Deux romans interrogateurs : 6h41 et La vie contrariée de Louise

13 Fév

Deux romans différents tant sur le fond que dans la forme mais qui posent tous les deux la question des choix de vie. Et si…

La vie contrariée de Louise de Corinne Royer

Coier

Les romans sur la seconde guerre mondiale n’appartiennent pas à mon registre préféré. J’en ai lu évidemment, des bouleversants, d’autres moins. Parfois, ils en font trop, me laissant alors imperméable à toute empathie.

Mais dans ce roman, l’axe choisi est une vraie réussite !

James, américain, apprend l’existence de sa grand-mère française le jour où elle décède. Seul testament : un petit carnet rouge, le fil continu de cette histoire, celui qui fera se relier l’histoire et l’Histoire. Le petit carnet, c’est Louise, la grand-mère de James qui le tenait alors que la guerre faisait rage dans ce petit village de France Chambon sur Lignon (élevé au rang de Justes depuis), où les habitants tentaient de protéger les enfants de la folie barbare de l’époque. Mais Louise est aussi une jeune femme en proie à ses désirs, une femme amoureuse de l’homme à détester.

Corinne Royer dresse le portrait d’une femme courageuse mais aucun discours visant à la béatifier ou à faire une sainte. Elle reste humaine, faillible et sensible.

Parallèlement, on suit le cheminement de James dans la découverte de cette histoire. Il ne lira pas le carnet, il écoutera Nina lui lire.

Une familiarité  avec Le liseur de Bernard Schlink est inévitable, et c’est tout à l’honneur de l’auteur qui parvient à retranscrire avec une écriture, sensuelle et poétique, une atmosphère si particulière, où le drame peut surgir à la page suivante.

 

6h41 Jean Philippe Blondel

6h

Quelque chose m’avait un peu laissée sur le côté dans le pourtant prometteur Et rester vivant (je crois que j’en attendais trop). Pour ce roman, c’est tout autre chose ! Quel délicieux voyage en train !

Prendre un train, c’est toujours quitter quelque chose, quelqu’un pour revenir à sa vie, alors lorsque le cœur serré et la tête un peu embrumée, on s’assoit à côté d’un ancien amant à l’histoire douloureuse, rien de tel pour que tout refasse surface et que ce voyage se transforme en quête intérieure.

Une rencontre, un regard croisé et les souvenirs qui remontent, modants toujours. Une femme. Un homme. Un voyage en train est toujours un instant particulier, un peu suspendu. L’incertitude de devoir replonger dans ce passé. Le trouble. La vie. Le basculement, inévitable.

6h41 ou l’heure du rendez-vous avec le destin. Cet instant où la question suprême se pose: qu’est on devenu? Qu’ai-je fait de ma vie?

L’auteur nous offre une jolie réflexion sur la construction d’un être par son passé, par ses échecs et ses douleurs avec le constat amer du « ça pourrait être mieux »(LA question obsédante). La peur du regret en filigrane et finalement la vie qui prend le dessus.

Un roman qui monte en puissance, rythmé par les arrêts et les accélérations, comme un voyage en train.

Prenant !

(Une pensée, inévitablement, pour la chanson de Grand Corps Malade, les voyages en train…)

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4 Réponses to “Deux romans interrogateurs : 6h41 et La vie contrariée de Louise”

  1. collin 13 février 2013 à 13:11 #

    J’ai aimé « La vie contrariée de Louise », histoire très, prenante

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