C’était mieux avant…

25 Juin

C’était mieux avant

Quand timidement nous nous sommes retrouvés, encore bercés par la discussion de samedi et les jolies choses qui en sont ressorties.

Quand, fébrilement, on a tendu nos cartes d’identité au gardien, qui a cherché longuement si quelqu’un derrière ces murs avaient noté nos noms sur le cahier.

Quand, arrivant dans le bâtiment scolaire, sur le mur, s’étalaient toutes les affiches des rencontres passées et celle du jour.

Quand ils sont entrés dans la salle, une main tendue ou un bonjour plus timide et sont partis choisir leurs chaises, devant, au fond ou à côté de.

C’était mieux avant

Quand le dialogue n’a eu de cesse de s’étirer et qu’il a été question du rôle de l’éditeur, de la fabrication d’un livre, du pourquoi on écrit, et aussi d’un sorcier à lunettes.

Quand, après une pause, huit d’entre eux sont revenus, les chaises entourant désormais les tables, une feuille A4 quadrillée, trouée sur son large côté, de celles qui ornent les classeurs d’élèves, un bic jaune au bouchon bleu à mordiller.

Quand il –celui qu’ils n’ont eu de cesse de remercier de perdre son temps avec eux- a énoncé la consigne. « C’était mieux avant ».

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Quand, pendant trente minutes, chacun a écrit, un bout de lui ou du monde, pendant que lui mettait des bafouilles sur ces Boys, ceux qui resteront de l’autre côté du monde.

Quand, après, chacun a attrapé sa feuille en tremblant pour le lire, avec ce trac des mots qui sortent pour ricocher aux oreilles des autres.

Quand la sincérité n’a eu de cesse d’émouvoir et de faire monter les larmes aux yeux.

Quand, même moi la silencieuse s’est pliée, pour la première fois, à l’exercice et qu’il a fallu, dans un silence religieux, leur lire ma version avant de relever la tête et de les regarder.

Avant, c’était hier.

Avant c’était un moment à vivre autour de l’essentiel.

Avant c’est une mélancolie douce et bienveillante.

Avant, c’était avec Lui, Elle et avec Eux.

Et ce qui est bien avec cet Avant, c’est qu’il laissera des traces fortes et inoubliables pour l’après.

 (Ce texte a été rédigé suite à la rencontre organisée par les 68 premières fois à la maison d’arrêt du Mans en présence de Pierre Théobald.)

 

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