Les singuliers, Anne Percin

16 Juin

Il y a tant à dire sur ce roman, que savoir par où commencer est impossible. Tout vous dire, pas assez de mots.

Vous dire que ce roman est un grand roman d’amitié, sur ce sentiment trop peu exploré en littérature.

Vous dire que ce roman est un échange épistolaire foisonnant entre une tribu d’artistes en devenir, à la fin du XIXème siècle, un voyage entre Bruxelles, Paris et Pont Aven.

Vous dire que ce roman est une immersion dans l’art, dans le rapport au monde des artistes, dans l’avènement de la photographie, dans ce qu’est la vie lorsque l’art prend toute la place, quand il s’impose et dicte une vie.

Vous dire que ce roman est grandiose.

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Anne Percin choisit la forme épistolaire entre trois protagonistes, Hugo, un jeune homme de bonne famille qui cesse de résister à l’appel de l’art et qui deviendra l’un des premiers photographes professionnels, Hazel, sa cousine qui tente de se faire une place en tant que femme dans un monde masculin et Tobias, peintre doué mais torturé par une maladie rare. Trois personnages vibrants et vivants, que l’on se plait à rencontrer, dont on attend les nouvelles comme celles d’un ami.

Sans grandiloquence ni discours faciles, Anne Percin parvient à interroger le sens d’une vie, l’importance des rencontres et des liens humains, la folie et la passion de l’art quand on s’y adonne totalement. Les interrogations essentielles sont intemporelles, l’homme n’a de cesse de se questionner sur sa place et son dessein, sur la quête d’une existence, trouver ce pour quoi on est fait, qui l’on est, ce qui nous donne ce sentiment rare d’être au bon endroit au bon moment.

Les singuliers  est un roman sur ceux qui font l’histoire, sans s’en rendre compte, de ces moments foisonnants d’où sortent les plus grandes œuvres, des artistes qui longtemps après font sens. Loin des paillettes et des palais, ils sont soucieux des mêmes questions primaires, de savoir comment ils vont vivre demain tout en créant le monde, en participant un peu plus intensément à la marche humaine.

Un roman comme une saga qui ne se lâche pas tant on est plongé dans les embruns bretons ou le tumulte parisien de l’exposition universelle, c’est là l’équilibre parfait, nous plonger dans une époque bien définie et en même temps interroger le monde d’aujourd’hui. Il est prodigieux de pouvoir, sans faire rire ou sans artifices, montrer les doutes sur la capacité de Van Gogh ou Gauguin à devenir ceux qu’ils sont aujourd’hui.

Un roman bouillonnant et trépidant, qui se dévore avec délectation et passion, avec à chaque page, renouvelé, l’étonnement de ces mots si justes, de ces réflexions si intimes qui renforce l’idée de ne pas être seule à les éprouver.

Un roman indispensable, nécessaire et jubilatoire.

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Cette lecture a été commune, en mère fille. Adèle étant un peu jeune, c’est ma mère qui a lu et adoré ce roman, elle vous en parle ici:

Ce qu’ils vont raconter de cette période forte intéressante de leur vie va nous permettre de  côtoyer les artistes de cette époque, les nouvelles écoles, une nouvelle façon de peindre, de regarder et de vivre. Et puis l’art naissant de la photographie. Et les différents salons, galeries et expositions où s’affrontent les tendances. Bien sur nous y cotoyons Gauguin, figure emblématique de Pont-Aven mais bien d’autres encore et surtout nous suivons, de ses débuts jusqu’à sa mort, ceHollandais exilé dans le Midi, ami de Gauguin, qui ne vendra qu’un seul tableau de son vivant et en perdra la raison… Nous restons  très attachés à la personnalité de nos 3 personnages et à leur évolution artistique et personnelle. Une très belle écriture, vivante et précise.

Nous plongeons dans ces pages avec bonheur tellement elles sont riches d’informations, d’anecdotes et d’émotion sur les mœurs et mode de vie de ces artistes que rien ne peut détourner de leur art.

Une belle réflexion sur l’art et la création.

J’ai été touchée par la grâce de ce livre !

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8 Réponses to “Les singuliers, Anne Percin”

  1. Quaidesproses 16 juin 2015 à 11:21 #

    Depuis que j’ai lu ce livre (en décembre dernier), je n’ai pas eu de coup de cœur aussi grand qu’avec celui-ci! Il fait partie de ces livres que je conseille bien souvent !

  2. eimelle 16 juin 2015 à 12:17 #

    c’est vrai qu’il fait envie!

  3. Albertine 16 juin 2015 à 16:59 #

    J’ai eu le grand plaisir de rencontrer Anne Percin lors d’une soirée/discussion/dédicaces chez mon libraire préféré : Gwalarn à Lannion. Elle a fait un grand tour en Bretagne pour présenter ce livre. La pension du Pouldu est devenue un musée très intéressant !

  4. laurielit 17 juin 2015 à 16:27 #

    oh qu’est ce que j’ai aimé ce roman…c’est à la fois un roman où on apprend sur la peinture, sur les vies et les femmes de ce siècle et puis avec la douceur et la qualité littéraire du style d’Anne Percin. Je suis d’accord, on n’en a pas assez parlé, je l’avais dévoré.

  5. Mokamilla 17 juin 2015 à 19:49 #

    Ce que tu en dis ne peut que donner envie… Clairement.

  6. lucie38 27 mars 2017 à 18:47 #

    comme toi, je n’ai pas su par quel bout attraper ce livre pour en parler dans un billet. Comme je l’ai aimé !!!! Il y a tant dans ces pages. C’est tellement intemporel.
    A avoir sur l’étagère des indispensables.

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