Si on parlait écriture avec Mélanie Richoz ?

30 Oct

C’est par le blog du Petit carré jaune que j’ai découvert cette auteur talentueuse, à travers ses nouvelles Le bain et la douche froide, un recueil uppercut. Je l’ai savouré, une nouvelle par jour. Comme un rendez vous, un rendez vous qui secoue. L’art de la nouvelle est difficile, il faut ce point de tension rapide, cette chute crédible, saisir l’humanité des personnages en quelques lignes. Mélanie Richoz est experte en la matière, un recueil à découvrir, rapidement!

Je commence la lecture de son roman Mue, j’y retrouve le choc de ces mots, les gifles sans prévenir, la pointe du couteau bien aiguisée sur ce qui fait mal, sur ces petits riens qui nous entourent, sur ces petites choses humaines.

En attendant de vous parler plus longuement de ce roman, je vous laisse découvrir le rapport de Mélanie Richoz àl’écriture, elle a a répondu avec douceur et sincérité à mes questions et avec qui la discussion s’est poursuivie, me demandant Pourquoi lisez vous? (et là, tu te dis que poser les questions est plus facile que d’y répondre, évidemment).

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1.L’écriture : c’est inné ou acquis ?

C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ? L’écriture, pour moi, c’est du travail. Je peine et je sue en écrivant. Et j’avance à pas de saucisson…

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ?

Jamais longtemps (une heure par jour en moyenne, le matin avant de partir au travail) mais si possible tous les jours. Avant mon premier roman, j’étais moins régulière et n’écrivais que sur mes jours de congé et pendant les vacances.

3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

C’est Tourterelle, paru en 2010 aux éditions Slatkine ; je l’ai écrit chez moi, mais dans le train aussi, et au café… En écoutant les gens, en les observant, en me laissant surprendre par le monde et par ce qu’il éveillait en moi. Tourterelle est un envol aller-retour entre l’extérieur et l’intérieur.

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4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Je n’ai jamais pu dire que j’étais satisfaite d’un manuscrit ; en revanche, grâce à des phénomènes aussi subtils qu’étranges qui surviennent souvent à la fin de la rédaction d’un premier jet, j’arrive à être convaincue que c’est juste de l’avoir écrit, ceci indépendamment de sa qualité. Et sentir que c’est juste est un cadeau inouï et nécessaire à me sentir légitime dans ma quête d’écriture.

5. Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Avant mon premier roman, j’ai publié un livre illustré « Je croyais que » qui a connu quelques refus (quatre ou cinq ?) avant d’être accepté par les éditions Slatkine. Grâce à cette publication, une relation de confiance s’est créée avec mon éditrice, Delphine Cajeux, à qui j’ai osé montrer, quelques mois plus tard, mon premier projet de roman et qui l’a accepté d’emblée.

6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ? Des recherches ?

Un mot après l’autre, sans savoir où je vais, sans plan et en chute libre… pour un temps indéterminé et une histoire inconnue, construite souvent à partir d’un personnage. Je transmets mes manuscrits à très peu de lecteurs (au maximum trois en comptant mon éditrice… et bientôt il n’y aura plus qu’elle) pour les protéger, leur laisser leur authenticité et leur vulnérabilité. Pour ne pas me faire influencer.

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7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ?

Oser le faire lire.

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Seule !

9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Je n’ose plus le lire, comme les suivants d’ailleurs. Dès qu’un livre est publié, il m’échappe et ne m’appartient plus. De mémoire, je dirais que malgré la lenteur et les maladresses, il est poétique, sensoriel et profond.

10. Etre écrivain, c’est… soulever des questions. En soi. Mais peut-être chez l’autre aussi ?

11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Oser ! Sans se censurer. Ecrire et oser. Ecrire encore et encore.

12. Citez trois ouvrages fondateurs Je préfère citer trois auteurs :

Anne-Lyse Grobetty avec “Pour mourir en Février” et “La corde de mi”

Emile Ajar avec “L’angoisse du roi Salomon”

Annie Ernaux avec “Passion simple” et “L’usage de la photo”

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4 Réponses to “Si on parlait écriture avec Mélanie Richoz ?”

  1. Lzarama 30 octobre 2014 à 15:30 #

    Encore une belle interview, merci de cette démarche, c’est toujours un plaisir de lire les réponses des auteurs, sources de réflexion et d’inspiration…

    • insatiablecharlotte 17 novembre 2014 à 11:42 #

      Ces interviews sont des petits moments que j’aime tout particulièrement et j’ai trouvé celle de Mélanie touchante et pleine d’espoir!

Trackbacks/Pingbacks

  1. Le Bain et la Douche froide | Mélanie Richoz - 22 décembre 2014

    […] Le 30 octobre 2014, L’Insatiable Charlotte […]

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