Si on parlait écriture avec Julie Gouazé?

9 Oct

Julie Gouazé nous livre, pour son premier roman, un personnage qui nous ressemble tant: Louise. Une écriture vive et brute, des émotions universelles mais tellement personnelles, des fragments quotidiens à l’effet « Madeleine de Proust » et qui parviennent à faire ressurgir des souvenirs que l’on ne soupçonnait pas. Une plume à suivre, un premier roman singulier! J’en reparle vite sur le blog, en attendant découvrez en plus sur cette pétillante jeune femme qui vous parle de son écriture!

Crédit photo: Thierry Rateau

Crédit photo: Thierry Rateau

 

1.L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

J’ai l’impression parfois d’écrire parce que je ne sais pas dire les choses. C’est une autre voie. Un autre canal. Ecrire pour ne pas dire. Dans ces conditions, ce serait plutôt 90% de sueur en espérant pouvoir atteindre 10% de talent !

2.Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman publié et maintenant ?)

L’écriture est partout, tout le temps. Les phrases se forment petit à petit. Je n’écris pas tous les jours mais lorsqu’il y a un trop plein de mots. Ils se bousculent et doivent sortir. C’est le corps qui écrit d’abord. Les mots s’agencent à l’intérieur de moi et puis ensuite la tête prend le relais et les doigts courent sur le clavier. Avant et après le premier roman, le processus est le même.

3.Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

C’était un peu tout le temps dans ma tête.

 4.Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Je ne suis pas sûre que l’on puisse être totalement satisfait… Il est toujours possible de retravailler le texte, de peser les mots… Seulement un jour, il faut arrêter et rendre le texte. C’est un point final un peu stressant. Après, il faut arrêter de le relire car sinon c’est l’angoisse. Apprendre à accepter de laisser le texte vivre même en étant imparfait.

5.Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Il arrive des moments dans la vie où la chance vous sourit. Pour « Louise » la chance était de mon côté… Quelques jours après avoir envoyé mon manuscrit à Léo Scheer, il m’a écrit pour me dire qu’il voulait me publier. Tout est allé très vite.

Julie-Gouazé-Louise-leo-scheer-rentrée-littéraire

6.Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ? Des recherches ?

Lorsqu’on écrit un premier roman, je crois qu’il est assez classique de chercher l’inspiration dans sa propre histoire et dans celle de ses proches. Après l’imagination prend son envol. Je n’ai pas fait de recherche sur l’alcoolisme au féminin ou sur la violence faite aux femmes. J’ai juste les oreilles grandes ouvertes et je regarde ce qu’il se passe autour de moi. J’attrape à la volée des situations et des émotions.

Je crois que l’écriture a besoin de mûrir. Je laisse les mots se chercher. Ils doivent avoir le temps de trouver des compagnons de route. Le premier jet n’est donc en réalité pas vraiment le premier. Il a déjà été travaillé à l’intérieur du corps.

7.Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ?

Je n’ai pas commencé à écrire en me disant que j’étais en train d’écrire mon premier roman. J’ai avancé et puis un jour je me suis dit que mon texte pourrait éventuellement ressembler à un livre. Vient ensuite le moment où il faut le lâcher et le faire lire. Je crois que c’est ce moment qui a été le plus difficile. Le soumettre à un éditeur et attendre. Le temps s’étire et il faut prendre son mal en patience.

8.Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

C’est une émotion que l’on attend, que l’on cherche à imaginer. Et puis un jour le livre est là. Le livre avec son nom et le titre, éventuellement une photo. Il est à la fois un objet étrangement familier et inconnu. C’est un tremblement qui vient du ventre. Une boule de chaleur qui éclate à l’intérieur et qui se propage partout à grande vitesse. C’est une petite douleur car désormais le livre va vivre sa propre vie.

9.Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Je dirais que c’est un premier roman et que maintenant il faut commencer à écrire…

10.Etre écrivain, c’est…Pouvoir continuer à écrire.

11.Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Je n’ai pas vraiment de conseil à donner… Chaque histoire est personnelle. Peut-être être le plus sincère possible. Humble aussi. Et continuer à rêver. Toujours.

12. Citez trois ouvrages fondateurs

J’ai tellement aimé certains livres… J’en donne trois mais il y en beaucoup plus…

-Nécropolis de Herbert Lieberman

– Le paradis un peu plus loin de Mario Vargas Llosa

-Le joueur d’échec de Stefan Sweig (celui là je le relis une fois par an !)

 

 

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7 Réponses to “Si on parlait écriture avec Julie Gouazé?”

  1. jostein59 9 octobre 2014 à 07:23 #

    En tout cas, il s’en dit du bien de ce premier roman. J’ai bien envie de le lire. Avec Stefan Zweig comme référence, Julie Gouazé pourrait m’intèresser

    • insatiablecharlotte 10 octobre 2014 à 10:14 #

      Ce premier roman est vraiment réussi! Une écriture tranchée, une histoire de vie universelle mais singulière.

  2. Charlotte 9 octobre 2014 à 09:42 #

    J’ai choisi son livre pour les matchs de la rentrée littéraire 2014 et ce petit questionnaire me donne très envie de le lire ! Surtout maintenant que je sais qu’elle aime Le Joueur d’échecs ahah (Stefan Zweig est mon auteur préféré). J’ai hâte de découvrir son écriture et l’histoire qu’elle nous raconte, merci pour ce questionnaire !

    Bises

  3. fleurdementhe 10 octobre 2014 à 10:11 #

    Oh là là ! J4ai craqué à la lecture de la 4è couverture de ce livre au moment de choisir un roman pour les matchs de la rentrée littéraire avec Price Minister, et ton interview me donne encore plus envie de découvrir son écriture. La façon dont elle décrit ce besoin d’écrire trouve une vraie résonnance en moi… Merci Charlotte de nous afire découvrir ce nouvel écrivain ! aura-t-on ton avis sur le roman ?

    • insatiablecharlotte 10 octobre 2014 à 10:15 #

      Oui la semaine prochaine, tu vas aimer Julie, c’est certain! Ce roman d’apprentissage rappelle les souvenirs d’enfance, fait ressurgir nos doutes et nos balbutiements face au monde adulte. Un roman troublant!

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  1. Louise de Julie Gouazé, un premier roman touchant | L'insatiable - 4 novembre 2014

    […] Une auteur à suivre (et si vous voulez la découvrir davantage, elle avait accepté de répondre à mes questions sur l’écriture, cliquez ICI). […]

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