David Bowie n’est pas mort, Sonia David.

29 Sep

« Maman reconnaît les jolies choses, pas la tendresse. »

Tendresse, l’un des plus beaux mots de la langue française, dans sa prononciation et dans ce qu’il recouvre, dans l’usage que l’on en fait aussi.

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Tendresse. Premier qualificatif que l’on appose à ce roman, dès les dernières lignes lues, dès la dernière phrase savourée tellement forte, de ces phrases que l’on garde en soi et qui résume parfaitement ce roman si touchant, qui dépose aussi un sourire sur les lèvres.

« Il me vient comme une évidence que les enfants uniques sont terriblement à plaindre. »

Sonia David dresse le portrait de trois sœurs face à la mort à un an d’intervalle de la mère puis du père. Il y aussi les valeurs ajoutées, la belle mère et la sœur arrivée plus tardivement, des personnages solaires qui donnent encore plus de couleurs à ce roman, qui n’en manque pas. S’il est question de deuil, il est surtout question de ceux qui restent, de la fratrie (ou plutôt sororie, mot trop bêtement oublié) constituée par Hélène, Emilie, Anne et, plus tardivement Juliette.

Il y a dans le roman de Sonia David l’enfant confronté à la perte et à l’absence, parce que quelque soit l’âge, c’est avec le regard de l’enfant terrorisé au moment d’aller dormir que l’on affronte la perte des deux êtres fondateurs. Cette question que l’on se pose plusieurs fois par vie, pour se faire peur, pour se préparer, tout en sachant que rien ne s’écrit tant que l’on ne le vit pas.

Il n’y a pas de regrets en pagaille, de faux débat philosophiques sur la perte, juste le droit au chagrin et à la vie, avec cette interrogation vertigineuse de la vie qui ne s’arrête pas, qui ne pleure pas, ne se rend pas compte que l’autre meure, du comment et pourquoi on repart. Et surtout du comment et pourquoi on repart avec les autres, les compagnons de route, cette famille imposée que l’on aime coûte que coûte.

Il y a le bordel des familles, les querelles et l’amour « gigantissime » de ces liens du sang que l’on explique pas, de cet amour tenace même quand on croit détester. Il y a les figures qui jalonnent un parcours et que l’on pleure comme un proche, David Bowie ici, révélateur de ce qui a été adolescente et qui n’est plus. Et surtout il y a l’humour qui sauve de soi et de tout.

« On ne s’y attendait pas. C’était un malade immortel. Nous n’avions pas l’habitude qu’il meure, et certainement pas un an à peine après maman. »

Sonia David aime les bandes. Après avoir avec croqué un groupe d’amis dont on rêverait de faire partie dans son premier roman, Les petits succès sont un désastre , elle signe avec talent le portrait de ces sœurs, dont on voudrait partager les diners de famille. C’est l’humain qui guide l’écriture de Sonia David, l’humain mais surtout l’autre, à travers elle. Nous, vous, elle, eux. Et c’est magnifique. C’est drôle, touchant et magnifique.

Il y a du tendre et du doux, du rock et du beau dans ce roman, et toujours cette musique qui tient au cœur, qui secoue les tripes parfois, d’aimer vite et fort, d’aimer toujours.

 

 

 

 

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Une Réponse to “David Bowie n’est pas mort, Sonia David.”

  1. Sido 5 octobre 2017 à 20:32 #

    Avec un titre pareil, je n’aurais même pas regardé la 4ème de couverture mais grâce à toi, je n’ai qu’une envie: le lire !

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