L’autoroute

26 Avr

Lundi, Leiloona proposait une photo d’autoroute, il m’a fallu un temps de réaction. Voici ma participation.

Crédit photo: Romaric Cazaux

Crédit photo: Romaric Cazaux

Ca faisait 20 ans que je les regardais passé, du haut de ma petite guitoune. Mon cube gris et puant.

Au début, je m’imaginais une histoire pour chaque voiture que j’encaissais, composant à ses occupants un récit de voyage rocambolesque.

En été, je n’avais pas le temps, c’était le défilé. Tous excédés de devoir attendre si longtemps pour une simple barrière. Tantôt dégoulinants dans leur minuscule voiture surchargée, tantôt frais dans leur grosse berline climatisée.

Moi, je les regardais avec envie. Ils en avaient de la chance eux de partir en vacances, moi j’arrivais tout juste à me payer un appartement en banlieue et quelques séances de ciné, mon petit plaisir !

Ce jour-là, j’étais d’humeur rêveuse. J’avais vu la veille Into the wild, l’histoire d’un homme qui décidait de tout quitter pour partir vivre en fôret. C’est triste, ça finit mal mais je n’avais pas pu m’empêcher de l’envier. Partir sans se retourner, abandonnant tout. Même quand on n’a rien, partir est difficile !

Le trafic était calme, j’avais le temps entre deux voitures de lire mon magazine Géo sur les voyages. On s’évade comme on peut ! Et puis, maintenant les gens préfèrent mettre leurs cartes dans la machine, un sourire et un bonjour leur coutent trop ! Vive le progrès !

Une voiture blanche banale s’est approchée. Il a baissé sa vitre, m’a regardée un long moment avant de me tendre son ticket. Pas un mot jusqu’au fatal : « j’vous emmène ? ».

Une boutade. Lentement, je me suis levée, j’ai attrapé mon sac. J’ai quitté mon cube, j’ai contourné la barrière que je venais d’ouvrir. J’ai ouvert la portière passager, je suis montée.

Il me regardait, interloqué, un sourire aux coins des lèvres. Sans rien dire, il a redémarré.

Il partait en direction du Sud. Il a fallu au moins une centaine de kilomètres pour entendre :

–        Je m’appelle James.

–        Moi, Barbara.

–        Enchanté

–        Pas mieux.

J’ai tourné la tête, et on s’est souri.

Je venais de faire de ma vie un film.

La fin ?

A vous de l’imaginer (selon que vous aimiez les histoires romantiques ou les thrillers…)!

 

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3 Réponses to “L’autoroute”

  1. Sophie Hérisson 26 avril 2013 à 13:34 #

    Joli point de vue sur l’autoroute… et les rencontres!

  2. Cultivez-moi 28 avril 2013 à 12:15 #

    Bonjour ! Ton récit d’autoroute est excellent, je me suis laissée emporter ! En tant que fervente lectrice de ce blog, j’ai tagué pour le liebster award. Voici le lien, si tu souhaites y participer : http://cultivez-moi.blogspot.fr/2013/04/im-back-liebster-award.html

  3. Leiloona 9 mai 2013 à 09:25 #

    Ah ben zut, je pensais l’avoir commenté …

    En voici une qui prend sa vie en mains : j’aime cette personne ! 🙂

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