L’illusion délirante d’être aimé, Florence Noiville

19 Oct

A l’heure où le dernier roman de Delphine De Vigan est porté aux nues, il m’apparaît évident qu’il est plus intéressant de se tourner vers le dernier roman de Florence Noiville si l’on veut basculer dans le monde de la folie et de la perversion.

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Pas besoin de délayer pour atteindre son lecteur, dès les premières pages, on vacille, le trouble est physique, avec cette sensation étrange que l’ombre derrière nous n’est pas la nôtre, que ce souffle dans la nuque n’est pas le vent. Inévitablement, on est saisi par la première scène, on sait déjà que le ver est dans le fruit.

Syndrome de Clérambault, voilà à quoi s’attaque Florence Noiville, syndrome psychiatrique qui pousse une personne à considérer qu’une autre l’aime follement. Un sentiment si passionné que l’on ne peut concevoir son inexistence réciproque. S’enclenche alors un mécanisme implacable de harcèlement et de persécutions, au moins, dans ce roman, de s’emparer de la vie de sa victime.

On retrouve avec bonheur l’écriture sensible et aiguisé de Florence Noiville, qui parvient à camper ses personnages avec toujours un souci d’économie, point de longues descriptions assommantes mais des petites touches qui rendent incarnés le personnage de papier, comme cette tasse posée sous le menton, comme ces petits gestes anodins qui pourtant nous constituent. Laura m’a semblé si familière, tant parfois que l’effet miroir était bouleversant.

L’illusion délirante d’être aimé pourrait être classé dans la catégorie Thriller, le suspens, les éléments du drame, tout est réuni. Il pourrait être dans la catégorie thriller psychologique, car Florence Noiville fouille avec talent les méandres psychologiques de l’humain. Mais à classer, on risque d’exclure, alors ce roman est surtout un excellent roman, un roman intelligent et intrigant servi par une maitrise narrative parfaite et une écriture limpide. L’une de mes plus belles lectures de cette rentrée.

 «  Sans doute est-ce difficile à comprendre pour qui n’est jamais passé par là. Mais soutenir le regard de quelqu’un sans que mon cœur batte à tout rompre, accepter d’être moi sans faire semblant, telle quelle, pacifiée… Oui, il m’aura fallu des années pour parvenir à cet équilibre. »

Cliquez sur la vignette pour avoir la chronique radio:

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4 Réponses to “L’illusion délirante d’être aimé, Florence Noiville”

  1. eimelle 19 octobre 2015 à 17:21 #

    je n’ai pas encore lue cette auteure,mais je crois que je vais l’ajouter à ma liste d’envies!

  2. jostein59 20 octobre 2015 à 08:26 #

    En parcourant la rentrée littéraire, j’avais très envie de découvrir cette auteure. Ta chronique me convainc totalement. Le sujet m’intéresse fortement et tu as raison, il faut parler des livres un peu moins médiatisés.

  3. folavrilivres 20 octobre 2015 à 21:14 #

    Ton billet enthousiaste est bien tentateur! Je note. Surtout que j’avais beaucoup aimé La Donation. 🙂

  4. lucie38 12 novembre 2015 à 21:51 #

    j’aime comme tu en parles…j’avais adoré l’attachement et la rencontre avec Florence à Grignan.

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