Si on parlait écriture avec Myriam Thibault?

16 Oct

Aujourd’hui, je laisse la parole à Myriam Thibault qui publie en cette rentrée, Plagiat! Un roman court et piquant qui vous fera rencontrer la route d’un écrivain, pas très aimable, egocentré et en panne d’inspiration prêt à tout pour son nouveau roman. Une ressemblance avec une histoire existante mêlant un journaliste connu ne me semble pas fortuite! Un style épuré et maîtrisé. 

Merci Myriam d’avoir joué le jeu de cette interview!!

1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

L’écriture, je ne crois pas que ça puisse être inné. Cependant, il y a plusieurs manières de se mettre à écrire. Pour ma part, c’est ma grande soif de lecture depuis que je suis toute petite qui m’a donné l’envie d’écrire. Je pense qu’à force de lire — de tout, des romans, des essais, de la poésie, des classiques, des auteurs contemporains — on emmagasine un grand nombre de tournures, c’est aussi très utile pour l’orthographe, et on observe et enregistre sans le vouloir les styles qui nous plaisent. Au cours d’une œuvre, quelque soit l’auteur, il y a toujours une évolution. La sueur et le travail mènent au progrès et à l’amélioration du style.

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

Que ce soit avant ou après mon premier roman, j’ai toujours privilégié mes études. Je me mets donc à écrire dans les moments où je sens que l’inspiration est présente, et quand j’ai terminé dissertations, commentaires etc. Je n’ai donc pas un nombre d’heures établi par jour… J’écris au fil de mes envies et du temps que je peux y passer, sans que ça nuise à mes études.

3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

Mon premier roman n’était pas un roman, mais un recueil de nouvelles : Paris, je t’aime. C’est un ensemble d’une dizaine de nouvelles qui tournent toutes autour du thème de Paris, et mon amour pour cette ville. Et le décor est évidemment très présent, il est comme un personnage à part entière.

C’était en 2009, je me suis mise à écrire, je ne voulais pas que ça reste dans mes tiroirs, alors j’ai cherché un éditeur. J’ai envoyé un mail à Léo Scheer pour savoir s’il publiait des nouvelles. Il m’a dit oui, il m’a demandé de lui envoyer mes nouvelles, il les as lues et il les a acceptées.

4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Peut-on être vraiment satisfait de son manuscrit ? Je ne sais pas. Il y aura toujours des petites choses à modifier. Cependant, on essaye le plus possible d’écrire au plus proche de ce qui nous plait. Je n’ai aucune frustration quant à mes trois livres, j’en suis très heureuse. Mais il y a évidemment toujours des petits détails que l’on pourrait changer…

5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Aucun refus, aucun texte proposé. Première nouvelles proposées à un premier éditeur Léo Scheer, et premier à avoir accepté ! J’avais fait une sorte de tri des éditeurs : ceux qui publiaient des nouvelles et les autres. Quand j’ai demandé à Léo Scheer, il m’a dit oui, et c’est le premier à m’avoir demandé de lire. Puis, il a accepté… Je n’ai donc pas chercher à aller voir ailleurs !

6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

En général, j’écris mes romans en un peu moins d’un an. J’écris sans me relire, d’un seul jet. Je ne relis qu’à la fin, lorsque j’ai terminé mon roman. Pendant l’écriture, je le fais lire à un ami uniquement, mais qui est objectif. Et lorsque j’ai terminé, avant les corrections, je le fais lire à mes parents.

Quant à la dernière question, effectivement, j’ai tendance à beaucoup y réfléchir avant. Je trouve une scène de départ, et j’écris la suite à partir de cette première image. Souvent les idées viennent après, ou se transforment.

7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ? 

Lors de l’écriture de mon recueil de nouvelles, je ne me posais pas trop de questions. Mais je voulais qu’il soit publié. Je m’étais lancé un défi : avoir publié avant mes 18 ans, ou au moins avoir fait la démarche d’envoyer mon texte à des éditeurs. Je n’avais ni doute, ni angoisse. Je n’étais pas pressée, mais j’avais ce petit défi en moi…

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

Au départ, on ne réalise pas bien. Puis, quand on voit son livre sur les tables des librairies que l’on fréquente régulièrement, c’est un grand plaisir, tout simplement.

9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Je relis parfois des passages de mes premières nouvelles, et je me rends compte que j’ai évolué ! Mais je suis contente de relire ces passages de temps en temps, il me rappelle de bons moments d’écriture. Je me dis qu’à cette période je ne savais pas encore que je serais publiée.

10. Etre écrivain, c’est…

Aimer écrire, quand on veut. Aimer lire, s’inspirer des auteurs qu’on aime. Et surtout lire, lire, lire…

11.Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

De ne pas se prendre la tête… ils ont le temps ! S’ils le veulent vraiment, s’ils persévèrent et travaillent, ils y arriveront.

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4 Réponses to “Si on parlait écriture avec Myriam Thibault?”

  1. christine 16 octobre 2012 à 08:25 #

    Je pense que sa phrase être écrivain c’est lire, lire lire est tellement vrai.
    Je note Plagiat dans ma liste, j’ai envie de la découvrir.

    • insatiablecharlotte 16 octobre 2012 à 14:43 #

      C’est une constante je trouve dans cette interview le fait qu’un écrivain est avant tout un grand lecteur… L’un ne va pas sans l’autre!

  2. lucie38 21 octobre 2012 à 11:18 #

    elle était à Besançon, mais je ne pouvais pas tout acheter j’avais déjà 4kgs de livres…

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  1. Escale en quatre temps: une bande, une cause, une envie et un vendredi #5 « L'insatiable - 26 octobre 2012

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