Tandis que je me dénude, Jessica Nelson

13 Août

A mesure que j’avale les premiers romans (24 à ce jour, sur 68), que je prépare un best seller sur « comment écrire un premier roman et se faire publier en deux leçons (travail et travail?) et que je tente de gérer un tableau à multiples entrées pour que mes compagnons d’aventure découvrent eux aussi ces romans, mon quotidien livresque est tout entier (ou presque parce qu’il y aussi les explorateurs Lecteurs.com) dédié au primo romancier (si vous vous demandez de quoi je parle, filez voir l’article sur les 68 premières fois).

Et pourtant, la première chronique de cette rentrée sera consacrée à un second roman, qui parle d’une primo romancière (quand je vous dis que cela me poursuit!), roman que j’ai lu au moment où germait l’idée des 68. (Venez en au fait, soyez concise!)

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Dans son second roman, Jessica Nelson nous plonge dans un show télé, une heure trente de torture pour Angie, professeur de français sans histoire qui vient de publier son premier roman. De torture, là où beaucoup rêve de parader ? De torture quand l’heure est au buzz et à l’audimat, quand il ne s’agit jamais d’écouter les réponses aux questions que l’on pose, quand on attend le chute ou le bon mot pour que l’extrait repasse le lendemain au zapping. De torture quand brebis dans une meute de loups, la carapace que l’on s’était construit se délite sous les coups assénés. Une heure et demi, et après? Une heure et demi pour se perdre, se déliter et repartir, nue.

A travers la dérive d’Angie, en proie avec son difficile reflet, Jessica Nelson dresse le procès de cette société de l’image, de la nécessité de toujours contrôler qui l’on est et ce que l’on dit, où les apparences fondent des opinions difficiles à contrer, ou n’être puissant ne passe que par le paraître, où l’immédiateté ne laisse pas le temps d’être.

Construire un roman choral est un exercice périlleux, quand l’action se situe en un seul et même moment , il l’est davantage.  L’exercice est ici réussit avec brio, jamais le lecteur n’est lassé, il évolue dans ce jeu de dupes, dans les pensées intimes de chacun, dans ce qui nous constitue vraiment et qui pourtant demeure intime.

Avec une écriture rythmée et parfois violente, Jessica Nelson livre un second roman ambitieux et réussi.

 

NB: Sort aujourd’hui, chez le même éditeur, La petite barbare, un premier roman (non encore lu par mes soins) mais dont Séverine de Blablablamia vous parle (et vous donnera sacrément envie!)

Sans titre

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8 Réponses to “Tandis que je me dénude, Jessica Nelson”

  1. Quaidesproses 13 août 2015 à 22:32 #

    C’est un roman qui pourrait me plaire, je le mets dans ma WL de suite.
    Merci pour la découverte

  2. noukette 14 août 2015 à 08:38 #

    Rien n’arrive par hasard il faut croire ! Un second roman qui parle d’une primo romancière ? Si ça c’est pas un signe…! 😉

  3. coppet 14 août 2015 à 11:40 #

    Déjà un joli titre. Je note sur mes tablettes. Après le lectures des 68 premières fois !

  4. eimelle 14 août 2015 à 12:00 #

    c’est vrai qu’il va parfaitement avec le projet 68 premières fois!

  5. Gwenaëlle Péron 21 août 2015 à 10:45 #

    Un thème très intéressant, et bien dans l’air du temps.

    • insatiablecharlotte 26 août 2015 à 14:11 #

      Dans l’air du temps mais Jessica Nelson parvient à en faire quelque chose de plus profond, pas seulement dans l’air du temps, sur l’intime aujourd’hui. Un vrai bon roman!

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  1. Confidences d’écrivain, Jessica L. Nelson | L'insatiable - 25 août 2015

    […] surtout Jessica L. Nelson écrit, et son roman paru mi août chez Belfond, Tandis que je me dénude, donne à réfléchir sur l’importance que notre société donne à l’image et au […]

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