Si on parlait écriture avec Nathalie Skowronek ?

23 Oct

Karen et moi avait été un coup de coeur, ces livres que l’on garde auprès de soi pour en relire des passages, pour s’en imprégner. Max, en apparence, son second roman, dont il faut que je vous parle sur le blog sans attendre, a confirmé le talent de cet écrivain, de cette plume sensible et en prise directe avec le coeur de l’humain.

Nathalie Skowronek a accepté de répondre avec délicatesse et justesse à mes questions, voici ces touchantes réponses.

Crédit photo: DR

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1.L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

C’est une intuition que l’on porte en soi et que l’on met à rude épreuve.

2.Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman publié et maintenant ?)

Beaucoup ! Je ne dirais pas de plus en plus mais plus on cherche, plus ça paraît sans fin.

3.Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

C’était en 2011, « Karen et moi », l’histoire d’une femme qui entreprend d’écrire la biographie de Karen Blixen et qui, en chemin, en apprend beaucoup sur elle-même, deux ans d’écriture, un sentiment de plongée abyssale, une aventure éprouvante mais fondatrice, qui bouscule les repères. Et après, cette sensation miraculeuse de découvrir que le livre est lu, accueilli.

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4.Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Il y a un moment où on a le sentiment d’être arrivé au bout. Au bout de ce qu’on peut donner, revoir, réécrire. La satisfaction est un sentiment compliqué, et qui peut varier dans le temps, mais il y a une phase, qui s’installe progressivement, où l’on sent que les modifications qu’on apporte ne transforment plus le texte, et là il faut s’arrêter, en étant sûr de rien mais parfaitement solidaire de ce qu’on a écrit.

5.Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Un premier manuscrit refusé malgré un acharnement désespéré pour l’amener à la publication, et évidemment, comme on ne comprend souvent les choses qu’a posteriori, sentiment aujourd’hui que c’était juste : il ne devait pas être publié mais le temps passé à l’écrire puis à le défendre étaient des étapes indispensables.

6.Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ? Des recherches ?

J’ai écrit mes deux livres chaque fois en deux ans, mais le deuxième, « Max, en apparence », m’accompagnait depuis plus longtemps. Les livres prennent forme petit à petit, ils ne sont jamais à l’arrivée comme on les avait imaginés, et heureusement. Je les laisse dormir, je les reprends, je m’enfonce plus loin, je coupe. C’est un travail qui me monopolise complètement et j’adore ça. Il y a des moments où je laisse entrer dans le livre tout ce qui me passe par la tête, d’autres où je resserre, vérifie, ne m’autorise rien… Au final, je crois qu’à la remise de mes deux manuscrits à mon éditeur, j’aurais pu les réciter par cœur tant je les avais lus et relus, et maintenant il m’arrive de les ouvrir et d’être surprise par certaines phrases, de les avoir presque oubliées. C’est le signe qu’on est pris par le suivant.

7.Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ?

Le plus difficile c’est de se faire confiance, d’avancer dans l’inconnu, de se dire que ça en vaut la peine, de lâcher l’idée qu’on se fait de ce à quoi doit ressembler un livre…

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8.Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Je vais vous décevoir : on se sent incroyablement fébrile et vulnérable ! Il m’a fallu du temps pour m’ajuster. Mais aujourd’hui je repense à ces moments avec beaucoup de joie et d’émotion;

9.Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Que c’était un livre tremblant qui a touché à quelque chose qui m’a dépassée. Qu’il m’est très cher.

10.Etre écrivain, c’est…

…avancer au coupe-coupe dans une forêt vierge, en croyant dur comme fer à l’absolue nécessité de ce que l’on fait !

11.Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Difficile de ne pas tomber dans les clichés mais je donnerais tout simplement le conseil d’écrire beaucoup, de beaucoup lire, de s’entourer de lecteurs qui ne disent pas comment écrire mais cherchent à voir ce que disent les textes, de serrer les dents et de continuer.

12.Citez trois ouvrages fondateurs

Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique

W.G. Sebald, Austerlitz

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

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2 Réponses to “Si on parlait écriture avec Nathalie Skowronek ?”

  1. Sido de Errances immobiles 23 octobre 2014 à 09:04 #

    Je suis ravie de ne jamais avoir eu envie d’écrire, si ce n’est mon blog ! Et je suis ravie du talent de tous ces auteurs dont je croise la route. Chacun à leur tour , ils changent un peu ma vie…

  2. Lzarama 23 octobre 2014 à 10:25 #

    Merci pour cet entretien. J’aime beaucoup les réponses de l’auteur que je ne connaissais pas, je note de lire rapidement Karen & moi. Belle journée.

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