Si on parlait écriture avec Jean Philippe Mégnin (sa Patiente est une merveille!)

22 Jan

Certains livres croisent votre route sans que vous sachiez pourquoi, ils vous attendaient sur les rayonnages d’un libraire. Une rencontre à part, sans préjugés, sans a priori. Juste une envie. Cette rencontre, je l’ai fait il y a peu de temps avec La patiente de Jean Philippe Mégnin, un roman coup de coeur, une découverte bonheur! A découvrir sans attendre!

Jean Philippe Mégnin a accepté de répondre à mes questions.

Merci Jean Philippe pour votre gentillesse et votre disponibilité!

1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

Je ne saurais pas répondre à la question sur l’inné et l’acquis… En revanche, ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas pour moi question de sueur au sens « travail ». J’écris pour le plaisir, comme d’autres jouent aux échecs, ou d’un instrument de musique.

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

C’est extrêmement variable. J’ai commencé à écrire en dilettante, parce que ça m’amusait, et j’ai continué. Donc je fonctionne à l’impulsion, et il ya des périodes de plusieurs semaines où je n’écris pas un mot.

3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

Il s’appelle « la voie Marion ». Au départ, c’est une petite nouvelle de quatre pages. J’ai décidé de tenter avec elle l’aventure du roman, parce qu’on me disait souvent : « Tu devrais essayer d’écrire plus long ». J’ai envoyé le manuscrit à trois éditeurs, trois semaines après j’avais un message sur mon répondeur téléphonique : « Ici les éditions le Dilettante, vous m’avez envoyé un manuscrit, il me plaît, je vais le publier. Pouvez-vous me rappeler au 01 …. »

4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Non… Pagnol terrorisait les imprimeurs, car il arrivait en courant à l’atelier à l’instant ultime où les machines allaient partir, parce qu’il avait réfléchi dans la nuit… C’est arrivé plusieurs fois pour le Temps des Secrets, par exemple. Moi, le moment où j’arrête, c’est celui où je me dis que si j’en rajoute ça va être moins bien. Mais c’est vrai qu’il y a une rupture difficile.

9782290033296

5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Très peu. En fait, j’avais commencé par envoyer un recueil de nouvelles à quelques éditeurs, pas vraiment dans l’espoir d’être publié, mais plus pour avoir un « retour » de professionnels. Cela m’a valu des encouragements très agréables, de chez Stock par exemple, et surtout du Dilettante. Ce dernier m’a à nouveau enjoint à persévérer à la lecture d’un texte plus long, et puis il y a eu la voie Marion.

6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

Le projet mûrit longtemps, oui. Après, c’est à l’impulsion, comme je l’ai écrit plus haut. Quatre, cinq mois ? Difficile à dire. Et je reste sur le premier jet. Je modifie peu. En revanche, je peux hésiter longtemps sur la musique d’une phrase, le rythme, la ponctuation…

7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ? 

Très franchement, je n’ai pas rencontré de problèmes de ce genre. Je faisais ça pour le plaisir, sans but particulier. Maintenant, c’est un peu différent : c’est toujours pour le plaisir, mais il y a l’exigence de ne pas décevoir les gens qui ont aimé les premiers…

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

C’est très émouvant. Je suis arrivé au Dilettante un matin pour les dédicaces de presse, et Claude, le Directeur commercial, me l’a tendu en me disant « voilà votre bébé ». Emouvant et… bizarre. Toute la journée, d’ailleurs, a eu un côté bizarre. Rédiger des dédicaces pour des critiques littéraires célèbres, des animateurs d’émissions de radio et de télévision…

Ensuite, il y a les vitrines des librairies, ça fait quelque chose aussi.

Un jeune auteur m’a raconté s’être assis un jour dans le métro et s’être aperçu alors que sa voisine d’en face était plongée dans la lecture de son propre premier livre, sorti quelques semaines plus tôt. Ca ne m’est jamais arrivé, mais ça doit être amusant.

patiente

9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Que je l’aime bien !

10. Etre écrivain, c’est…

J’ai entendu récemment, et à quinze jours d’intervalle, deux auteurs, Joël Dicker et Sébastien Lapaque, dire « finalement, nous, on écrit les bouquins qu’on aurait aimé lire ! » Ca me convient bien, je me retrouve bien là-dedans.

11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Celui-là, justement. Ecrivez ce que vous auriez envie de lire.

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2 Réponses to “Si on parlait écriture avec Jean Philippe Mégnin (sa Patiente est une merveille!)”

  1. lucie 22 janvier 2013 à 09:07 #

    Auteur déjà repéré à la grande librairie, cela me fait surligner son titre ce petit entretien. J’aime l’anecdote sur Pagnol mais plus encore la simplicité avec laquelle Jean Philippe Megnin semble vivre l’écriture. Cela semble si facile !

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