Confidences d’écrivain, Julie Bonnie

9 Avr

Julie Bonnie avait frappé fort dès son premier roman avec Chambre 2, lauréat du prix FNAC notamment. Son second roman va encore plus loin dans l’exploration de son talent. Mon amour, est un roman virtuose. Elle parle lit défait et écriture sur le blog.

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1.Ecrire, à quoi ça sert ?

Il me semble que cela sert d’une part à s’amuser, imaginer, raconter, comme on s’invente des mondes et des jeux pendant l’enfance,  et d’autre part à fouiller à l’aide d’une foreuse pointue et empoisonnée au coeur de l’âme humaine et de sa condition.

2.Le meilleur compagnon de l’auteur ?

L’oisiveté.

3.Son pire ennemi ?

Un lit défait, le ménage, le sentiment d’inutilité.

4.Une manie d’écriture ?

Matin, ventre vide. Boules Quiès.

9782246857174-X

5.Que pensez-vous de cette phrase de James Salter : « Si vous écrivez, vous devez être prêt à vous détester vous-même, à être dégouté de vous-même à la fin d’une journée que vous avez passé à écrire. Tant de temps pour un tel résultat! Tout ça pour ça!. » (Extrait d’une interview parue dans Lire, n°429, octobre 2014)

Pas besoin d’écrire pour se détester, être dégoûté de soi-même, trouver que rien ne rime à rien. C’est un sentiment courant et quotidien. Je commence toujours par détester ce que je viens de faire. C’est pour ça que je ne jette rien, ( c’était pareil en musique), le temps adoucit le regard que je porte sur ce que j’ai fait.

Par ailleurs, écrire m’amuse et me rend plutôt joyeuse. Je fabrique quelque chose, je trouve ça satisfaisant. Il y a aussi dans l’écriture un sentiment de toute puissance tout à fait comique.

Je ne trouve pas ça très sérieux, peut-être parce que j’ai travaillé dix ans à l’hôpital.

6.De quoi l’écriture doit-elle sauver ? (Référence à un extrait d’Ecrire de Marguerite Duras« Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera. »)

L’écriture me sauve de la mélancolie.

7.Définissez-vous par :

une œuvre d’art : Slow, du groupe Deus.

un mot : Contradiction.

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8.Quel est votre rapport à la lecture ? Lit-on pour écrire ?

J’ai passé toute ma vie, de l’enfance à maintenant, dans des maisons remplies de livres. Je n’ai jamais eu qu’à tendre la main. Je lis comme on mange, ou comme on se promène. Souvent, je ne connais pas le nom de l’auteur, ou le titre du livre. Je lis, c’est tout. Je ne finis pas un livre qui ne me plait pas, et j’en lis plusieurs en même temps.

Je suis encore une jeune auteur… Non, je ne lis jamais pour écrire… Pour l’instant.

9.Citez trois ouvrages fondateurs

La virevolte. Nancy Huston

Mon chien stupide. John Fante

Le temps où nous chantions. Richard Powers

3frf

10.Le dernier roman qui vous a étonné

« Monde sans oiseaux », de Karine Serres

11.Quelle est votre quête ultime (ou absolue) en tant qu’auteur ?

J’écris pour les lecteurs et j’aime être lue. Donc, j’imagine que j’aimerais avoir beaucoup de lecteurs, penser à eux quand j’écris.

 

 

 

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2 Réponses to “Confidences d’écrivain, Julie Bonnie”

  1. Sido 12 avril 2015 à 09:04 #

    Elle m’ interpelle cette auteure: passer de l’hôpital à l’écriture…. Je la lirai un de ces jours !

Trackbacks/Pingbacks

  1. Votre valise de livres | L'insatiable - 16 juillet 2015

    […] Mon amour, de Julie Bonnie […]

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