Si on parlait écriture avec Sigolène Vinson ?

4 Déc

Le 30 août dernier, vous dormiez peut être bien au chaud sous un palmier ou vous étiez en train de préparer votre cartable pour la rentrée, vous avez donc peut être manqué mon Electrochoc, celui dans lequel je vous parlais du roman de Sigolène Vinson, j’ai déserté le pays de l’enfance. Maintenant, plus d’excuses, séance de rattrapage nécessaire!

Sigolène a un parcours qui me touche profondément et une humanité à fleur de peau.

Elle a accepté de répondre à mes questions et la voici sur le blog aujourd’hui! 

Merci Sigolène et vivement le prochain livre!

vinson

1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

Nous apprenons à lire et à écrire. Je suppose donc que c’est acquis. Pour ma part, il me semble que c’est du travail. Beaucoup, puisque mon éditeur me demande sans cesse de reprendre mes textes. Mais sûrement existe-t-il une différence entre écrire et faire un livre. Quant au talent, il existe. Je l’ai croisé parfois.

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

C’est assez aléatoire. Au minimum, 4 heures. Au maximum 8. 4 heures avant mon premier roman. 8 maintenant

3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

Mon premier roman, c’est « J’ai déserté le pays de l’enfance ». Mais avant ça, j’avais co-écrit deux romans aux éditions du Masque avec Philippe Kleinmann. « J’ai déserté le pays de l’enfance » est du genre autofiction et est sorti au mois d’août 2011. J’avais d’abord proposé à Denis Bouchain qui est mon éditeur actuel chez Plon des textes romanesques, dont « le Fort de Sagallo », une tentative d’implantation russe à la Corne de l’Afrique en 1889. Il avait aimé le style et l’avait fait circuler dans la maison d’édition. Mais pour un premier roman, ça ne faisait pas l’affaire, trop éloigné des préoccupations du moment.  Je lui ai donc soumis « J’ai déserté le pays de l’enfance » qui s’appelait alors : « L’autre Tadjoura ». C’était une autofiction et ni lui ni moi n’avions de goût pour ce genre. Mais il y avait l’Afrique dedans, alors…

4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment?

On est assez vite satisfait de ce qu’on écrit et c’est le travail de l’éditeur de nous dire que nous avons encore des mois et mois d’écriture devant nous. A la relecture, on finit toujours par comprendre qu’il est dans le vrai, qu’un livre ça ne s’écrit pas en deux mois. Enfin, quand on n’est pas Balzac.

desert

5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

J’ai du proposer deux textes avant d’être contactée par une maison d’édition qui n’est pas la mienne aujourd’hui. Un éditeur qui y a cru sans jamais me publier, me faisant travailler mon écriture. C’est d’ailleurs lui qui m’a poussé à écrire « J’ai déserté le pays de l’enfant ». Je le croise parfois sur les salons du livre. Je lui soumets encore mes manuscrits pour avis. Quand il a le temps, il les lit.

6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

Mon premier jet est écrit en deux-trois mois, issu d’un projet mûri, apporté parfois sur un plateau par mon père. Je m’inspire beaucoup de l’Afrique et de la littérature marine et toujours aussi de la politique. Après je le soumets à deux amis, dont un est écrivain. Très vite, je le passe à mon éditeur pour une première critique sur l’histoire racontée et la façon dont elle est racontée. Après ça, il y a un an d’approfondissement du propos et d’effacement du style. Mon éditeur a déjà lu à plusieurs reprises mon nouveau texte et l’a corrigé autant de fois. C’est dire comme je suis laborieuse.

7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ?

Je ne  sais pas comment répondre à cette question parce que mon premier roman n’est pas celui que j’ai écrit en premier, ce n’est pas celui sur lequel j’attendais un retour. Mes espoirs étaient entièrement fixés sur « Le Fort de Sagallo ». Je savais à quoi servait ce texte, à raconter une histoire. Tandis que « J’ai déserté le pays de l’enfance » n’avait de sens que pour moi. Mais curieusement c’est lui qui a trouvé écho.

Sigolène devant la maison d'Arthur Rimbaud à Obock

Sigolène devant la maison d’Arthur Rimbaud à Obock

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Je me suis sentie un peu gauche, je ne savais pas trop comment le tenir. Et puis, il y avait ma photo en couverture. Je ne m’y suis pas vraiment reconnue. Enfin, c’était bien. Autour de moi, il y avait les visages souriants des gens de Plon, du directeur commercial à mon éditeur, tous bienveillants et tendres avec moi. Oui, c’était bien.

9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Qu’il ne m’a pas trop trahie.

10. Etre écrivain, c’est…

Ecrire. Je ne vois que ça.

11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

D’écrire. Mais je me répète, non ?

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Retrouvez désormais la plume de Sigolène dans Charlie Hebdo!

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2 Réponses to “Si on parlait écriture avec Sigolène Vinson ?”

  1. adele 4 décembre 2012 à 09:23 #

    Je ne me lasse pas de lire les interviews de ces personnes bourrées de talent! C’est passionnant!

    • insatiablecharlotte 5 décembre 2012 à 18:48 #

      Merci Adèle! Tu ne peux pas imaginer comme ton message me fait plaisir car pour ma part j’aime toujours autant les lire mais j’ai parfois peur de lasser mes lecteurs… mais visiblement non, chouette!

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