Search results for 'A défaut d'Amérique'

Pêle mêle!

22 Déc

Quelques petites choses…

– Le concours lancé a pris fin, le tirage au sort a été effectué et c’est..Corinne (Couleur Café) qui va recevoir A défaut d’Amérique chez elle! (Corinne, peux tu m’envoyer ton adresse postale par mail? ). Pour les autres, merci infiniment pour votre participation et surtout, surtout, lisez les livres choisis, les choix étaient très bons et ils méritent d’être lus! Bibliothèque ou librairie, peu importe mais lisez les!

– Si vous avez envie de me lire ailleurs et surtout si vous avez envie de connaître davantage Soutine, allez faire un tour chez Villa Noème (souvenez vous, je vous avais présenté ce webmagazine ici même). J’ai réalisé ma première interview et c’était passionnant… Si mon quotidien pouvait ressembler à cela… (attention, l »insatiable- insatisfaite est de retour!)

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– N’oubliez pas mes appels à témoins pour me parler de votre parcours, de vos rencontres ou de vos jolis projets. Petit rafraichissement de mémoire: ICI!

– Et surtout passez de très bonnes fêtes de Noël! Pour ceux qui ne le fêtent pas, profitez bien de votre jour de congé!!

On se retrouve mercredi pour parler livres évidemment!

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Souvenir d’un premier roman avec Carole Zalberg

11 Juil

De retour avec Carole Zalberg pour évoquer son premier roman…

Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

Il y a le premier roman écrit et le premier publié, qui est rarement celui-là. Mon tout premier roman était plus proche d’une novella. Un texte assez court intitulé « La forteresse » . Une femme y acceptait l’invitation d’un ancien amant destructeur et retrouvait un homme faible, isolé, ayant perdu tout pouvoir de nuire. Une relation se nouait avec son fils adolescent, en une sorte d’inversion ou de réparation tardive.

En devenant initiatrice, la narratrice se débarrassait enfin de ce statut entêtant de victime. J’ai écrit ce texte avant d’entreprendre un long voyage aux Etats-Unis, alors que je ne savais pas du tout ce que j’allais faire de ma vie et sans vraiment songer à devenir écrivain.

Il y a eu ensuite trois autres manuscrits avant « Les Mémoires d’un arbre », mon premier roman publié. Sa publication a d’ailleurs une histoire particulière puisque le Cherche Midi avait à l’époque tenté une aventure avant tout le monde : mettre deux textes en ligne et demander aux internautes de voter pour ou contre la publication, arguments à l’appui. Du coup, j’ai engrangé beaucoup plus de retours que lors d’une publication papier et cela m’a portée.

Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Beaucoup de refus mais peu de lettres types donc c’était d’emblée très encourageant. 

Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ? 

Je ne suis pas la bonne personne pour répondre à cette question car je n’ai jamais eu d’angoisses de ce type. J’ai éprouvé la nécessité d’écrire et je n’ai pas aussitôt pensé à la publication. C’est une fois le texte terminé que ce désir de faire lire et de partager est né.

Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

C’est évidemment très émouvant. On se souvient alors d’en avoir rêvé et voilà, c’est là, ça existe, ça se feuillette. Pour chaque nouvelle parution, en fait, l’émotion est intacte.

Un roman à quatre mains: deux pour les mots et deux pour la peinture. A savourer!

Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Là encore je ferais la distinction entre premier publié et premier écrit. Le premier écrit ne me semble plus digne d’être publié, ou alors comme œuvre de jeunesse dont on accepte la maladresse, et pour y déceler, sans doute, des motifs, des obsessions, l’ébauche d’une musique qui se sont ensuite confirmés.

Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Se préoccuper d’avantage du chemin (d’écriture) que de l’objectif à atteindre. Quand on est sur le bon chemin, c’est déjà une forme d’aboutissement et de plaisir, cela rend patient. Et la patience, dans ce « métier », est indispensable.

 

Merci infiniment Carole! Hâte de voir A défaut d’Amérique au cinéma et de lire votre nouveau roman!

Et si on parlait écriture avec Carole Zalberg?

10 Juil

Je vous avais parlé du touchant et poignant roman A défaut d’Amérique ici même il y a peu de temps. C’est donc avec grand plaisir que vous propose aujourd’hui de connaître un peu plus son auteur: Carole Zalberg.

Merci infiniment Carole pour votre disponibilité et votre gentillesse! On fait durer le plaisir, vous la retrouverez demain pour les souvenirs de son premier roman!

L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

Ce qui est inné, c’est le désir d’écriture, cette pulsion particulière qui est une façon de recevoir et restituer le monde. On a en soi aussi, je crois, l’essentiel de sa musique. Mais c’est le travail, l’exigence qui permettent peu à peu de la révéler entière, de la débarrasser de tout ce qui n’est pas absolument singulier jusqu’à ce qu’on ait trouvé sa véritable voix.

Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

Je suis incapable de répondre à cette question tant cela change d’un jour sur l’autre. Je ne fais pas partie de ces auteurs qui écrivent tous les jours quoi qu’il arrive. Je peux écrire une journée entière puis rester des semaines sans rien écrire ou presque. Ce qui ne signifie pas qu’au fond ça ne travaille pas. Cette « montée », cette part profonde et invisible du processus sont essentielles.

Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

C’est très difficile à expliquer et très différent d’un auteur à l’autre. Je sens en général quand je suis arrivée au bout d’un texte. Cela s’impose. C’est à la fois une question de tempo, de tension qui monte puis retombe, d’évidence. Et il faut absolument être satisfait avant de publier sinon, on sera incapable d’affronter les critiques et l’exposition. Un bon éditeur doit s’assurer que l’auteur assume son texte à la virgule près.

Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

J’ai, oui, des périodes de gestation très longues. Ça travail au fond, dans le silence, et quand je sens que je suis prête – souvent parce qu’une première phrase affleure – je me mets à l’écriture. En général, je « pose » le début, quelques pages. Je sais alors que je tiens mon texte. Puis, dans un deuxième temps, je vais au bout. Cette phase d’écriture pure prend en moyenne quelques mois. Le travail « acharné », comme vous dites, se fait sur la phrase, le mot, la virgule, la musique, au moment même où je les convoque. Je n’arrête pas ma séance d’écriture tant que je ne suis pas totalement satisfaite. Du coup, je relis peu ensuite et ne modifie jamais la structure car celle-ci s’est imposée de façon quasi organique. Plus le temps passe et plus je constate que j’ai une écriture végétale ! ça pousse, ça se ramifie, ça s’entremêle…

J’ai quelques lecteurs de confiance à qui je montre au fur et à mesure, mais c’est surtout pour me sentir accompagnée et par impatience d’être lue.

Crédit photo: Carole Zalberg

Etre écrivain, c’est…

Je ne sais pas. Peut-être la manie d’aller toujours voir au fond, à côté, au loin. Et de cela, ce qu’on a découvert, entendu, perçu, imaginé, bref, recueilli, faire un livre. Ce serait donc une manière et un désir de révéler comme un en-deça du monde.

A demain pour la suite des réponses de cet auteur à découvrir absolument!

A défaut d’Amérique.

6 Juin

Suzan est encore là, juste à côté de moi, je n’ose pas tourner la tête, j’aurai trop peur qu’elle me ressemble, peur de voir mon reflet dans la glace.

Suzan ?

C’est l’une des héroines du roman de Carole Zalberg A défaut d’Amérique.

Susan et Adèle : deux destins de femmes que rien n’a épargné : les deuils, les séparations, la quête d’une vie, la relation à l’autre, le rapport parent-enfant.

Carole Zalberg nous fait voyager à travers les époques et les pays pour nous dresser le portrait de ces deux héroines, avec une force d’écriture assez étonnante.

Une écriture poétique, tranchée, qui dit les choses telles qu’elles sont, qui pose un sentiment en trois lignes. Pas besoin d’en faire trop, les mots sont choisis, ils sont juste ce qu’il faut.

Un roman comme j’aime qui vous agrippe avec plus de détours que certains romans qui vous emportent tout de suite pour ne plus vous lâcher, c’est plus doux, plus lent, sans doute plus insidieux.

Roman à plusieurs voix (j’aime particulièrement ce genre de romans !!), j’avais toujours hâte de retrouver Susan, tant elle me parlait, tant j’avais l’impression de me voir, de m’entendre parfois. Sans doute sa vision de sa profession n’est pas étranger à tout cela… mais la force du personnage vous emporte.

Une histoire riche, dictée par une écriture poétique et musicale et servie par des personnages attachants et à multiples facettes.

C’est un livre qui se savoure, prenez le temps de respirer entre les chapitres (courts !) pour ressentir toutes les facettes de ce roman !

Une jolie découverte !

Coïncidence amusante, paraissait dans « mon » journal local une interview de cet auteur et quand on découvre un peu plus la femme derrière l’écrivain, ça donne encore plus envie de se plonger dans ses romans !!

Extrait:

« Elle savait au moins qu’elle ne reprendrait pas le cours de son ancienne vie. C’était tout bonnement impossible.

Elle se faisait l’effet d’une pièce de puzzle modifiée par un quelconque phénomène et qui ne pouvait plus se loger dans son espace d’origine.

Suzan devait trouver à quoi correspondaient ses nouveaux contours, quitte à passer le reste de sa vie à chercher. Peut être que l’espace qui lui était destiné était constitué par la quête d’elle-même. Cela ne l’effrayait pas. Tout au plus éprouvait elle à cette pensée un vertige, la promesse d’une ivresse. Bien sûr la tentation était grande de simplement se fondre: gagner sans bagages ni projets, nue en somme, les confins du monde et au-delà. Courir droit devant soi jusqu’à ce que le mouvement se refuse. »