Ce que j’appelle jaune, Marie Simon

9 Mar

Savoir retranscrire cette ambivalence de la maternité, ce tout et ce rien. Saisir ce bouleversement incroyable qui fait osciller entre une force sublime et une angoisse terrassante, ils sont rares les livres qui y parviennent. Après l’exceptionnel Mon amour, de Julie Bonnie paru l’année dernière et qui auscultait la tempête qu’un enfant provoque tant dans le corps de la femme que dans le couple à son arrivée, Marie Simon  réussit dans, Ce que j’appelle jaune, à faire ressentir la palette de sentiments d’une femme enceinte éprouve quant à l’avenir, sur cette nouvelle route sur laquelle plus jamais elle n’errera seule.

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Sans jamais tomber dans une niaiserie qu’il serait facile de frôler, elle donne voix au bébé à venir, à cet être déjà entier qui n’attend que de paraître au monde, elle donne à voir comment un enfant peut sauver la femme qui le porte, en la faisant devenir mère. Loin de certaines théories sur l’éducation qui voudraient donner des leçons toujours plus culpabilisantes, Marie Simon met à jour, avec force et puissance , la maternité en devenir, la force qu’un si petit être peut donner, le besoin de consolation qu’il assouvit aussi, violemment et frontalement. La nécessaire césure, faire place nette, poser les fardeaux avant de continuer la route ensemble. On est loin de la raison, on est dans le sang et le vibrant, dans les crampes et la sueur, le cœur et ses ramifications, le charnel et le bestial, l’inquiétant et le nécessaire, le soi profond.

Ce roman est bouillonnant, rythmé comme ces mois d’attente, avec de la fièvre et des moments plus calmes et doux. C’est écrit avec des tripes, et du ressenti, de la chair et du vivant. Avec des bouts d’elle, et des bouts de nous, de moi. Avec de l’ amour intense aussi.

De l’amour intense surtout.

Extraits:

« Elle sera ma mère, ma seule maman, mon amour -corps. Je ne l’observe pas, c’est inutile. Je la connais, c’est moi qui l’ai faite. »

Elle m’aimera tellement qu’elle cessera d’avoir peur des autres et de rechercher leur assentiment. Par amour de moi elle les oubliera, comme tout le reste. »

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2 Réponses to “Ce que j’appelle jaune, Marie Simon”

  1. clara 9 mars 2016 à 08:24 #

    Touchée par les deux extraits, il m’intéresse beaucoup vu comment tu en parles.

  2. adèle 9 mars 2016 à 08:37 #

    Les deux phrases sont superbes, j’adore !

    Cela me fait penser à la lettre du père à son enfant dans « La vie réserve des surprises » de Caroline Boudet …

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