Les enfants de ma mère, Jérôme Chantreau.

23 Août

 « Ce qu’elle demandait aux autres, c’était qu’on la tire hors d’elle. »

Le défi du deuxième roman n’est, parait-il pas aisé. Après l’onirique et singulier Avant que naisse la forêt, Jérome Chantreau se réinvente déjà dans Les enfants de sa mère, magnifique roman de cette rentrée.

9782365693134ORI

J’imagine que l’on présentera ce roman comme le portrait d’une époque, de la France de Mitterrand, des premiers divorces assumés. Il est bien plus que cela.

Dire qu’il est le portrait d’une mère est encore trop réducteur.

Il est un portrait de femme, oscillant entre les obligations et la soif de liberté, qui tâtonne comme chacun pour trouver sa place et qui se raccroche aux autres pour trouver un sens.

Il est le portrait de la jeunesse qui doit s’emparer de sa vie là où la société dresse des codes et des interdits.

Il est le roman de l’apprentissage quotidien à devenir acteur de ses choix et à s’inventer sa propre vie.

Jérome Chantreau déploie une écriture vive et classieuse, offrant des fulgurances que l’on note pour garder près de soi, comme un miroir tendu pour mieux se voir et avancer.

« Pourquoi fallait-il toujours que les beaux sentiments s’avilissent au contact de l’existence ? »

Il y a chez Françoise les petites et grandes choses qui font une vie, les émotions débordantes et la nécessité chevillée au cœur d’être, de compter et d’être aimé.

Il y a chez Françoise un bout de nous, et de moi qui fait chavirer.

Il y a chez Laurent la douleur des questionnements, la nécessité de se construire soi-même, de faire fi du monde autour tout en s’y intégrant.

Il y a dans tous ces personnages les facettes multiples d’une vie, avec une tendresse infinie et dans cet appartement, 26 rue de Naples, que l’on habite le temps de la lecture la sensation d’être chez soi. C’est cela qui fait un grand roman, la sensation de rencontrer quelqu’un, de faire entrer dans sa vie des nouveaux personnages et d’être différent en fermant la dernière page.

« Elle ne savait plus quel était son rôle. Elle en voulait un, pour ne plus rester à côté de la vie. Mais lequel ? »

Si tout écrivain cherche à écrire un livre sur la mère, et ce sont ces livres-là qui me passionnent, alors Jérôme Chantreau a réussi deux fois à relever le défi, en dressant un hymne à la mère imparfaite, proue de chacune de nos vies, en livrant un roman tendre et profond, doux et intense, rock et poétique, comme la vie quoi.

(et avec la playlist de l’auteur dans les oreilles, c’est encore plus savoureux! https://www.deezer.com/fr/playlist/4547156424utm_source=deezer&utm_content=playlist-4547156424&utm_term=12085314_1530531302&utm_medium=web)

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Une Réponse to “Les enfants de ma mère, Jérôme Chantreau.”

  1. Tlivres 23 août 2018 à 13:14 #

    Une profonde envie de le découvrir 🤗

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