Une photo, quelques mots

4 Fév

Le rituel du lundi matin au réveil: écrire pour l’atelier de Leiloona. Ce matin, le texte est un peu confus, reflétant sans doute mon état d’esprit. Je voulais le partager avec vous quand même!

Crédit photo: Romaric Cazaux

Crédit photo: Romaric Cazaux

Toujours le même rituel.

Qu’importe l’heure, qu’importe le lieu.

Tous les soirs, ce verre de lait.

Toute seule.

Longtemps, je l’ai demandé : laissez-moi dix minutes, seulement dix minutes.

Aujourd’hui, plus personne à envoyer balader.

Quelques minutes.

Face à moi.

Ce verre de lait comme source d’énergie.

Pour calmer la ferveur du jour ou redonner vie à un jour gris.

Me recentrer. Savoir pourquoi j’avance.

Vous me direz : à votre âge, avancer, vous n’êtes pas sérieuse !

Y a-t-il un âge pour les rêves ?

Y a-t-il un moment où il faille se résigner ? Décider que maintenant le temps coulera sur nous, à défaut de nous faire bouillir le sang, à la recherche de sens ?

S’arrêter, c’est mourir.

Pourtant, j’ai mille raisons de me laisser partir : Emile, qui m’a abandonnée sur le bord de la route un matin de juin, sans crier gare. Louise, ma toute petite qui n’a jamais su comment prendre la vie et qui un jour a décidé que rien ne valait plus la peine.

Alors oui, j’aurais pu envoyer valser tous ces verres de lait, toutes ces petites choses qui composent ma vie. J’aurais dû arrêter de croire que demain serait meilleur, qu’un autrement, différent, était possible.

Mais les rêves sont coriaces, ils s’accrochent.

Si vous ne savez pas les écouter, ils vous tuent, vous consument pour finalement vous rendre aigris et ternes.

Au contraire, si vous leur prêtez une oreille attentive, alors ils dansent en vous, réalisant des arabesques que vous ne pouviez même pas imaginer.

J’ai perdu la foi que l’on m’avait inculquée, petite fille. J’ai douté souvent de tout, à deux doigts de laisser le fatalisme prendre corps.

Et puis, chaque soir, ce verre de lait, ce face à face avec moi-même.

Tous les jours, renouveler les promesses que l’on se fait à soi-même.

Pour se rappeler qui on est.

Ne pas oublier d’où l’on vient.

Et surtout savoir où l’on va.

 

 

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2 Réponses to “Une photo, quelques mots”

  1. lucie 4 février 2013 à 10:03 #

    splendide, tu es pétrie de lectures anti-résignation, heureuse que cette femme n’ai pas baissé les bras !!!

    • insatiablecharlotte 4 février 2013 à 10:19 #

      Merci Lucie, je trouve ce texte un peu laborieux quand même. Poour tout avouer, c’est un peu la méthode Coué!

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