Deux touchants portraits de mère par Carole Zalberg et Marie Lebey.

16 Jan

Ecrire un récit sur la figure de la mère est paraît il chose la plus difficile qu’il soit.

C’est sans doute pour cela que les récits autour de la mère sont le plus souvent troublants. Delphine de Vigan et sa tendre morsure, Rien ne s’oppose à la nuit, avaient magnifiquement illustré ce défi.

Deux romans,en librairie aujourd’hui, nous dressent deux portraits de mère- fille, que la vie n’épargne pas.

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Carole Zalberg nous offre un texte court où pourtant tout est dit, dans la collection D’une seule voix, chez Actes Sud Junior. Un roman à destination des adolescents mais que tout adulte peut lire et qui retrouvera inévitablement des sensations qu’il croyait perdues.

En un souffle, Carole Zalberg nous dresse le portrait de Fleur, une jeune femme devant porter le poids trop lourd d’une mère malade et absente qui trouve heureusement refuge dans l’amitié de Louna, elle aussi en proie à des relations difficiles avec son père. Un récit court mais qui laisse le temps au lecteur de pénétrer dans l’intimité de ces personnages, de les imaginer s’incarner.

Une réussite !

Après cette lecture et celle du roman de Sophie Adriansen (J’ai passé l’âge de la colo), je me dis qu’il faudrait que je replonge dans la littérature pour « ados » (j’ai du mal avec ces concepts, je suis fan des albums que l’on estime destinés aux enfants…)!

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Marie Lebey , quant à elle, signe un roman touchant chez Léo Scheer : Mouche’.

L’auteur nous présente sa mère, un drôle de bout de femme, qui voit la beauté partout, pour qui l’art est le summun mais qui oublie parfois de poser ses yeux sur sa fille. Une mère loufoque de prime abord, que l’on découvre en souffrance perpétuelle suite à des drames de la vie. Comment une jeune fille parvient elle à se construire quand le seul être qui lui reste- sa mère- la délaisse? C’est un peu ce à quoi répond Marie Lebey dans ce roman, qui ne tourne jamais au règlement de comptes. L’amour est partout dans ce roman. L’auteur livre un portrait à la fois drôle et acide, toujours émouvant et sur le fil.

Une très jolie découverte.

Extraits: «  A table, mon grand frère se lançait toujours dans des conversations littéraires exaltées avec ma mère, sur Céline ou Sartre, comme s’il s’agissait d’un voisin de palier trop bruyant. Assise à l’écart, je ne me sentais en sécurité que dans mes rêves. »

 « Toutes les illusions parfumées qu’elle avait semées dans la petite fille que j’étais m’avaient expatriée de la réalité. La vie de tous les jours était un quartier malfamé où je refusais de mettre les pieds ; et lorsque j’étais obligée de la traverser, j’étais prise d’une mélancolie dévastatrice, comme si le temps qui passait ne s’écoulait pas à la même vitesse pour moi et pour les autres. » 

Merci à Carole Zalberg, Actes Sud junior, Marie Lebey et Gilles Paris pour leur confiance.

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Une Réponse to “Deux touchants portraits de mère par Carole Zalberg et Marie Lebey.”

  1. christine 16 janvier 2013 à 07:59 #

    Je prends un énorme plaisir à lire la littérature pour adolescent et c’est agréable d’en parler avec eux ensuite.

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