En tête à tête avec Géraldine Barbe

27 Nov

Hier, je vous parlais de ce « roman vrai » (expression empruntée à Michèle Fitoussi notamment), Changer de vie. Aujourd’hui, je vous propose d’en parler avec son auteur, Géraldine Barbe.

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1.« Je ne me suis pas retrouvée du jour au lendemain transformée en scarabée, désolée, je ne crois pas correspondre à ton sujet. » une réflexion de Clémence, l’un de vos personnages. Elle résume bien l’imaginaire collectif qui voudrait que le changement soit spectaculaire, violent et hors normes. Finalement, changer de vie, c’est quoi ?

De mon point de vue, changer de vie c’est changer son regard sur le monde qui nous entoure, remettre en question une certitude, une façon de vivre ; c’est très intime et pas forcément spectaculaire ou intéressant pour les autres. Moi si je passais le permis je changerais de vie mais je suis pas sûre que ça fasse un bon sujet de livre (quoique)

2. S’extirper est un mot qui revient dans votre récit, s’extirper de quoi exactement ?

S’extirper est le nom que je voulais d’abord donner au livre. C’est une obsession effectivement. S’extirper de ce qui nous enlise, nous empêche, nous retient. S’extirper des préjugés que l’on a par rapport à soi même pour tout un tas de raisons.

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3.Souvent le changement est perçu comme la réalisation d’un rêve, d’une passion. Dans votre récit, le changement n’est pas fantasmé, il est vécu, sans chercher forcément les causes, presque sans violence. Comme une évidence ?

Je ne sais pas mais c’est peut-être parce que pour qu’il y ait changement, il faut accepter que cela doit venir de soi, de l’intérieur et non pas de l’extérieur. On peut vraiment changer tout extérieurement, pays, amoureux(se), travail et se retrouver toujours autant dans la merde, c’est un peu comme la blague du café et du croissant.

4.Le point commun de tous ces parcours?

Ils sont tous positifs avec des points de départs compliqués et l’absence de rancune qui est un poids trop lourd.

5. Quel est le plus grand frein à ce changement ?

La peur, le ressentiment, la flemme

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6. S’il ne fallait conserver qu’un conseil à ceux qui hésitent : commencer par aller à la piscine

7.Ce livre était un ouvrage de commande, comment vous l’êtes-vous appropriée, comment la construction du récit s’est-elle imposée ? Parce que finalement, le personnage principal de ce récit, n’est-il pas vous ? Vos personnages semblent des guides, des rencontres qui aident à grandir. Grandir toujours…

Sybille Grimbert et Florent Georgesco m’ont proposé d’écrire à partir de ce sujet parce qu’ils savaient que mon parcours était particulier et qu’à priori je serai intéressée. Ils m’ont encouragée à évoquer des épisodes personnels, ce que je me suis empressée de faire car j’adore. Je ne suis pas du tout journaliste ni documentaliste et je n’aurai pas su comment m’y prendre pour écrire « sur » sans me faire un peu jouer. J’ai rencontré des gens que je ne connaissais pas du tout pour la plupart, ou de très loin, mais qui n’étaient quand même pas des anonymes, et pour qui j’avais une curiosité. La construction s’est faite de manière très bordélique comme toujours et puis finalement ça c’est ordonné assez facilement. Je ne sais pas si les personnages sont des guides, je ne suis pas trop guide en général à part à la Montagne, mais oui, je les ai trouvés supers, vraiment, c’était très vivifiant de rencontrer ces gens qui en ont tous quand même plus ou moins chié et qui n’étaient jamais dans la plainte.

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8. Petites questions en rafale :

-Le dernier roman qui vous a étonné : Be-Bop de Christian Gailly (minuit)

– Votre œuvre d’art préféré : les étonnants tableaux que peint mon fils

– Votre mot préféré : Maman

– S’il ne fallait conserver qu’un auteur : autant qu’il disparaisse avec les copains le pauvre

– Votre livre de chevet : L’odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux de Franck Maubert (conversations avec Francis Bacon).

 

 

 

 

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2 Réponses to “En tête à tête avec Géraldine Barbe”

  1. Sido de Errances immobiles 28 novembre 2014 à 09:08 #

    Je vais à la piscine une fois par semaine: un bon début non ? 😉

  2. lucie38 2 décembre 2014 à 16:12 #

    ça me parle…

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