Si on parlait écriture avec Hélène Risser?

12 Sep

Habituellement, c’est elle qui déshabille les invités dans ses émissions, aujourd’hui elle vient nous livrer ses ressentis d’auteur et nous parler écriture sans détours. Hélène Risser, auteur du roman Les amants spéculatifs, vient répondre à mes questions!

20110201_helene-risser

 

1.L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

Acquis évidemment. Tout d’abord, c’est la vie qui donne envie d’écrire. Certains commencent très jeunes. Moi, j’ai attendu mes 25 ans, lorsque j’ai démarré comme  journaliste de presse écrite. Mon premier manuscrit, des portraits de personnages phantasmatiques, m’a valu dix refus et un encouragement de la part d’un éditeur qui voulait que je retravaille – c’est là qu’arrive la suée !- Ne sachant comment m’y prendre, j’ai abandonné ce texte pour en commencer un autre, qui a subi le même sort, et ce n’est qu’au troisième que j’ai acquis la méthode pour reprendre, modifier, tisser les fils de l’histoire jusqu’à ce qu’un éditeur accepte de le publier.

2.Combien d’heures par jour pour l’écriture ?

Difficile à dire. J’essaye écrire chaque jour, au moins une demi-heure-une heure, mais j’ai du mal à m’y tenir. Mon métier de journaliste m’occupe beaucoup. J’ai également une famille, des amis, des envies de théâtre, de cinéma… Bref, des dizaines de raisons de remettre au lendemain. C’est pourquoi, depuis deux ans, je pars régulièrement quelques jours à la campagne pour écrire à plein temps, de façon plus concentrée.

3.Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

Le premier publié ? Après mes deux premiers échecs, j’ai eu l’idée de « pitcher » un projet à une éditrice, Karina Hocine, chez Lattès, que je connaissais de loin. Elle m’a encouragée, prodiguée quelques conseils et j’ai commencé à écrire le roman pour elle. Ca m’a beaucoup aidé.

51VsTs8QYAL__AA278_PIkin4,BottomRight,-50,22_AA300_SH20_OU08_

4.Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

J’ai  beaucoup de mal à lâcher mon texte. A chaque dernière lecture, je « découvre » des passages que j’aimerais modifier. Heureusement pour ma santé, il y a un moment où ce n’est plus possible. L’éditeur met le holà.

5.Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Aie ! Je me rends compte que j’ai déjà répondu à cette question (cf : 90% de sueur).

6.Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ? Des recherches ?

Je commence à écrire sans trop savoir où le texte va me mener. Je trouve intéressant de me laisser porter par l’ambiance, les personnages, quitte à revenir ensuite modifier le début. J’ai également besoin d’un regard extérieur. Je fais lire le premier jet à mon éditeur et à une amie. Ensuite, je retravaille, j’ajoute, je modifie, je supprime des pages entières. Puis, je fais relire encore et ça repart pour un tour, jusqu’à ce que personne n’en puisse plus

81++m1qgCOL

7.Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ?

Ecrire pour un lecteur.

8.Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

C’était il y a 5 ans et j’ai complètement oublié. J’imagine de la joie aussitôt balayée par la crainte de la sortie. En tout cas, cette sensation ressemble à celle que j’ai ressentie en découvrant le deuxième.

9.Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Je ne l’ai pas relu et ne souhaite pas le faire, même pour pouvoir répondre à cette neuvième question.

10.Etre écrivain, c’est…utiliser les mots pour procurer des émotions.

11.Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Avec deux romans parus, je suis moi-même un « auteur en herbe » – oubli volontaire du mot « petit ».

12. Citez trois ouvrages fondateurs

Des arbres à abattre de Thomas Bernhard, dont je pourrais aussi citer Extinction, Le naufragé, Dans les hauteurs ou Oui.

Je suis une inconditionnelle de Thomas Bernardt que j’ai découvert à 17 ans et que je relis régulièrement.

Plus récemment, j’ai été impressionnée par la saga de Toussaint : Faire l’amour, Fuir, La vérité sur Marie, Nue. Un univers créé à partir de quelques scènes.

Enfin, je citerai un auteur de théâtre, Jean-Luc Lagarce, notamment le Pays Lointain et Juste la fin du monde, avec leurs descriptions justes, subtiles et cruelles des relations familiales.

sans-titre

Publicités

2 Réponses to “Si on parlait écriture avec Hélène Risser?”

  1. derynnaythas 13 septembre 2014 à 11:18 #

    sympathique interview, je ne savais pas qu’elle écrivait en fait. Merci pour l’info!

Trackbacks/Pingbacks

  1. Votre valise de livres | L'insatiable - 16 juillet 2015

    […] Les amants spéculatifs d’Hélène Risser […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :