Une photo, quelques mots

5 Jan

Lundi, retour au travail, toujours trop difficile. Petite satisfaction du jour: participer à l’atelier de Leiloona Bric à Book!

Crédit photo: Julien Ribot

Crédit photo: Julien Ribot

 

Jamais.

Jamais je ne comprendrais leurs agissements.

Est il possible d’avoir si peu de volonté, suivre le troupeau et se taire ?

Agglutiner à tous regarder dans la même direction. Le train va arriver, ils ne vont même pas attendre que les autres descendent, poussez vous, que je passe. Les valises des uns vont écraser les pieds des autres, il va râler parce qu’il n’a pas la place souhaité. Evidemment, certains pesteront que leur siège est occupé, le numéro de la voiture sera erroné.

L’une soupirera tout le long du voyage que son voisin ronfle ou bouffe allégrement un sandwich saucisson cornichons beurre. Le bruit de l’aluminium. L’odeur. La mastication.

Elle maudira le ciel et la terre que ça lui tombe dessus, que ça arrive à son voisin, elle s’en fout, mais pas elle. Pendant trois heures, même l’ipod à fond, aucun stratagème ne la sauvera. Supporter l’autre, l’inconnu pendant de trop longues heures, tout ça pour retourner dans sa miteuse chambre de bonne.

Et les deux des places 91 et 92 qui se racontent leur vie en mode haut parleur, si tu n’as pas envie de connaître ce connard de Ludovic et cette peste de Jennifer, passe ton tour.

Le grand coincé prêt de la porte qui n’attend qu’une chose, un arrêt même d’une minute pour tirer deux lattes de sa clope au son du « nous vous rappelons qu’il est interdit de fumer dans les gares ».

Et ce petit train-train recommencera, tous les jours, des nouveaux ravis de remplir le rôle qu’on leur a assigné.

Gerbant.

Moi, au moins, je suis libre.

Sauf que toi mon vieux, ça fait une plombe que tu attends sur un quai déserté. Aucun train ne va passer, alors avec tes principes à deux sous et ton air supérieur, tu vas rentrer chez toi et continuer à faire semblant, les illusions ont du bon, se mentir à soi même, rien de plus facile. Tu es qui pour les juger tous autant qu’ils sont, la résistance peut être silencieuse, elle le doit, sinon elle est outrancière et vaine . Alors, rentre chez toi.

Ou change de quai.

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14 Réponses to “Une photo, quelques mots”

  1. milleetunefrasques 5 janvier 2015 à 07:24 #

    Ouais mais ils sont pénibles les gens des transports en commun 🙂

  2. nathchoco 5 janvier 2015 à 07:47 #

    aaah le regard tranchant des autres ! Bel écrit

  3. monesille 5 janvier 2015 à 11:38 #

    Ce sent le vécu !-)

  4. pierforest 5 janvier 2015 à 11:42 #

    Il faudrait un Ipod pour les yeux et un autre pour le nez pour s’isoler complètement de cette proximité forcée dans la foule des transports en commun. C’est à se demander si ce n’est pas contre-nature.

  5. trezjosette2 5 janvier 2015 à 11:54 #

    la promiscuité aïe aïe aïe ! mais la solitude ?

  6. titine75 5 janvier 2015 à 14:43 #

    Tu donnes vraiment envie de prendre les transports en commun !!!! 😉

  7. lucie38 5 janvier 2015 à 15:39 #

    bim

  8. Anne-Véronique 5 janvier 2015 à 16:25 #

    Très vrai !
    ça donne envie de continuer : Et celui qui est derrière toi et qui se lève toutes les 10 minutes en s’accrochant à ton siège,
    donc en te secouant, quand ce n’est pas en t’arrachant des petits cheveux coincés sous sa main !
    et celui de devant qui dort, en accrochant sa grand main dégueulasse derrière sa tête sur l’appui tête, mais son appui tête c’est au dessus de ta tablette et de ton bouquin et tu as ses doigts sales dans la tronche quand tu lis !

    Merci Charlotte pour tous ces bons souvenirs !!! 🙂

  9. cleoballatore 5 janvier 2015 à 18:02 #

    La nouvelle année commence bien sévèrement pour certain. Il y a un juge impitoyable dans ce regard. Il va falloir qu’on redevienne tous un peu plus léger. C’est le blues de la reprise.

  10. sabine 5 janvier 2015 à 19:12 #

    Dis charlotte si je t’invite tu viendras avec moi rendre un train, partager un quai, changer de voie et si nécessaire modifier sa correspondance, son billet. Je connais les astuces pour ne pas mettre les pieds sur les marchepieds et offrir sa plume aux paysage que nous verrons défiler.
    Je t’embrasse

  11. LEVASSEUR 5 janvier 2015 à 21:12 #

    Bonjour Charlotte,

    C’est vrai le retour au boulot aujourd’hui, c’était très dur ! Ton blog est bien écrit . Bien vu la vie dans les transports en commun ! Mais je pense que le mot « agglutinés » s’écrit dans le cas présent e accent aigu avec un s.
    Merci et bonne continuation
    Une maniaque de l’orthographe.

  12. Leiloona 5 janvier 2015 à 22:38 #

    Ah ah j’aime beaucoup le dernier paragraphe qui démonte tous les autres ! Très bien vu, très drôle !

  13. Antigone (@EcritsAntigone) 6 janvier 2015 à 10:09 #

    Moi j’aime bien le « Ou change de quai »… pénible parfois « les autres » c’est vrai.

  14. sarah 7 janvier 2015 à 11:33 #

    Arf, c’est tellement vrai, ce que tu décris!
    Combien de fois je me suis sentie mal à l’aise pendant tout un trajet…
    Mais j’aime aussi l’idée de ta fin, qui casse tout le reste!

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