Majda en août, Samira Sedira

13 Sep

« Il y avait toujours, dans un livre, l’évocation de sa propre histoire, la preuve que l’humanité partage les mêmes maux, la même désolation, la même impuissance à consoler ses peines. Il y avait toujours un livre, un mot, une phrase, quelque chose qui la réconciliait avec cette impuissance. »

9782812610295

 

La poésie du désespoir est sans conteste la plus belle et la plus vibrante.

Majda est en quête perpétuelle et destructrice, celle de retrouver l’amour originel, celui sans lequel on grandit bancal, celui que l’on voudrait toujours démonstratif, même quand on argue le contraire, toujours plein, jamais comme il faut.

Madja a 45 ans quand elle se retrouve ses parents après un de ces moments où la vie se délite. Se retrouver chez ceux par qui tout commence et tout devient, ceux qui aiment mais maladroitement, retourner là aussi où le drame d’une vie s’est nouée.

« Nul ne pouvait se douter qu’une moitié d’elle se serait damnée pour obtenir une caresse, une misère, quand l’autre moitié aurait tué de sang froid, celle qui invariablement la lui refusait. »

C’est un roman sombre mais d’une telle beauté, la langue est magnifique, portée par un souffle singulier, celui de saisir le poids du monde avec une sensibilité exacerbée, de si bien dire les errances des êtres ; La langue si bouleversante qui délivre  des phrases à griffonner dans un carnet tant elles disent tout et semblent formuler nos évidences, ces mots qui font sens et qui comble les doutes, en ayant l’impression de ne plus être seul.

Infiniment, ce roman touche, diffuse dans les veines un sang bouillant, la colère des non dits, la tristesse de ce à côté de quoi on passe faute d’amour, c’est bouleversant et magnifique.

« Les temps changent, les vérités s’écrivent puis s’effacent, mais toujours les hommes s’habituent au nouveau monde. »

Madja en août, c’est comme une musique, celle dont on sait qu’elle va faire couler les larmes mais que l’on ne peut s’empêcher d’écouter, parce qu’elle berce et bouscule, parce que tant de beauté, même au bord du gouffre, est un cadeau.

« Majda a continué de vivre, la vie n’accorde pas de trève. Elle a continué à marcher, et rire.

C’est arrivé, voilà tout.

On peut très bien respirer, et être morte.

Respirer et être morte.

Ce sont, parait-il des choses courantes. »

 

Sublime est un mot puissant, il ne l’est pas trop pour ce roman.

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  1. Majda en août, Samira Sedira — L’insatiable | Le Bien-Etre au bout des Doigts - 13 septembre 2016

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