« Le visage de ma mère s’illumine. Je ne suis pas dans ces souvenirs-là. Et ça n’a aucune importance, je ne suis pas un souvenir. »
Le résumé de ce roman peut faire peur, une fille accompagne sa mère mourante dans la ville qui l’a vu naître, avec à ses côtés sa grand-mère atteinte d’Alzheimer.
Et pourtant, et en seulement 140 pages, Anne Goscinny livre un roman délicat et pudique, puissant et doux, sans jamais tomber dans la facilité ou le pathos.
A l’instar de la superbe lettre, Le bruit des clés, l’auteur parvient à sortir le beau du pire, à faire prendre corps à ces odeurs, ces objets, ces habitudes qui parce qu’elles sont telles deviennent invisibles et qui prennent sens quand l’autre n’est plus.
La construction de ce roman est prodigieuse, notamment avec une double narration, à deux titres : deux narrateurs Jeanne et Gabriel, deux temps, passé et présent, pour ne faire qu’une vie, tout imbriquer. Il est question de famille et d’absence, d’amour et de désamour, de ces émotions essentielles que chacun expérimente avec ses propres bagages. Il est question de nous, de l’autre, de sa construction par l’autre.
C’est d’une délicatesse infinie, d’une écriture tendrement poétique, d’une force et d’une intelligence narrative rare.
Un vrai coup de cœur.
Extraits
« Elle jette un galet qu’elle imagine avoir ramassé sur une marelle qui irait de la naissance au bonheur. Elle oublie, je le vois, l’échéance des trois jours. Elle oublie que le temps est compté, elle oublie l’ombre et son murmure. »
Pour la première fois (et c’était bien!), j’ai fait une lecture en parallèle avec Anne du blog Dans la bibliothèque de Noukette, vous pouvez retrouver son avis sur ce délicieux roman!
Je suis ravie d’avoir pu partager cette belle lecture avec toi, ça me tenait à cœur et ce titre là s’est imposé comme une évidence… Doux, tendre et beau… ❤
Tu me donnes très envie de le lire, Charlotte!
Je le note ! Ton billet me donne très envie. J’ai commencé aussi les lectures communes (avec une autre blogueuse) et j’y ai pris goût !