Je ne vous quitterai pas, Pascal Louvrier

1 Avr

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C’est un roman étonnant. Qui aurait pu m’échapper alors même que tous les éléments étaient réunis pour me plaire: politique (et oui ma passion cachée, je me délecte à l’idée de dévorer Quinquennat de Marc Dugain!), passion de la littérature, écriture.

Jacques Libert a réussi à devenir celui qu’ il voulait être, un écrivain célèbre, ayant côtoyé les plus grands.  (« Il fallait que je trouve un travail, je n’en avais pas envie. je voulais écrire et en vivre. voilà tout. »)

Se sachant condamné il se réfugie dans sa maison en bord de mer et inexorablement revit sa vie, son amitié intrigante avec François Mitterand, sa relation si singulière avec sa femme, son rapport aux autres et à la création.

Rien de convenu ou de facile dans ce roman, pas de déjà vu, parce que Jacques Libert est un personnage ambigu, comme il est rare d’en croiser, un sale type que l’on se prend à aimer, avec un certain détachement toutefois. Il n’est pas évident d’explorer toutes les facettes de la nature humaine dans un roman, avec ce personnage singulier, Pascal Louvrier y parvient et crée un grand personnage.

Le portrait de Mitterrand est bien tissé, à tel point qu’on imagine les scènes vraies, peut être le sont elles même si Libert est une fiction. Là n’est pas la question, on se laisse guider par la fluidité de l’écriture, par les fulgurances, par la colère qui habite le personnage central, par cette jeune fille qui viendra perturber sa vie d’une façon inattendue.

Un roman intelligent où se côtoient des réflexions sur l’écriture, sur ce président à l’histoire intensément romanesque, sur les affres du pouvoir et les méandres d’un amour passionnel, mais surtout sur ce qui fait le sel d’une vie.

Un roman passionnant et un délicieux moment de lecture. Et si Pascal Louvrier écrit depuis longtemps, c’est son véritable premier roman. Un coup de maitre.

Extraits (ils auraient pu être nombreux)

« Si on peut faire confiance à l’homme fidèle à son enfance, il faut se méfier de l’homme infantile. »

 » Chaque être humain cherche un sens à sa vie. On peut faire un enfant, ça prend quelques secondes, on peut écrire un livre, ça prend plusieurs mois, on peut devenir président de la République, ça prend une vie. On peut aider une femme paumée à devenir une femme, ça n’a rien à voir avec le temps. »

« L’écrivain devait prendre des risques, se comporter comme un voyou. Il était du côté du mal. La société représentait son pire ennemi. La bêtise sociale, pour être précis. il n’en démordait pas.

Ou alors, il fallait écrire un roman sur l’amour, le véritable amour, celui pour lequel se commettent tous les crimes. »

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3 Réponses to “Je ne vous quitterai pas, Pascal Louvrier”

  1. Quaidesproses 1 avril 2015 à 11:49 #

    Je ne me serais jamais retournée sur ce livre, pourtant la couverture et le titre sont accrocheurs. Maintenant, que tu as fait cette chronique, je dois t’avouer que la curiosité vient de naître.

  2. clara 1 avril 2015 à 17:18 #

    Dès qu’il y a de la politique, j’ai tendance à fuir…

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  1. Confidences d’écrivain, Pascal Louvrier | L'insatiable - 23 juin 2015

    […] en février, chroniqué en avril, le premier roman de Pascal Louvrier, Je ne vous quitterai pas, ressurgit régulièrement dans mon […]

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