Si on parlait écriture avec Bertrand Guillot, sous les couvertures ?

18 Sep

Aujourd’hui, sort un roman délicieux, tendre et malicieux, gorgé de facéties et abordant avec intelligence et humour le petite monde littéraire; e ces auteurs têtes de gondole, aux classiques respectés, en passant par les premiers romans. Un bel hommage  à la lecture et à ses librairies repères dans lesquelles le temps s’arrête et où l’on est certain de se sentir bien, un hommage à la lecture qui fait grandir et qui construit, le tout servi par un conte touchant et décapant. Ruez vous chez votre libraire préféré et jetez vous Sous les couvertures!

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Bertrand Guillot tient un blog dans lequel il nous livre des textes drôles et absolument géniaux, il vous parle justement de ce grand jour qu’est la sortie de son livre… Allez y sans attendre: Secondflore!! Vite! Ne manquez pas cette plume talentueuse!

 Et en attendant de vous parler davantage de ce roman, écoutez le vous parler écriture!

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Crédit photo: Marie Planeille

1.L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

La part d’acquis et de sueur dépasse sûrement 90% ! Disons que tout s’acquiert petit à petit, et que certains réflexes finissent par devenir naturels. L’un des défis de l’écrivain, aussi, c’est que la sueur ne se sente pas trop dans le texte…

2.Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman publié et maintenant ?)

J’aimerais bien pouvoir compter comme ça ! Mais je suis bien trop irrégulier pour répondre à cette question… J’ai mis cinq ans à écrire le premier roman, avec des périodes de plusieurs mois où je n’écrivais rien. Aujourd’hui j’essaie d’alterner les phases où je prends des notes le nez au vent, et des périodes de plus grandes concentration où je fais avancer le livre page après page, où je me couche et me réveille avec le livre en tête. Pour ça, j’ai besoin de partir, de m’isoler. Une fois les conditions réunies (et toute connexion internet éloignée (vade retro satanas)), je peux consacrer toute ma journée à l’écriture. (Cela dit, pour rassurer tout le monde, soyons honnêtes : une journée d’écriture, c’est aussi (surtout) beaucoup de temps passé à marcher en rond ou à jouer aux fléchettes)

3.Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

J’ai mis cinq ans à écrire Hors jeu (dans le métro, en voyage ou dans mon lit) sans être capable de le résumer succinctement quand on me demandait « alors, ça parle de quoi ? ». J’avais fini par y arriver quand il est sorti, mais maintenant je retrouve l’angoisse de répondre à cette question… Je peux tricher et mettre un lien à la place ?  😉

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4.Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Bonne question ! On peut être satisfait de certaines phrases (et heureusement), d’un passage dont on sait instinctivement qu’il fonctionne. D’autres donnent plus de mal – c’est un euphémisme. On rature, on recommence, on supprime ou soudain on trouve le petit truc pour dépasser la difficulté… Bref. Pour chaque chapitre d’un roman, je peux me souvenir des conditions dans lesquelles il a été écrit, et du mal (ou du plaisir) qu’il m’a donné. Ensuite, j’avoue que j’aime bien la phase de correction en mode fourmi. En gros : je prends mes ciseaux et je coupe tout ce qui dépasse, je ne rajoute presque jamais rien. Et puis à un moment, il faut bien le passer à l’éditeur. Le mieux est l’ennemi du bien.

5.Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

J’avais proposé un recueil de nouvelles, avant Hors jeu. Cela m’avait valu quelques retours sympathiques mais aucun éditeur n’avait dit oui. Ils avaient bien raison.

6.Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ? Des recherches ?

Vaste question ! C’est très variable. Pour Sous les couvertures, le chemin a été long (ça peut prendre du temps, de faire court). L’idéal serait de reproduire ce que j’avais fait pour B.a.-ba, mon deuxième roman : deux ans à prendre des pages de notes sans trop penser à la forme finale, puis deux mois intenses à l’écrire, dont un en résidence (merci éternel au Diable Vauvert!) où j’ai rédigé les trois-quarts du texte.

7.Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ?

Penser au point final, et avancer sans repère.

8.Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Je ne vais pas vous faire beaucoup rêver : je ne m’en souviens pas ! En revanche, je n’oublierai jamais l’après-midi de béatitude absolue qui a suivi le coup de fil de l’éditeur m’annonçant qu’il le prenait…

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9.Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Je serais un peu trop dur avec lui, mais c’est surtout parce que je n’écris plus de la même façon. Disons qu’il m’inspire surtout de la tendresse, pour ce qu’il contient de personnel – et que j’aime encore beaucoup le dernier tiers.

10.Etre écrivain, c’est…

Aucune idée. Mon petit doigt me dit que les auteurs qui ont une idée très précise de ce qu’est (pire : de ce que doit être) un écrivain ne sont pas mes préférés.

11.Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Je crains de ne pas être très original… Le premier conseil serait de lire, et de lire encore, des grands romans comme des mauvais textes, en repérant dans chacun ce qu’on aime ou non, ce qui fonctionne et )ce qui ne fonctionne pas. Le deuxième, indissociable, c’est de se relire avec le même œil critique… J’ai trouvé dans mes premiers textes des procédés que je déteste pourtant lire chez les autres, j’en rougis encore.

12. Citez trois ouvrages fondateurs

Aïe! Allez, j’y vais sans réfléchir, trois livres très différents qui m’ont donné envie d’écrire: Spartacus d’Arthur Koestler, Le chameau sauvage de Philippe Jaenada, et les Contes du chat perché de Marcel Aymé. (Et presque tout de ces auteurs, en fait)

 

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3 Réponses to “Si on parlait écriture avec Bertrand Guillot, sous les couvertures ?”

  1. Camille 18 septembre 2014 à 13:50 #

    Comme plusieurs lues sur votre blog, cette interview est passionnante. Merci, merci beaucoup de ces itw que vous nous offrez ! Quant à cet auteur, que j’ai très envie de lire grâce à vous (hâte d’aller acheter Sous les couvertures), j’adore cette réponse : « Aucune idée. Mon petit doigt me dit que les auteurs qui ont une idée très précise de ce qu’est (pire : de ce que doit être) un écrivain ne sont pas mes préférés. » Je suis bien d’accord !!

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    […] Bertrand Guillot nous embarque dans un rêve d’enfant (et de grands enfants ? ) : croire que les livres ont une vie. […]

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