Quand je serai grande, je serai auteur, (heureuse et libre)!

18 Jan

C’est avec bonheur que je vous annonce le retour de la rubrique « Quand je serai grande, je serai », une rubrique qui me tient à coeur et qui offre à chaque fois une bouffée d’air frais, d’optimisme et de rêves! Définitivement, j’aime interviewer, partager et vous transmettre ses parcours!

C’est Elsa Montensi qui ouvre le bal. Une belle rencontre pour ma part! Elsa, c’est une leçon de vie à elle seule. Le courage et la ténacité comme seules armes et son rêve en ligne de mire! Elsa vient de publier son premier roman, Désordres chez l’Harmattan.

Je lui laisse la place! Merci Elsa! Longue et belle route à vous!

livre couverture

1.Une petite présentation rapide

Elsa Montensi, 41 ans, auteur. Mon premier roman, Désordres, vient d’être publié.

2.Avant vous étiez… et aujourd’hui vous êtes…

Je répondais à ce que les autres attendaient de moi. Je cherchais à m’intégrer dans la société. Aujourd’hui, je vis en retrait, à l’écart du monde, et j’écris.

3.Quel a été l’élément déclencheur ?

Une insatisfaction chronique, la perspective des 40 ans. Il était temps d’oser donner une chance à ce qui m’avait toujours fait envie, à ce qui me faisait vibrer. L’art, les mots.

4.Depuis quand murissiez-vous ce projet ? Quel a été le délai avant de le mettre à exécution ?

Tant pis pour le cliché, mais j’ai toujours voulu écrire. Je me sentais artiste, sans vraiment savoir ce que cela recouvrait. Enfant, je lisais beaucoup. Hugo, Rimbaud, Baudelaire. Comme beaucoup d’adolescents, j’ai écrit de la poésie, des textes.

À 22 ans, j’ai laissé de côté la littérature. Confrontée à un cancer, la littérature ne me semblait plus assez sérieuse, je me suis mise à lire des essais. J’ai mis toute mon énergie pour guérir, mais je me suis coupée de cette part de moi. La maladie m’a amenée à changer de vie, à choisir un métier en rapport avec l’humain, dans un lien authentique avec l’autre (je suis devenue psychothérapeute). Il m’a fallu attendre la perspective des 40 ans pour revenir à mes premiers amours. Mon aspiration la plus profonde. Me l’autoriser.

feuillet

5.Votre formation ou vos expériences précédentes sont-elles proches de votre travail actuel ? Si elles sont totalement différentes, quels sont les atouts que vous retirez de votre cursus ?

Mes formations initiales n’ont rien à voir avec la littérature. J’accompagnais des personnes pour leur permettre de mieux vivre leurs émotions, de relier leur corps et leurs émotions. Qu’il n’y ait plus de coupure entre la pensée et le ressenti. Les mots avaient déjà beaucoup d’importance pour permettre à l’autre de se dire, de dire l’indicible.

Mon écriture baigne littéralement dans l’univers des émotions. Les lecteurs me disent souvent que l’émotion est palpable dans mon écriture.

Ce que ressent, pense une personne, voilà ce qui m’importe avant tout. Rencontrer l’autre tel qu’il est et non pas dans ce qu’il donne à voir. J’aime comprendre une personne plutôt que de lui coller une étiquette. Je cherche avant tout à révéler ce que l’on ne voit pas d’ordinaire, ce que l’on dissimule. Je me fiche des masques, des images. Je me fiche de la carte d’identité, du curriculum vitae d’une personne, ce qui compte c’est qui elle est derrière le masque social. Ce qui fait qu’au-delà de nos différences apparentes, nous sommes semblables.

L’écriture n’est pas seulement une discipline solitaire. C’est aussi communiquer, tisser un lien avec l’autre, construire des ponts. Plus j’écris et plus je me sens présente au monde.

6.Qu’est ce qui compte le plus : le culot, l’expérience ou les études ?

Le culot se rapproche de l’audace : prendre le risque de suivre ce que l’on sent à l’intérieur de soi, même si cela paraît complètement déraisonnable. Si je n’avais pas suivi cet élan, je n’aurais jamais tout quitté pour écrire.

Le culot d’avoir contacté des écrivains. Charles Juliet, par exemple, m’a incitée à écrire un texte personnel quand je voulais écrire uniquement de la fiction.

Mon expérience de vie a été déterminante.

Si je n’avais pas été confrontée à la maladie, je n’aurais pas développé cette force à l’intérieur de moi.

7.La qualité essentielle pour la réussite du projet

Suivre son ressenti, lui faire confiance, ce qui n’empêche pas les moments de doute. Sentir son projet dans ses tripes.

carnet

8.La question indispensable qu’il faut se poser (et à laquelle il faut avoir répondu pour se lancer dans cette aventure ?)

Est-ce que je pourrais vivre sans tenter cette aventure ? Pour moi, la réponse est non ! Je ne peux pas vivre sans écrire.

9.Si vous deviez regretter une chose

D’avoir mis aussi longtemps avant de prendre au sérieux mon désir le plus profond, avant de lui avoir donné une chance.

10.Vous sentez vous aujourd’hui pleinement épanoui(e) et à votre place ?

Je me sens à ma place quand j’écris. Une journée d’écriture est une journée réussie même s’il n’en ressort qu’un premier jet que j’abandonnerai par la suite. J’aime ces mots de Freud : « le bonheur est un rêve d’enfant réalisé dans l’âge adulte ».

11.    Si un seul conseil devait être donné, ce serait…

Suivre son instinct, écouter ce que l’on sent à l’intérieur de soi. Ne pas écouter les voix extérieures qui cherchent à vous faire rentrer dans le moule !

12.Le mot de la fin…

Nous avons tous droit à notre part de rêve ! Osons rêver, désirer !

13. La question qui tue…financièrement, comment assume-t-on une telle transition ?

En anticipant. En ayant fait les réserves suffisantes pour une ou plusieurs années sabbatiques. En acceptant de vivre avec peu, loin de la société de consommation. En ramenant sa vie à son plus strict essentiel. Pas toujours facile. Pourtant s’offrir ce luxe n’a pas de prix.

livre

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7 Réponses to “Quand je serai grande, je serai auteur, (heureuse et libre)!”

  1. Le Monde de Mirontaine 18 janvier 2013 à 08:31 #

    Merci pour cette jolie interview, elle me permet d’apprendre à connaître l’auteur et cette phrase qui m’interpelle terriblement « Si je n’avais pas été confrontée à la maladie, je n’aurais pas développé cette force à l’intérieur de moi  » me donne l’envie de partir à la rencontre de ses textes.
    Merci Charlotte.

  2. Petite Fleur 18 janvier 2013 à 21:33 #

    Quel plaisir que tu reprennes cette rubrique!
    Et quelle belle découverte. Ses réponses me donnent envie de découvrir son premier roman.

  3. lucie 20 janvier 2013 à 20:31 #

    se sentir à sa place, essentiel. Merci Charlotte, merci Elsa de vous être livrée…

  4. Elsa Montensi 20 janvier 2013 à 21:28 #

    Merci à toutes les quatre pour votre manière d’accueillir mes mots.

  5. adele 21 janvier 2013 à 15:32 #

    cette interview est très touchante! merci.
    « Le bonheur est un rêve d’enfant réalisé dans l’âge adulte » ça me parle…

  6. Karine 15 février 2013 à 20:08 #

    « L’écriture est la peinture de la voix » écrivit Voltaire… Si votre livre était un tableau, il serait une de ces toiles devant laquelle on pourrait rester des heures à contempler la profondeur et les perspectives ; votre écriture est à la fois si subtile, éloquente et pleine de finesse d’esprit. Merci d’exister Elsa.

Trackbacks/Pingbacks

  1. Désordres d’Elsa Montensi | L'insatiable - 22 février 2013

    […] Montensi, je l’ai découverte à l’occasion de la rubrique Quand je serai grande. Son parcours sans concessions, sa sensibilité, son rapport à l’écriture : autant de traits […]

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