Dépendance Day, Caroline Vié

24 Fév

Le premier roman de Caroline Vié, Brioche, ne pouvait laisser personne indifférent, par la forme et cette utilisation du tu, par le sujet, par le côté dérangeant. Revenir après cela était un défi, relevé avec brio et talent par Caroline Vié.

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Tout autre est l’ambiance de ce récit, même si on y retrouve la patte de cet auteur, à savoir le maniement de l’humour et de l’humain.

S’attaquer à Alzheimer est loin d’être simple. Comment ne pas tomber dans le déprimant, ne pas en faire trop ? Je ne connais pas la recette mais Caroline Vié l’a trouvée, tant ce roman jongle avec habileté avec les émotions du lecteur.

Morta a vu sa mère, Clotho, enfermer sa grand mère, Lachésis et sait qu’inévitablement il lui faudra enfermer sa propre mère. En sus de prénoms aux sonorités étranges, les femmes de cette famille se transmettent cette hérédité trop lourde qu’est Alzheimer.

On pourrait fuir devant un tel pitch, sauf à ne pas retenir ces prénoms qui donnent le ton, l’angle choisi par ce roman, l’humour plutôt que le sinistre.

Le récit est enlevé, bouillonnant et palpitant. Les seconds rôles sont une pièce maîtresse du puzzle. Chaque personnage est tricoté avec soin, vivant.

Vous n’avez pas le temps de finir votre sourire que le cœur se serre sous la pression de la plume qui vous lâche avant d’en venir aux larmes.
Des montages russes, ce roman dont on descend avec la tête qui tourne mais heureux de l’aventure.

Un roman sans faux semblants, sans postures , avec de l’humain à chaque page.

Juste et drôle.
Doux et drôle.
Humain et drôle.
Humain, surtout.

Humain donc bouleversant.

Extrait

« Alors, ce n’était que ça, la vie? Un truc plaisant parfois, souvent désagréable, insignifiant surtout où surnagent des joies, des chagrins et une absence. une fois le bovarysme de l’hyperactivité envolé, il ne reste plus rien que le temps de penser. Pendant qu’on vivait sans se préoccuper de rien, en se souciant de tout, la porte du possible s’est doucement refermée sans même grincer pour nous en informer. »

Pour la chronique radio, c’est en cliquant là dessus!

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3 Réponses to “Dépendance Day, Caroline Vié”

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