Les enfants de chœur de l’Amérique, Héloïse Guay de Bellissen

27 Oct

Se saisir d’un personnage fictif, Holden Caulfielf (héros du mythique Attrape Cœurs de Sallinger), pour le faire vivre à nouveau dans un roman 60 ans après, c’est osé. C’est même génial et quand le défi est relevé haut la main, c’est jouissif.

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Héloise Guay de Bellissen aime flirter avec les enfants pas très sages, après Kurt Cobain dans son premier roman, elle s’attaque à deux garçons paumés, qui ne savent pas comment faire pour se tenir bien droit dans la vie, comment endosser le rôle d’adulte que leur âge exige. Un point commun : une passion pour l’attrape cœur, dans ce qu’il a su -et sait toujours parler à ces ados en mutation, en perdition. Un autre point commun : deux assassins, l’un désormais aussi célèbre que sa victime, Mark Chapman qui a tué John Lennon et John Hinckley qui a tenté un an après de tuer Reagan.

Avec ce voyage au cœur de l’esprit de ces êtres en dérive, Héloise Guay de Bellissen s’intéresse également aux dérives de la société, à cette mère nourricière qui pervertit ses enfants et leur offre sur un plateau les raisons de tuer. Tuer pour faire quelque chose de sa vie, tuer pour qu’on parle enfin de soi. Loin de cautionner de tels actes (j’entends déjà les mauvaises langues), elle interroge, pointe du doigt et questionne la fabrique des fous, la fabrique de ceux à qui rien n’est donné, là où personne ne leur a dit qu’il pouvait être quelqu’un.

Dans ce récit choral, se dressent aussi les voix d’autres enfants singuliers de l’Amérique : Marylin, les Kennedy notamment. Comme des voix qu’il ne faut pas oublier.

C’est totalement fou, parfois même enivrant, totalement décalé et c’est ça qui est bon, pas de facilité, pas de jolies leçons mais du violent, du percutant, du vif, le tout servi avec une écriture sans compromis. Une adéquation parfaite entre le propos et l’écriture. Une construction intelligente et pertinente. Un roman intelligent, puissant, émouvant et totalement déroutant.

Une révélation que je suivrai désormais avec grand intérêt !

 

« Tout le monde a des rêves. Moi, j’ai toujours voulu être une autopsie, aller au fond des choses, aimer et descendre en rappel. Pour voir, jeter un coup d’œil, quoi. Mais plus je grandissais, plus je m’apercevais qu’il y avait beaucoup trop de choses à aimer. Je savais bien que mon cœur n’allait pas pouvoir tout digérer, qu’il faudrait recracher certaines choses pour faire de la place. Irriguer. »

Pour la chronique radio:

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2 Réponses to “Les enfants de chœur de l’Amérique, Héloïse Guay de Bellissen”

  1. lepoussinlitteraire 27 octobre 2015 à 16:08 #

    son livre avait retenu mon attention à un salon du livre , dorénavant il est devenu intrigant grâce à ta chronique

  2. le petit carre jaune 28 octobre 2015 à 17:54 #

    bravo !!!!!! vraiment !! Tu es une dénicheuse de pépites

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