Trois romans éclectiques autour de la tranmission. Avec Anne Icart, Eliott Perlman et Gaël Brunet

24 Avr

En ce moment, le rythme de lecture se fait plus lent… Moins de coups de coeur, un peu de lassitude, à la base de tout une grosse fatigue. De jolis moment de lecture cependant qui valent la peine d’en parler! Avant de rédiger cet article, je n’avais pas fait de rapprochement entre ces trois livres, qui me paraissaient profondément différents, ils le sont par la forme mais tous les trois renvoient à la transmission, à la mémoire, à ce passé que l’on charrie.

Ce que je peux te dire d’elles, d’Anne Icart

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Un joli point de départ pour ce livre : Blanche s’apprête à aller rencontrer son premier petit fils, Gabriel et dans le train qui la ramène vers sa fille, elle ouvre ses carnets pour retracer l’histoire de sa vie et de celle de sa mère. Le lecteur est projeté dans la vie mouvementée d’Angèle, Justine et Babé : trois sœurs aux caractères bien trempées, féministes et indépendantes à une époque où rien n’était acquis. Une histoire que l’on voit défiler avec délice, démabulant dans l’atelier des soeurs, imaginant la petite fille que l’on a été. Une histoire singulière et qui pourtant saura vous parler.

Un très beau récit sur la transmission, sur notre histoire qui s’écrit malgré nous, sur les choix d’une vie et sur le courage de vivre. Un roman aussi sur le difficile métier de mère.

Un roman intime et touchant.

La mémoire est une chienne indocile d’Elliot Perlman

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Attention, vous ouvrez là un livre dense et documenté. Quel est le lien entre un vieil homme malade hospitalisé, un jeune américain sortant de prison et un professeur d’université en quête d’un second souffle ? L’humanité.

A traves le destin de ces personnages, aux vies entremêlées, l’auteur nous dresse le portrait de la Shoah et de ses horreurs, avec un ton nouveau et touchant. Là réside la force de ce roman : redonner du mystère à cette période, que cent fois l’on a lu ou vu. La découverte des camps par le jeune américain est saisissante de candeur et d’innocence, sans tomber dans l’absurde.

Le personnage du professeur à la dérive est sans doute le plus touchant, ses recherches que tout le monde lui déconseille et qui le mène à étudier les premiers témoignages sonores des survivants de l’Holocauste sont passionnantes et on le suit pas à pas, comme  si le lecteur était invité à chercher lui aussi.

Un roman intelligent sur le devoir de mémoire, sur la transmission et sur les hommes, tout simplement.

La battue de Gaël Brunet

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Dans un tout autre genre, Gael Brunet nous offre un roman intimiste sur le poids de la famille. Un jeune trentenaire parisien revient après dix ans d’absence dans le village de ses parents, accompagnée de sa pétillante compagne. Une absence comme un temps nécessaire pour oublier et pour guérir… de quoi? De la perte d’un être cher, de l’indifférence d’un père, des douleurs d’une mère.

Un roman à l’écriture simple et franche qui offre au lecteur une histoire touchante et où chacun y trouvera sa part de questionnements. Gael Brunet dresse son théâtre d’ombres, laissant au lecteur le soin de remplir les blancs et d’animer cette troupe d’êtres un peu cassés. Une jolie leçon de vie pour nous rappeler que jamais on n’oublie d’où l’on vient. Une tendresse particulière pour le personnage d’Anouk et pour le couple de voisins, des êtres humains solaires qui rendent la vie plus belles.

Lucie avait beaucoup aimé ce roman.

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3 Réponses to “Trois romans éclectiques autour de la tranmission. Avec Anne Icart, Eliott Perlman et Gaël Brunet”

  1. Laetii 25 avril 2013 à 09:56 #

    C’est un beau thème développé à travers ces lectures dont tu parles si bien! Le dernier roman me fait penser à « L’amour sans le faire » de Serge Joncour, d’après ce que tu en dis en tout cas. Je note « Ce que je peux te dire d’elles », j’aime les histoires de soeurs, de vies, de retours en arrière… Et puis, la mémoire est un sujet cher à mes yeux. Joli article encore une fois chère Charlotte 🙂 Bizz

  2. clara 25 avril 2013 à 11:46 #

    Je n’ai pas été emballée par le livre d’Anne Icart, une sensation de déjà lu, pas de surprise, non vraiment. Une trame déjà exploitée trop de fois…

  3. Jean-Basile Boutak 26 avril 2013 à 09:19 #

    A propos de transmissions, littéraire cette fois-ci, il y a une très belle nouvelle de Martin Winckler – auteur de La Maladie de Sachs entre autres – dans le recueil qui porte le nom de la nouvelle : « Le Cahier de transmissions » chez Publie.net (numérique).

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