Le syndrome de la vitre étoilée, Sophie Adriansen

16 Nov

Le choix d’avoir ou non un enfant est l’une des questions les plus intimes, et par un paradoxe fort, la question que tout le monde pose, le jour d’un mariage, lors d’un dîner ; sans précautions, sans se dire que l’on touche au cœur du couple et au cœur de chaque être, dans son rapport à l’autre, à la vie, à l’envie de vie. La question dont la société s’empare aussi, imposant ses règles et ses codes.

C’est avec intelligence et originalité que Sophie Adriansen s’approprie cette question dans son roman, le syndrome de la vitre étoilée.

9782265115682

Le point de départ du roman :  un couple ensemble depuis dix ans doit recourir à la procréation médicalement assistée pour concevoir un enfant. Si le roman s’arrêtait là, on serait dans le témoignage, touchant mais ne posant que la question du tout pour avoir un enfant. En insérant des extraits de chansons, de livres, des news, comme on le ferait dans un carnet que l’on traînerait avec soi pour noter ce qu’on entend ou voit, Sophie Adriansen donne à ce roman une densité inattendue, le pose comme un livre universel, et surtout interroge la femme en premier lieu, mais le couple aussi sur ce à quoi le désir d’enfant renvoie, sur la construction de soi par ce que l’on veut donner comme sens à sa traversée du monde, sur ces cheminements et questionnements qui font de nous des êtres humains, vivants, vibrants et hésitants.

Etre femme, être mère, être libre, tant de combinaisons à faire, tant de personnes à être, sans que l’une ne prenne le pas sur l’autre, sans que l’une dépende de l’autre.

C’est à la naissance d’une femme que l’on assiste dans ce roman, avec des élans fous de liberté, des moments de doute et au final le sourire d’avancer et de grandir. Plus que la question de l’enfant, il pose la question de qui on décide d’être.

Un roman que l’on ouvre avec légèreté et dont on ressort avec des images à garder, l’envie de le chérir et une envie de liberté sans pareil.

«Vous n’êtes pas nombreux. Plus que je vois les gens, plus je les trouve laides, et plus je vous trouve beaux, vous mes précieux. Qui tenez sur les doigts de deux mains. C’est tellement rare, cette beauté-là. »

« Nous allons détricoter ce que nous avons mis une décennie à tricoter mais il en restera toujours quelque chose. Une boule de chaleur dans le cœur. »

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3 Réponses to “Le syndrome de la vitre étoilée, Sophie Adriansen”

  1. saxaoul 16 novembre 2016 à 21:11 #

    Le sujet du roman me fait un peu peur mais je tourne autour depuis un moment et je crois que je vais finir par me lancer quand même,

  2. Caroline Doudet (L'Irrégulière) 17 novembre 2016 à 09:03 #

    un très beau roman !

Trackbacks/Pingbacks

  1. Murmures à Adèle (2016-2017) | L'insatiable - 22 décembre 2016

    […] Marguerite. Et pour t’aider à comprendre, et à te sentir libre, tu pourras découvrir les mots étoilés de Sophie et les sentiments violents tellement bien décrits par Madeline.  Et tant de premières fois […]

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