C’est dimanche et je n’y suis pour rien, Carole Fives

20 Jan

sans-titre

Ce titre déjà. Evocateur de mille choses.

Carole Fives aussi. Elle avait frappé fort avec son premier roman, elle revient ici encore plus ambitieuse et talentueuse, avec une maîtrise affirmée.

On embarque avec Léonore pour une virée au Portugal. Pas de tourisme de masse ou de besoin de soleil, mais le retour aux sources. Celle de son amour. Son premier amour. Mort alors qu’elle avait encore les joues empourprées par sa première fois. Mort dont elle se sent responsable, pour un mot échangé, pour une attitude. 

40 ans. Abandon de sa passion au profit d’une sage carrière. Histoire d’amour sans avenir. S’interdire de vivre pour ce deuil avorté.

Pour lutter contre cette culpabilité qui la ronge depuis des décennies, Léonor décide de comprendre ce qu’était la vie de cet amour fougueux et éphémère. Comprendre ce qui s’est passé.

Revenir en arrière pour avancer.

Revenir aux origines de son amour pour retrouver l’avenir, c’est à cela que nous invite Carole Fives, avec délicatesse et tendresse. Humour et espoir aussi.

Mais surtout, c’est à combattre la culpabilité et ses affres, cette facilité de s’y complaire pour se trouver des excuses, ce poison que l’on s’insuffle ou qu’une parole suffit à insinuer.

En pointillés, en sus de cette quête, on comprend l’histoire de José, et avec lui l’histoire de ces familles venant chercher en France un eldorado et qui se terminait dans une banlieue triste et sans ambition.

Un roman touchant et d’une douceur infinie, qui donne de l’espoir, invite à chérir les souvenirs qui nous construisent mais qui nous pousse à avancer, sans renoncement sans soumission, sans fausse excuse, et à se délaisser du passé quand il encombre. Un livre qui invite à vivre, pleinement.

« Les autres ne savent pas mieux, ne jugent pas mieux, mais au moins, c’est les autres. Qu’ils écrivent la partition, qu’il n’y ait plus qu’à jouer. »

« Vivre de son art. Hérésie pour la plupart des gens. Pour moi la première, qui ai tout abandonné pour enseigner. Vivre de son art, quelle haute idée de soi-même faut-il avoir pour croire cela possible? »

« Ici, les morts sont bien plus importants que les vivants… »

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4 Réponses to “C’est dimanche et je n’y suis pour rien, Carole Fives”

  1. Le Monde de Mirontaine 20 janvier 2015 à 10:41 #

    Je vais le lire tout prochainement et peut-être revoir Carole lors d’un café littéraire à la fin du mois en région Nord.

  2. mokamilla 20 janvier 2015 à 10:44 #

    Un texte qui pourrait me plaire tant le sujet me parle et le Portugal compte pour moi.
    Et tes mots m’entraînent, insidieusement, vers ma librairie chérie…

  3. Camilla 26 janvier 2015 à 17:48 #

    Un livre sur la vie que j’ai tout simplement adoré! 🙂

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  1. Votre valise de livres | L'insatiable - 16 juillet 2015

    […] C’est dimanche et je n’y suis pour rien de Carole Fives […]

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