Si on parlait écriture avec Jennifer Murzeau?

27 Mai

(De retour sur le blog, merci d’avoir été toujours là et d’avoir pris des nouvelles… Tout va bien! Merci pour votre fidélité, elle est précieuse!)

Vous avez pu découvrir le parcours de Jennifer Murzeau, auteur du très bon roman Les grimaces, sur le blog à travers son « quand je serai grande », c’est aujourd’hui l’auteur qui répond aux questions sur l’écriture.

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Crédit photo: Diane Pol-Lajaima

1.L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

Je ne pense pas du tout que ce soit inné. Il me semble que ça vient d’abord d’un goût pour la littérature, qui s’affirme avec le temps et qui finit par se transformer en désir d’écriture. Mais quoi qu’il en soit, c’est du travail, beaucoup de travail, de la foi aussi, il faut y croire, ce qui n’est pas toujours facile, il faut s’obstiner, avancer. Rien d’inné dans tout ça !

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

Avant mon premier roman, j’écrivais de manière très épisodique, tellement épisodique que je ne sais pas si je peux vraiment dire que j’écrivais. J’avais du mal à me l’autoriser, je craignais de me décevoir, de me rendre compte que je n’étais pas capable d’écrire. Du coup je préférais vivre dans l’idée que j’écrirai un roman « un jour » que de m’y confronter. Il faut acquérir une certaine confiance en soi pour écrire pour de bon je crois, ou en tout cas il faut que ce projet devienne primordial. Il l’est devenu et j’écris désormais régulièrement. Dès que je peux. Ou bien si je n’écris pas, je pense au livre, je l’élabore. Cependant je n’écris pas tous les jours. C’est assez irrégulier mais je me suis fixé un terme à tenir pour la fin de mon deuxième roman, que je suis en train d’écrire.

3.Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

J’ai commencé l’écriture de mon premier roman après avoir fait le choix de quitter le salariat. J’ai pris la décision d’avoir le feu aux fesses pour écrire. J’ai fait un choix de vie orienté entièrement vers l’écriture, pour ne plus remettre toujours à plus tard ce projet qui était tellement important pour moi. Donc j’ai commencé à l’écrire dans une période de chômage, puis j’ai repris mon activité de journaliste, en freelance cette fois, ce qui laissait d’avantage de place au roman. Je l’ai écrit dans ma chambre, dans des cafés parfois, en vacances, sur un petit ordinateur portable (un netbook).

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4.Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Non je ne crois pas, enfin pas moi en tout cas. C’est un peu un piège d’ailleurs, parce que je voulais toujours retoucher au texte. A chaque relecture (et j’en ai fait de nombreuses) je trouvais de nouvelles « erreurs », des tournures à arranger, des réflexions à expliciter, des adjectifs à enlever, mais bon à un moment on est obligé de dire stop, c’est fini. Et c’est très bien comme ça, sinon mon premier roman n’aurait jamais vu le jour. Et puis c’est aux suivants d’être meilleur que le premier.

5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

J’ai eu beaucoup de chance. Les grimaces était le premier roman que j’écrivais.

6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

Pour mon premier roman j’ai produit un premier jet entier au bout de deux ans. J’ai mis longtemps à le produire parce que j’avais parfois du mal à croire à ce projet, symptôme bien habituel je crois quand on écrit, a fortiori un premier roman. Il y avait des moments où devant l’ampleur de la tâche, ou le fait que certains résultats n’étaient pas à la hauteur de ce que j’attendais, je laissais le manuscrit de côté parfois pendant plusieurs semaines. Du coup j’ai avancé par à-coups. C’est très différent pour le deuxième, parce que je sais désormais que c’est possible d’aller jusqu’au bout d’une histoire et que c’est ce que je veux faire : écrire des histoires jusqu’au bout ! Il y a en effet un travail de réflexion important, pendant quelques mois, puis une ébauche de trame assez grossière, pas trop arrêtée, puis la rédaction qui souvent m’emmène sur des chemins imprévus. Et oui, une fois terminé, des lecteurs : quelques (très) proches.

direct matin

Article paru dans Direct Matin

7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ? 

Le plus difficile en effet ça a été le doute, la question de la légitimité aussi, le découragement parfois parce que c’est une somme de travail considérable un roman, c’est long, c’est un travail qui s’étale dans le temps (en tout cas pour moi)… Alors comment surmonter tout ça ? Je n’ai pas vraiment de recette mais je crois que quand on a le désir décrire, qu’il a muri pendant pas mal de temps, on s’accroche, tout simplement, on noircit des pages, on fait vivre ses personnages et puis un beau jour, on arrive à la fin. La fin de l’histoire, pas du travail, parce qu’il faut ensuite tout reprendre, relire, retravailler, mais c’est plus gratifiant parce que le texte existe, il y a une petit sentiment d’accomplissement à ce moment, qui est plaisant.

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

De la joie ! C’est formidable de pouvoir tenir son travail entre les mains, bien rangé, bien relié, avec une couverture, une 4ème, des pages et tout !

9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Je ne l’ai pas relu en entier depuis qu’il a été imprimé, je n’ose pas. Je sais qu’il a pas mal d’imperfections, mais je suis heureuse de l’avoir écrit, je suis heureuse qu’il existe, je me sens chanceuse et il m’a donné une certaine force, celle dont on a besoin pour en écrire d’autres.

10. Etre écrivain, c’est…

Consigner des visions du monde.

GLAMOUR

Article paru dans Glamour

11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

D’écrire, de s’y obliger parfois (un conseil que je ferais bien d’appliquer plus scrupuleusement moi-même) de faire avancer son histoire malgré le découragement, malgré tout ce qu’on a évoqué plus haut, d’y croire, si on y croit vraiment, au bout d’un moment on obtient des choses.

Vous pouvez retrouver d’autres conseils de Jennifer chez Sophie lit!

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4 Réponses to “Si on parlait écriture avec Jennifer Murzeau?”

  1. lucie 27 mai 2013 à 23:38 #

    Merci infiniment à toi Charlotte de nous permettre de pénétrer dans « les cuisines » des auteurs. Je ne me lasse pas de lire leurs recettes !

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