La dernière séance, Chahdortt Djavann

3 Juin

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Chadhortt Djavann a fait un cadeau à ses lecteurs : offrir la suite des aventures de Donya, héroïne de Je ne suis pas celle que je suis, jeune femme iranienne en exil en Turquie puis en France. Franchir avec elle, à nouveau, la porte de son psychanalyste français, plonger dans les retors du passé, suivre le processus analytique (il est toutefois possible de découvrir ce roman sans avoir lu le précédent !).

Habilement, l’auteur parvient à nous mettre dans la position du psychanalyste suivant le déroulement de la pensée de la narratrice, silencieux, condamné à écouter sans intervenir. Discerner le vrai du construit, trouver l’émotion pure, non sur jouée, regarder l’humain en face, ne pas détourner le regard face à la violence et aux mots.

Une plongée dans la pensée, dans ces mécanismes psychiques qui peuvent rendre fous, ces questions récurrentes qui hantent les esprits, ces nécessaires mais douloureux retours vers le passé.

Une écriture sans détours, un style franc et direct.

Une nouvelle réussite à découvrir, et si vous ne connaissez pas cet auteur, elle mérite d’être lue et écoutée notamment dans son combat sur la place de la femme et ses réflexions intéressantes sur le voile.

Extraits:

« Je n’ai qu’un seul problème, mais il est de taille : la réalité. »

« Raconter sa vie, l’inventer après coup, la bâtir comme une œuvre n’a rien à voir avec la vivre. »

 

 

 

Ce que je disais de son précédent roman : Je ne suis pas celle que je suis

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« Là encore l’auteur a réussi à venir me chercher dans mes retranchements, oscillant entre deux récits de vies : l’un nous embarquant au côté d’une femme dans l’Iran des années 90 et l’autre nous ouvrant la porte d’un cabinet de psy où la thérapie de la même femme se déroule, cette fois ci dans le Paris actuel.

Un roman déroutant, la folie n’est jamais loin, si proche, si tangible. La révolte comme seul étendard.

Les violences, la répression, le sort des femmes iraniennes, la construction de soi face à un père tyrannique et dangereux, les interrogations sur l’utilité d’une thérapie : l’auteur ne nous épargne rien et traite tous ces sujets avec talent.

Le travail autour de la thérapie est intéressant tant il est vrai. Rien n’est passé sous silence, ni la difficulté de se libérer, ni ses temps morts inévitables dans la quête de sens.

Extrait : « A l’époque, elle ne se doutait pas qu’en entamant une psychanalyse elle ajouterait à l’exil géographique et linguistique l’exil de soi. Mais elle savait d’instinct une chose : La naissance ne suffit pas, il faut se créer. »

 

Son roman La muette est un bijou, court et marquant!

 

 

 

 

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3 Réponses to “La dernière séance, Chahdortt Djavann”

  1. Rouge velours 4 juin 2014 à 06:53 #

    Je ne connaissais pas cette auteure et tu me donnes envie de la lire. Ce roman semble intéressant par les sujets abordés.

  2. lorouge 11 juin 2014 à 14:17 #

    Je ne suis pas celle que je suis avait été un grand coup de coeur pour moi !! Evidemment La dernière séance est dans ma PAL… Maintenant il faut juste trouver le temps (et qu’il soit le prochain choisi ;0) pour le lire…

Trackbacks/Pingbacks

  1. Trois grandes dames | L'or rouge - 17 avril 2016

    […] avoir écouté Chahdortt Djavann (autrice que j’adore aussi, après l’excellente lecture de « Je ne suis pas celle que je suis ») – et qui depuis longtemps écrit sa révolte et qui prouve son courage à se lever contre […]

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