Coeur naufrage, Delphine Bertholon

22 Mar

Les romans de Delphine Bertholon sont comme des regards que l’on croise, intenses et inoubliables ; comme une reconnaissance entre deux êtres, ces regards dans lesquels on plonge car l’on sait que derrière se cachent des tumultes et des gouffres, mais que toujours ils parviennent à conserver une lueur et une étincelle. ; ces regards qui s’immiscent et vous touchent, font appel aux sens, aux vécus et aux émotions.

Après le puissant Les corps inutiles, Delphine Bertholon démontre une nouvelle fois son talent d’écrivain ; son talent de conteuse offrant une histoire tenue, du suspens et un maniement brillant des voix et des époques multiples et surtout le talent à saisir des personnages sans avoir besoin de mille descriptions, à créer des êtres que l’on garde en soi, qui manquent une fois le livre refermé, que l’on voudrait pourvoir recroiser pour les regarder vivre encore un peu, les accompagner, les bercer parfois.

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Il y a chez Joris et Lyla, la force des fragiles,  la difficile construction heureuse quand les bases vacillent et utilisent l’enfance au lieu de la protéger. Il y a les rencontres qui éclairent la route, la rendent plus douce un temps même si la souffrance doit suivre. Il y a les corps exposés, mutilés, serviteurs d’une âme en souffrance, serviteurs et maîtres.

Il y a, chez Joris et Lyla, nos renoncements et nos désillusions ;nos arrangements avec le chemin que l’on doit suivre. Il y a mille choses dans ce roman, sur l’intime et nos choix de vies, sur nos essentiels.

Et puis dans Cœur naufrage, il y a la lumière des autres, de ceux qui partagent un bout de chemin ou font d’une vie ce qu’elle devient ; qui aident à vivre et à devenir.

Peut-être même une lumière qui s’accentue au fil des romans de Delphine Bertholon, comme si la vie avançant les douleurs s’apprivoisaient, comme si l’instinct de vie et de sourire prévalait, encore plus fort.

Un roman dont on se détache difficilement, et qui rend parfois insipides les lectures suivantes tant il est attachant et puissant.

Magnifique lecture, à découvrir sans attendre!

Extraits

« La routine, je m’en rends compte aujourd’hui, est ce qui nous reste lorsqu’on a tout perdu. »

« Réinventer la langue de l’autre, lorsqu’on est soi-même incapable d’écrire, a fortiori de parler, est l’activité idéale. […] Je ne crois en rien, sauf peut-être en cela- l’âme d’un auteur dans les mots qu’il choisit. »

« Ma fille a fait de moi un homme et, aujourd’hui, j’ai peur de la mort. »

« Les mots des autres me secouent, m’obligent, me forcent à réfléchir aux miens. Les livres des autres sont des coups de pied au cul. Sans ces autres-là, je serais triplement morte. Il y a tellement de gens qui meurent de leur vivant.»

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2 Réponses to “Coeur naufrage, Delphine Bertholon”

  1. titoulematou 22 mars 2017 à 19:27 #

    vous me tentez…

  2. lucie38 26 mars 2017 à 20:52 #

    oh là là moi qui ai tant aimé ses précédents. Je dois le lire !!!!Merci pour ton billet alléchant.

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