre la cadence électrique et les notes plus basses et sourdes.

« Fuir.

La justice ?

Et la mélancolie de l’autre, ses chagrins, ses peurs. Ses attentes. La routine qui empoisse, aveulit, fait ressortir sur fond gris les caractères faibles. L’angoisse de ne pas être à la hauteur…

…donc… Fuir »

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On retrouve dans ce septième roman les questions habitant l’œuvre d’Erwan Larher, la colère toujours forte contre cette société et ses affres, le nécessaire questionnement d’un monde en mouvement et son envie d’en balancer plein la figure au lecteur, ne pas le laisser se reposer un temps, de l’obliger à se confronter à l’image dans le miroir. C’est avec Jane qu’on chemine cette fois, Jane et sa jeunesse, Jane et son jour le jour, Jane et son lien au monde dicté par les réseaux. Jane et sa quête d’un père. Jane et l’Ecrivain. Jane et ses points de suspension.

Parce que dans ce roman, il y a la vie de Jane et il y a celles de ceux qui fuient.

Ces chapitres en point de suspension, qui sortent le lecteur de la langue et de la vie de Jane, qui l’extirpent  à coup de violence poétique et de phrases que l’on pourrait scander.

« Qui s’arrête pour faire le point ? Un vrai point, vu du dessus, un panoramique sur sa vie étriquée, sa vie de merde, sa vie sans intérêt.

Le faire, un jour.

Le faire et prendre peur.

Un jour le faire, puis tout quitter.

Et découvrir que de pourpres profonds peut s’érafler la nuit. »

Alors, on se prend à attendre ces points de suspension comme un temps de respiration dans la folle cadence de Jane. A les redouter aussi comme une introspection en mode accéléré. Comme le rappel aux mondes intérieurs que l’on enfouit sous l’urgence, le quotidien. Sous la vie qui passe sans nous. Comme le temps long nécessaire à la remise en question, des phrases percutantes terriblement chargées de sens, qui insufflent le rythme de la danse. Le temps calme nécessaire pour entendre ensuite l’explosion.

Erwan Larher sait mieux que quiconque que c’est par la langue et sa musique que l’on définit un monde et ses habitants. C’est par les mots avec lesquels on joue, on vit, qu’on malmène que l’on dit qui l’on est. Habilement, il convoque la poésie sombre et les mots qui claquent dans la bouche avide de vérité de Jane. Il joue des codes, de l’humour et de Marguerite. Comme un reflet de la société du consommable, rapide, de l’éphémère, du toujours plus, toujours plus violent, sans prise sur le temps, du plus de like et de l’apparence que l’on se donne. Il joue avec le souffle et la musicalité, il donne à voir l’agitation du monde et la nécessité toujours plus grande de revenir à la source.

En refermant le livre, on ne sait plus qui fuit l’autre. On commence à comprendre que c’est soi-même que l’on oublie à trop courir. Ou à fuir.

 

(Rendez vous vendredi pour parler écriture avec Erwan Larher)

Le livre que je ne voulais pas écrire, Erwan Larher.

25 Août

« A partir de là, un avant et un après.

A partir de là, j’omets, je falsifie, je mens peut-être, les pronoms n’ont plus rien de personnel. Il faudra vous y faire.

A partir de là, commence une histoire que je ne voulais pas raconter. »

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A partir de là, débute pour le lecteur une de ses rares histoires qui font appel aux tripes, au cœur, à la raison, aux larmes et aux sourires, aux envies d’hurler et au final à l’envie intense de serrer fort, les êtres et les chairs, et de tenir ce roman au plus près de soi pour, toujours, revenir à l’essentiel.

A partir de là, débute le roman du 13 novembre, le sien de fan de rock au mauvais endroit au mauvais moment, et le nôtre, le national et l’intime, le personnel et l’irréel.

Voyeurs, aguicheurs, passez votre chemin, la pudeur aura raison de vous, même quand tout est dit, le point de bascule vers ce que l’on ne veut pas voir n’est jamais franchi, tant il y a une distance littéraire, l’écriture n’est pas que le vecteur du récit, elle est ce qui constitue le roman, qui donne force à l’histoire, qui fait que ce livre n’est pas comme les autres, il est littéraire, talentueux, fougueux, drôle parfois même dans le pire.

Ou plutôt venez les voyeurs, vous serez surpris par la plume et vous comprendrez que vous venez de rencontrer un auteur, qui n’a pas profité de ce malheur pour exister, mais qui s’est emparé de ce qu’il fallait faire, parce qu’il était nécessaire d ‘écrire ce livre, pour lui je ne le pense pas mais pour nous, pour qu’il nous autorise à avoir eu peur cette nuit-là, à sentir que le monde est différent, même si nous n’étions que derrière des écrans, assistant à ce que l’on croyait impossible.

L’intelligence de ce roman est de le faire devenir une aventure collective, avec l’apparition de plumes amies (et pas n’importe lesquelles, celle de Sigolène Vinson notamment, une autre de ces plumes essentielles à nos vies, à la mienne tout au moins!) qui donnent au personnel la dimension du nous, qui réconforte le lecteur sur ce qu’il a vécu ce soir-là, pas de graduation, pas de douleurs suprêmes et d’autres secondaires, tous tendus vers un point, un but. Comme si lui seul pouvait nous autoriser, pouvait légitimer les larmes de cette nuit-là et les peurs à tordre les boyaux. Parce qu’on ait eu quelqu’un à l’intérieur ce jour-là ou pas, qu’on ait assisté aux minutes qui s’écoulaient trop longtemps pour entendre la parole qui délivre ou non, il y avait un bout de nous, ce bout d’insouciance qui même si on continue à faire comme si, a changé l’intensité des choses.

Il est magnifique ce roman, porteur d’un souffle parfois coupé mais toujours chaud et magnifique.

Parce que si le monde a définitivement changé pour ce jour-là, ce roman montre haut et fort qu’il peut être le terreau du beau, du grand. Montrer le monde est sans doute un but de la littérature, ce roman va plus loin, il montre le monde et l’humain; il donne à voir et à comprendre ce que l’on ressent.

 « Voilà quelques années que tu as décidé de dire que tu les aimes à ceux que tu aimes, de dire quand c’est bien, quand c’est beau, quand c’est touchant. D’exprimer tes sentiments. D’essayer d’être gentil et bienveillant contre le cynisme ambiant et ton fond fier et égoïste. Ça change tout. L’amour autour, en donner, en recevoir, ça change tout. Tant pis pour les pisse-froid. »

D’Erwan Larher, j’ai aimé chaque roman, par le ton, par l’exigence qu’il fait sienne, par cette facilité dans laquelle il ne tombe jamais, par cette envie qui prend une fois le livre refermé de le changer ce putain de monde. Même là, même quand l’émotion est cœur, le politique n’est jamais loin, le modèle de société que l’on voudrait.

« Sinon, pour les décideurs de chaque camp, ceux qui alimentent dans nos villes la fabrique des montres, tu n’est qu’un risque à prendre, une marge d’erreur, un dommage collatéral. Un pion qui ôte la vie à d’autres pions pendant que rois et reines de chaque côté de l’échiquier dorment en sécurité à l’abri de leurs tours. »

C’est en cela que ce roman est puissant, parce qu’il parle du 13 novembre, mais de tant d’autres choses. Qu’il parle de nous à travers lui et Dieu que c’est bon de se lire dans ses mots, c’est vibrant et vivant.

Ce roman est sans doute possible l’un des plus grands de cette rentrée, de cette année, et des années à venir, parce que ce roman rejoindra mon étagère du plafond (mon panthéon personnel), celle qui contient mon monde, qui à chaque fois que je passe à côté me provoque des frissons, celle qui façonne une vie de lectrice et plus encore une vie tout court, parce que ce roman est grand, parce qu’il est sur le sujet, le plus ambitieux et le plus littéraire. Parce qu’il a saisi les émotions pour les nommer, les porter et trouver les mots les plus justes, au plus près de ce qui est. Parce que s’il donne à entendre le chaos et le murmure du monde, il distille une force folle et une envie d’aimer plus fort, plus vite, … et surtout de continuer à vivre et à lire.

Parce que les livres sauveront le monde. Parce que ce livre aurait pu ne pas exister, et que mon monde aurait été différent.

Je pourrais écrire des pages sur ce roman, vous donner des dizaines d’arguments pour le lire, essayer de formuler le ressenti, aucune recension ne sera à la hauteur de ce que roman contient, alors arrêtez de me lire, filez chez votre libraire, acheter cette paire de santiags, et oublier le reste du monde, tout le reste peut attendre, sauf cette lecture.

« Je ne veux toujours pas, pourtant j’écris…mon amour. »

 

Marguerite n’aime pas ses fesses, Erwan Larher, Quidam éditeur

17 Mai

Erwan Larher a la trempe des grands écrivains, de ceux qui parviennent à interroger le monde contemporain dans sa folie et sa grandeur, à mettre mille choses dans un roman aux apparences caustiques; capable de drainer rage et colère du système à travers une littérature exigeante et ténue. Parce que chaque mot est pesé, rien n’est facile, le vocabulaire est riche, le lecteur pris pour un être doué de raison et d’intelligence.

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Marguerite n’aime pas ses fesses nous plonge dans un mélange, savamment dosé, de politique et de sexe ; comme si les deux (et l’actualité rejoint toujours la fiction,) ne pouvait qu’être lié : comme si les deux révélaient le bestial et le pulsionnel. C’est le miroir de la société et de ses addictions, de ces étranges solitudes derrière un ordinateur, de ce chaos permanent qui menace à tout moment de tout emporter, que nous tend Marguerite.

Marguerite est plutôt candide ou juste une personne sensible, jeune femme en proie au désir de la maternité alors que son compagnon est un obsédé que l’on aurait envie de baffer à chaque page et que sa mère totalement désinhibée n’offre rien du cadre rassurant qu’elle devrait être, qui se retrouve à rédiger les mémoires d’un président de la République, plus vrai que nature(s). Là où d’autres tomberaient dans la caricature, la maitrise des sentiments et la sensibilité de l’auteur donnent du relief et de l’aspérité aux personnages.

C’est sombre et c’est drôle, c’est piquant et jubilatoire. C’est un désordre travaillé,  un peu too much de temps en temps mais c’est viscéral et rageur. Marguerite rafraîchit, fait sauter les conventions et prend les chemins de traverse.

On le referme, en ayant souri beaucoup, en jubilant des bons mots, et en ayant, comme après chaque roman d’Erwan Larher, l’envie d’hurler et de changer le monde. Même avec Marguerite, surtout avec Marguerite !

Délicatement délicieux, même dans le trash, Erwan Larher ne minimise jamais le style, que l’on sent élimé, défait d’artifices. C’est dérangeant, et politiquement incorrect, c’est loin du consensuel, c’est bilieux et fiévreux. C’est un roman politique, à suspens, sexuel plus qu’érotique, c’est un roman sensible et en questionnement ; C’est foisonnant. Mille choses  contenues dans 255 pages, du talent surtout.

Même (ou surtout) quand il est drôle, Erwan Larher ne laisse pas tomber son combat pour la littérature et pour montrer la société contemporaine dans ses affres.

Merci, Monsieur et longue vie à Marguerite!

(chronique radio ici)

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Pour les chanceux qui habitent au Mans (ou pas loin), Erwan Larher sera en rencontre croisée avec Sigolène Vinson (que vous connaissez forcément si vous lisez ce blog), à la librairie Doucet le 18 mai à 18h30. Un moment riche en perspective!

Entre toutes les femmes, Erwan Larher

20 Juil

C’est l’histoire d’un monde inventé qui pourrait être le nôtre si l’on continue à fermer les yeux.

C’est l’histoire d’un personnage féminin charnel et envoutant, intelligent et indépendant, Cybèle ou la Voix qui toutes les semaines captive les foules en leur racontant des histoires.

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C’est l’histoire d’un groupuscule qui tente de prouver qu’un jour un homme politique a eu à cœur le bonheur de ses concitoyens et qu’il a été élu sur des promesses de générosité, d’échanges et d’humanité.

C’est l’histoire d’un univers singulier, foisonnant et multiple dans lequel les hommes se taisent, ne tentent plus de résister, dans lequel à force de silence, les âmes se sont éteintes pour laisser place à la dictature.

C’est l’histoire d’une interrogation autour de ce le Politique doit être, de la quête d’un vivre ensemble qui semble impossible.

C’est l’histoire d’une révolte, de l’idéalisme comme étendard, de la volonté farouche de croire que l’homme n’est pas totalement perdu et qu’il peut même être bon.

C’est une histoire dingue et haletante, ambitieuse surtout, écrite par un des auteurs les plus talentueux de cette génération.

C’est notre histoire.

Notre histoire contée merveilleusement par la langue riche et pointue d’Erwan Larher, qui considère son lecteur, ne le laisse jamais face à la facilité, mais qui veut le faire grandir, le faire se questionner, n’être pas tout à fait le même une fois le roman fermé.

Mission réussie!

Ce roman est la suite d’Autogenèse, un roman époustouflant qu’il vous faut découvrir (aucune obligation cependant de le lire avant Entre toutes les femmes, qui peut se comprendre sans le premier roman, mais lisez Autogenèse, vous ne serez pas déçu! Comme il vous faut lire L’abandon du mâle en milieu hostile! Foncez! Vite!

 

Le nouveau roman d’Erwan Larher: une bombe!

10 Jan

J’ai retourné cette critique dans tous les sens, à la recherche du mot juste, pour trouver le bon ton, celui qui serait à la hauteur des émotions de lecture.

J’aurais du m’arrêter en chemin car tout paraissait fade et insuffisant, je vais utiliser trois cents superlatifs à la ligne et on va croire que j’en fais trop, et pourtant je me devais de vous en parler!

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 J’attendais avec impatience ce nouveau roman et aussi avec fébrilité, après avoir été littéralement emportée par Autogenèse, livre qui me poursuit encore, et qui a décalé un peu ma vision sur le monde et sur moi même, je me demandais si on pouvait revivre cela une deuxième fois.

C’est donc ce mélange d’excitation et de crainte qui m’a accompagnée lors de l’ouverture de ce roman, pendant les vingt premières pages, je me suis dit que ce serait différent, peut être un peu moins fort.

Sans que je m’y attende, sans crier gare (Erwan, la prochaine fois, un « attention Charlotte, à partir de cet instant, tu vas entrer en apnée » pour me prévenir serait de bon augure pour que ma santé n’en pâtisse pas trop) le basculement.

 Tout est revenu : les picotements dans les yeux, les papillons dans le ventre, les frissons et la bulle qui s’est formée autour de moi et de ce livre. A cet instant, je savais que je ne pourrais pas m’arracher de cette lecture, qu’il allait falloir aller au bout pour pouvoir reprendre le train-train de ma vie, légèrement différente.

Encore une fois, c’est au plus profond de moi, de ce que je suis, de ce que j’aspire à être que ce roman est venu puiser. Deux personnages centraux, un homme et une femme et autant de points communs avec les deux, où peut être l’un est-il ce que je suis et l’autre ce que j’aurais aimé être (en version plus soft tout de même) ! Toujours est-il que j’ai sauté à deux pieds dans cette histoire d’amour, de musique, de rêves, de vie, de passions et de tourmentes.

C’est un roman d’aujourd’hui et intemporel, avec ce regard acéré sur les mondes et ses dérives et sur ces êtres  humains qui tentent d’exister et de sortir la tête de l’eau, sans sombrer. Un roman coup de poing pendant la lecture et qui se transforme en gifle une fois fermé, qui laisse de manière indélébile une trace en vous et vient chercher ce désir enfui de vivre pleinement sa vie!

Jamais de facilité, d’évidences acquises dans l’écriture d’Erwan Larher, toujours le mot juste, celui qu’il fallait, jamais un de trop et ce rythme soutenu, haletant qui ne vous lâchera qu’une fois le livre refermé (et encore !). Des personnages chargés de vie et d’émotions, incarnés et inspirants. Une maitrise parfaite du sujet et de l’écriture. Bravo!

Chapeau Monsieur l’artiste ! Ce roman va rejoindre Autogenèse dans ma bibliothèque et je sais déjà qu’à chaque fois que je l’effleurerai, remonteront à la surface toutes les émotions de lecture.

 

 

Mes lectures à New York: Sonia David,Yannick Grannec et Erwan Larher!

7 Nov

Vous parler de New York est dans mon projet, mais je cherche encore comment! New York est indescriptible, les ressentis sont multiples, pas évident de trouver les mots, d’être à la hauteur!

Alors, en attendant, je vais vous parler des livres qui m’ont accompagnée là bas! 4 emportés, 3 lus et que du bon! Quelle chance!

Vive le décalage horaire, sans lui et ma mini lampe, je crois que je n’aurais pas autant savourer ce petit coin de Montmartre offert par Sonia David dans son premier roman Les petits succès sont un désastre. Une petite friandise à savourer!

Quel plaisir de retrouver à chaque fois Rose et sa bande d’amis dans ce café de Montmartre! Une histoire humaine, attachante et tellement vivante! Un rythme enlevé, une construction ambitieuse, un premier roman réussi! Une réflexion construite et intelligente sur l’écriture et son incidence sur les autres. Un roman où enfin l’amitié prend plus de place que l’amour, où ce sentiment est mis à sa juste place! Un moment de lecture délicieux!

Un roman frais et abouti! Vite un autre roman, Sonia!

« En général, un écrivain doit assumer l’histoire qu’il raconte tout autant que l’éventualité quasi certaine que cette histoire puisse déplaire et blesser. « 

« Depuis longtemps déjà, j’étais passée de l’autre côté du miroir, bien plus concentrée sur mes personnages que sur mes amis. »

« Finalement, les petits évènements de la vie font davantage bouger que les grands moments de l’Histoire. »

Le second m’a permis de vivre un peu plus sereinement la tempête et de ne pas avoir le temps de m’ennuyer! Merci donc à la très réussie Déesse des petites victoires de Yannick Grannec!

Je déteste les mathématiques alors lire la vie d’un mathématicien ne semblait pas être pour moi et puis j’ai lu des critiques sur ce livre et surtout Virginie Ollagnier m’a dit: mais si c’est un roman très bon, qui d’ailleurs a reçu le prix du premier roman aux Mots Doubs. Alors, j’ai franchi le pas et quelle lecture. En lieu et place d’une biographie classique d’un scientifique ambitieux et névrosé, l’auteur nous offre deux portraits de femmes saisissants! (après tout, derrière chaque grand homme, il y a une femme!). D’un côté, Adèle, celle qui a aimé Kurt Godel pendant toute sa vie et qui a donné sa vie pour lui et de l’autre, Anna une jeune documentaliste chargée de récupérer les archives du mathématicien. Deux femmes, deux destinées, deux caractères. Un questionnement sur ce que font d’une vie, sur la manière dont le monde modèle votre vie. Un roman riche porté par une écriture d’une rare finesse!

« Aujourd’hui, elle devait admettre qu’elle s’était fourvoyée dans cette rébellion à la petite semaine. Elle n’avait rien accompli, rien résolu. Touriste de sa propre existence. Il lui avait seulement été plus facile de tout brûler derrière elle plutôt que d’avoir à accepter sa médiocrité. Elle provoquerait peut-être impunément le destin à force d’en mendier un. Un jour, un immense malheur lui ferait regretter ce doux ennui gaussien. »

Pour finir, mon roman post Sandy-longue attente à l’aéroport- est le premier roman de Monsieur Erwan Larher! Vous le connaissez, évidemment!

J’avais hâte de retrouver l’écriture d’Erwan! Aucune déception! Toujours ce même rythme, cette nonchalance attachante, ces personnages torturés dans un monde décadent. On sent les prémices de l’excellent roman Autogenèse, cette envie de changer le monde et de bousculer les consciences! Un premier roman comme une mise en bouche savoureuse!

Trois romans, trois univers, trois écrivains!