Sang d’encre de Stéphanie Hochet: obsédant!

28 Fév

Tôt le matin, une maison plongée dans le noir, une couette encore chaude, une veilleuse, un livre : Sang d’entre de Stéphanie Hochet.

Sang

Des frissons, un début de journée étrange, une lecture en un souffle.

L’admiration de l’écriture.

Le décor est planté. On voudrait trouver les trois mots parfaits pour décrire cet ovni littéraire livré par Stéphanie Hochet. Pas de long discours avec cet auteur, le vif, le bref, l’instantané. L’essentiel.

Sauf que réduire ce texte à trois mots serait trop peu.

Et pourtant…

Hypnotique, charnel, saisissant.

Oui, mais aussi instinctif, animal, troublant.

Le sujet aurait pu me tenir éloignée de cette histoire: le narrateur obnubilé par les tatouages en dessine pour son ami Dimitri, jusqu’au jour où il décide de passer de l’autre côté et de graver sa peau avec une phrase latine « Vulnerant omnes, ultima necat ». Sauf que le pouvoir des mots, surtout incrustés sur la poitrine, est redoutable.

L’univers dressé par Stéphanie Hochet est sombre, à la limite du fantastique (le souvenir de La vénus d’Ille de Prosper Mérimée ne m’a pas quitté pendant toute la lecture, non pour le style mais pour l’atmosphère) et donc enivrant.

L’écriture est incisive, elle est telle que j’aime l’écriture, viscérale. Trois adjectifs suffisent à décrire une personne, deux pour un lieu. Pas de longues phrases, c’est dans le choix des mots que réside la force de cette histoire. C’est ce type d’écriture qui me fait avancer et qui trouve écho en moi, c’est comme ça que les choses doivent être écrites (comme dans L’homme arrêté  de Sebastien Amiel dont je parlais ici et que j’avais découvert avec bonheur l’année dernière, sombre et dur mais l’écriture est une merveille. Ce roman n’a pas eu le retentissement qu’il mérite!). On fleurte avec l’étrangeté, l’inquiétude, les méandres de l’être humain.

Et finalement peu importe l’histoire, l’écriture de Stéphanie Hochet se déguste avec délicatesse. Elle nous violente, nous empoigne et nous relâche, essoufflé.

Un livre sombre et puissant, court et intense.

Extrait (le livre entier aurait pu être cité) « Laisser une trace :la grande obsession des humains. Moi, le premier. Comment supporter l’idée que rien ne nous survit ? Comment concevoir l’éphémère sans avoir le tournis. »

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8 Réponses to “Sang d’encre de Stéphanie Hochet: obsédant!”

  1. lucie 2 mars 2013 à 17:15 #

    waou, tu me donnes sacrément envie !!!

  2. Cédric V-auteur 17 mars 2013 à 19:18 #

    Juste envie de le lire…

Trackbacks/Pingbacks

  1. La nuit pacifique | L'insatiable - 26 mars 2013

    […] qu’on ne les lit. Angoissant, obsédant. Les ressentis sont semblables à la lecture du roman de Stéphanie Hochet, sang d’encre. Deux romans dérangeants et donc […]

  2. Sang d’encre, Stéphanie Hochet | Sophielit - 2 avril 2013

    […] Charlotte aussi a été happée. […]

  3. Si on parlait écriture avec Stéphanie Hochet ? | L'insatiable - 23 avril 2013

    […] Hochet nous a offert, il y a peu, un roman corrosif et obsésant Sang d’encre, elle revient aujourd’hui sur son travail […]

  4. Le passage | L'insatiable - 9 janvier 2014

    […] les étonnants étourneaux de Fanny Salmeron, le subtil garçon incassable de Florence Seyvos, le dérangeant Sang d’encre de Stéphanie Hochet, la bienveillance silencieuse […]

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