Sagan 1954 d’Anne Berest

1 Juil

La biographie est un art difficile, se contenter des faits et dresser un documentaire ennuyeux, dériver et décevoir le lecteur chercheur de vérités?

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Anne Berest s’attaque à Sagan à sa façon, en se racontant autant que son sujet, en présentant sa Sagan à elle, celle qui l’inspire en tant qu’écrivain, en tant que femme libre et déterminée. Comme son héroïne, elle nous livre son parcours d’écriture, nous dévoile des moments intimes, pour montrer que l’écrivain est un tout, avec ce livre en mouvement qui toujours le suit, ne le quitte jamais, même quand il devient l’autre, celui qui doit vivre pleinement (dans le même sens, lire L’écrivain et l’autre de Carlos Liscano).

Elle se saisit du moment de basculement, de ce jour de 1954 où Bonjour tristesse s’offre au monde. De la naissance d’une femme par ce qu’elle écrit, c’est l’écrivain qui construit l’être Sagan et non l’inverse. Une parenthèse de vie qui conditionnera la ligne future, qui fera d’elle ce mythe.

Anne Berest se livre fragile, et d’une justesse dérangeante, on se lit à travers elle, sur ce parcours pour devenir soi et sur les errements de tout écrivain reconnu ou apprenti.

Une mise en abyme admirablement menée, d’une sensibilité à fleur de peau.

Un roman frissonnant que l’on referme avec l’envie de relire Sagan et d’écrire, quel qu’en soit le prix.

 Extraits (j’aurais pu en noter des pages entières)

« J’ai passé mes vingt ans sans être débarrassée de moi. Je me portais comme une promesse fragile, comme un habit trop neuf que l’on ne veut ni user ni tacher, qu’on ne veut sortir qu’aux grandes occasions et qu’au final on ne porte jamais. » 

« Je referme le livre, dépitée par ma lecture, car si les grands livres vous donnent du courage, vous montrant que tout est possible à condition d’être libre et sincère, ils peuvent aussi vous écraser violemment contre les parois de vous même. Vous pensez que vous n’arriverez jamais à écrire le vôtre. »

« Elles partagent le goût de la littérature et cette idée : il faut considérer les grandes choses comme si elles étaient petites. Et les petites comme si elles étaient grandes. »

 

 

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2 Réponses to “Sagan 1954 d’Anne Berest”

  1. mokamilla 1 juillet 2014 à 21:30 #

    Ce livre est sur ma PAL !

  2. Laeti 2 juillet 2014 à 09:54 #

    Je la découvrirai pour ma part avec la bio écrite par son fils (repérée à la biblio).

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