Si on parlait écriture avec Sonia David?

13 Nov
A New York, le roman Les petits succès sont un désastre m’a fait du bien. Heureuse de découvrir New York la journée et tout aussi contente de me reposer en compagnie de la bande d’amis imaginée par Sonia David. Un roman attachant et tendre. Un délice. 
Sonia David est comme son roman: attachante et pleine d’ humanité. Je suis donc très heureuse de la retrouver sur le blog aujourd’hui. 
1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?
Il y a le besoin (ou le goût ou l’évidence) d’écrire qui remonte à loin, à la petite enfance, me concernant. Et puis il y a l’écriture elle-même qui est 100% de travail, 100% d’acharnement, 100% de concentration. Comme dit si justement Jean Echenoz, «je ne crois pas du tout à l’inspiration, plutôt à l’obstination».
2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)
Mon idéal serait 5 ou 6 heures. En vérité, j’ai du mal au-delà de trois heures. Mais je crois que les heures de contemplation (ou de paresse, ce qui revient parfois au même) comptent elles aussi. Et là-dessus, je suis experte!!!!
3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?
J’avais huit ans, je vivais encore chez mes parents, j’ai raconté sur 7 pages l’histoire folle d’une fille de huit ans qui fuguait. Mes parents ont trouvé ça génial.
4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?
Satisfait, je ne sais pas. Ce n’est pas trop mon truc, la satisfaction! En revanche, je crois qu’il arrive un moment où l’on sait qu’il faut arrêter de tripatouiller, que l’on commencerait à détruire au lieu de continuer à construire.
5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?
Je sais que ça a l’air extrêmement prétentieux, mais j’ai proposé mon manuscrit à deux maisons d’édition, et les deux l’ont accepté. Il a fallu choisir. Avant cela, un roman et des tas de débuts de romans entassés dans mes tiroirs et jamais envoyés.
6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?
Je manque d’expérience pour défendre une méthode ! Disons que s’agissant des petits succès, lorsque j’ai commencé, je ne connaissais que le début de mon histoire, c’est le travail d’écriture lui-même qui a dicté la suite. J’ai lu énormément, je lis toujours énormément, notamment des romans anglo-saxons. je n’ai montré mon texte à personne et je n’en ai parlé à personne. Ca m’a pris un an et demi avec des interruptions régulières (il faut bien gagner sa vie). Mes indispensables carburants : des bonbons, mon doudou (un mouchoir) et jusqu’à récemment des cigarettes. Et jamais jamais d’écriture le soir. Ca me donne un terrible cafard.

Retrouvez les chroniques montmartroises de Sonia tous les mois sur Culture Chronique

7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ?
Même ce qui semble le plus difficile est toujours tellement plus facile que par exemple travailler en usine ou faire des ménages… Ne serait-ce que parce qu’on le choisit !!! Maintenant, je crois que le plus difficile peut aussi être considéré comme le plus facile: on n’a pas d’éditeur, c’est-à-dire pas de soutien, mais du coup pas de pression non plus. Personne ne vous attend, ce qui est à la fois reposant et facteur de doutes encore plus grands. Mais le questionnement, les angoisses, les remises en cause étaient là bien avant le roman, et le seront encore bien après. Ce sont de bons carburants.
8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?
Euh…. On se dit «et voilà, maintenant il risque d’être lu, et de ne pas plaire, et de décevoir, et… » Bref, il faut surtout passer directement au suivant.
9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?
Que c’est une très longue brève de comptoir…!

Cela pourrait être le décor du film adapté du roman de Sonia (selon moi, un livre qui serait un petit délice en film. Les personnages sont tellement visuels, le décor, les sensations… Je pense que j’aurais toujours une préférence pour le livre mais si vous êtes réalisateur et que vous aimez filmer Paris et ses occupants, allez y!!)

10. Etre écrivain, c’est…
Forcément vivre une vie que l’on a choisi. Remettre toutes ses certitudes en jeu à chaque projet. Préférer la solitude. Lire.
11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…
Travailler, inlassablement. Lire, inlassablement.
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