Confidences d’écrivain, Nathacha Appanah

7 Mai

En attendant demain, nouveau roman de Nathacha Appanah est un de mes coups de cœur de la rentrée d’hier, un roman d’une densité absolue, d’une écriture riche et belle. Je l’ai défendue ardemment pour qu’il figure dans la présélection du prix Orange, à mon grand bonheur il a été retenu. Il était toujours dans mon trio de tête pour la sélection ultime, j’ai du me rallier à la majorité non sans regrets tant ce roman mérite d’être lu et soutenu! IL ne figure pas dans les finalistes que vous pouvez découvrir sur le site Lecteurs.com, mais il reste l’un de mes finalistes à moi! ( Et pour vous dire combien j’ai aimé ce roman, je viens de commander l’intégralité des romans de Nathacha Appanah chez mon libraire!) C’est avec grand bonheur que je vous propose donc de soulever un peu le voile sur le rapport de cet écrivain brillant avec l’écriture (et puis quand on choisit Giacometti, j’aime encore plus!)

Crédit photo: Catherine Hélie

Crédit photo: Catherine Hélie

1.Ecrire, à quoi ça sert ?

A raconter des histoires et à essayer de comprendre l’insoutenable légèreté de la vie…

2.Le meilleur compagnon de l’auteur ?

Une bonne chaise pour ne pas se faire mal au dos ? De bonnes chaussettes (j’ai toujours froid aux pieds) ? Une bonne dose d’inconscience pour continuer de croire que ça, aligner les mots, faire des phrases et dessiner une histoire, ce travail étrange et magnifique et solitaire, pourrait intéresser quelqu’un d’autre que sa mère ? (et encore, parfois même pas sa mère)

3.Son pire ennemi ?

Internet

sans-titre

4.Une manie d’écriture ?

Un besoin de préciser une pensée qui ressemble à de la répétition parfois

5.Que pensez-vous de cette phrase de James Salter : « Si vous écrivez, vous devez être prêt à vous détester vous-même, à être dégouté de vous-même à la fin d’une journée que vous avez passé à écrire. Tant de temps pour un tel résultat! Tout ça pour ça!. » (Extrait d’une interview parue dans Lire, n°429, octobre 2014)

C’est vrai qu’écrire peut être ingrat mais j’ai appris que le « rien », le « tout ça pour ça », ce n’est pas du temps perdu. Il y a parfois juste un mot à sauver dans une journée mais c’est parfois un très beau mot.

5

6.De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. »)

Je ne sais pas. Quand j’ai commencé à écrire, j’essayais de trouver une façon de vivre autrement, plus passionnément, plus intensément (tiens, ce n’est pas de la répétition ça, rapport à la question 4). Aujourd’hui, quand j’écris, j’essaie non pas d’échapper à quelque chose mais de me rapprocher de la sincérité.

7.Définissez-vous par :

            – une œuvre d’art – un Giacometti

            – un mot – légèrement inquiète (ça fait deux mots, désolée, mais inquiète n’était pas absolument juste)

8.Quel est votre rapport à la lecture ? Lit-on pour écrire ?

Je lis tout le temps, mes contemporains, les classiques et je crois vraiment que les deux actes sont liés.

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9.Citez trois ouvrages fondateurs

L’étranger- Camus

Le dieu des petits riens- Arundhati Roy

Si c’est un homme – Primo Levi

alberto-giacometti-walking-man-i-1960

10.Le dernier roman qui vous a étonné

Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie

11.Quelle est votre quête ultime (ou absolue) en tant qu’auteur ?

Ecrire un bon et beau livre

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4 Réponses to “Confidences d’écrivain, Nathacha Appanah”

  1. Virginie 8 mai 2015 à 08:58 #

    Je suis fan de cet auteur et j’ai adoré « les rochers de Poidre d’Or » et mon coup de cœur : « le dernier frère » ❤️
    Sympa cet interview !

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