Si on parlait écriture avec Déborah Lévy-Bertherat ?

25 Juin

J’avais entendu Déborah Lévy Bertherat parler de son livre lors de la 25ème heure du livre, il était présenté surtout comme un roman d’aventures, ce qui avait eu l’effet de m’en éloigner un peu (pas mon genre!), et puis j’y suis retournée et j’ai été surprise avec un plaisir non dissimulé. Une fois le roman terminé, la chronique achevée, j’ai proposé à son auteur de venir nous parler d’écriture, la voici donc!

D

 

 

1.L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

Ce n’est certainement pas inné, mais acquis comment, je ne sais pas. La lecture est certainement essentielle : lire et relire les textes qu’on aime, les apprendre par cœur comme un musicien apprend des morceaux, car il me semble qu’un texte est fait pour être « entendu », même quand on le lit en silence. Le pourcentage de sueur est inestimable : dans mon cas, la réécriture n’a pas de fin — sauf la date de remise du manuscrit !

2.Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman publié et maintenant ?)

C’est très irrégulier, car mes autres occupations m’absorbent parfois totalement pendant des mois, ce qui est frustrant. Mais le roman continue de faire son chemin dans ma tête, il mûrit. Les jours où j’ai la liberté d’écrire, je peux y passer huit à dix heures, mais tout n’est pas création, ce serait impossible : il y a la relecture, les ajouts ou suppressions… Je n’ai pas changé de rythme de travail après mon premier roman.

3.Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

Le premier… et le seul pour l’instant qui soit publié, Les Voyages de Daniel Ascher, j’ai mis très longtemps à l’écrire, abandonné, repris, et enfin terminé. Mais le tout premier, je l’ai écrit à huit ans à l’école (où nous étions très libres), sur un cahier « Fournitures scolaires, Ville de Paris », et c’était l’histoire d’une famille horriblement nombreuse. Heureusement, je l’ai perdu.

4.Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Complètement satisfait ? Je ne sais pas. Ça ne m’est encore jamais arrivé.

5.Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

J’ai eu beaucoup de chance. Mon roman, proposé une première fois à six éditeurs quelques années plus tôt, sous une forme assez différente, avait reçu des refus amicaux et encourageants. Après d’importantes révisions, il a été tout de suite choisi par Émilie Colombani, mon éditrice chez Rivages, qui créait une nouvelle collection.

9782743625849

6.Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ? Des recherches ?

Tout cela à la fois : de très nombreux jets, une (re)lecture acharnée, un projet qui se poursuit dans ma tête, même la nuit, quand je n’écris pas. Des recherches historiques (et j’ai fait relire mon roman par un spécialiste du sujet). Mais pour mon deuxième roman, qui est en cours, je ne ferai pas lire le manuscrit autour de moi comme le premier. C’est très déroutant de recevoir des conseils contradictoires !

7.Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ?

C’est d’y croire !

8.Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

C’est enivrant. Ce n’était pas mon premier livre, mais ça n’avait rien à voir avec mes publications universitaires. Ce qui est encore plus enthousiasmant, c’est de le lire traduit. La traduction anglaise m’a enchantée, et j’attends les autres (l’allemand est en cours) avec impatience.

9.Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

C’est tout récent, donc j’ai du mal à prendre du recul. Je demande la permission de répondre à cette question dans quelques années…

10.Etre écrivain, c’est…

Je ne me considère pas comme un(e) écrivain(e), et je ne sais pas si j’y arriverai un jour. Disons que ça pourrait être d’offrir aux autres un monde qu’on a inventé, en espérant qu’ils y croiront aussi et se l’approprieront.

11.Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

D’y croire. De ne pas hésiter à faire lire son texte par des gens qui vous diront la vérité, et de travailler, travailler encore, pour l’améliorer.

12.Citez trois ouvrages fondateurs.  

 

Trois seulement ? C’est difficile… Disons Enfance de Tolstoï, Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez et Beloved de Toni Morrison.

 

Merci beaucoup Déborah et hâte de suivre de nouvelles aventures sous votre plume!

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2 Réponses to “Si on parlait écriture avec Déborah Lévy-Bertherat ?”

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