Si on parlait écriture avec Sophie Adriansen?

2 Oct

Vous connaissez forcément Sophie… Oui oui Sophie du blog Sophielit! Et bien, Sophie n’écrit pas que pour son blog, elle prend la plume pour vous raconter des histoires… Pour en savoir plus, allez faire un tour sur son site: Sophie Adriansen!

Je vous laisse découvrir Sophie l’écrivain!

1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

Inné ou acquis… Les deux, mon général ! Chacun a sa propre musique intérieure, cependant l’écriture se travaille, le style évolue, les techniques narratives s’apprennent. En termes de pourcentage, c’est sûrement davantage 90% de sueur et 10% de talent ! Les 10% représentent le premier jet, et ensuite, entre les relectures, les coupes, les réécritures, les corrections, etc., on atteint les 90% restant ! Ecrire, c’est avant tout du travail. Une idée de génie ne suffit pas (même si c’est important aussi). Et paradoxalement, plus on écrit, plus les mots viennent facilement mais plus on éprouve le besoin de retravailler ses textes.

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

Impossible de le savoir précisément, car les jours se suivent et ne se ressemblent pas… Le temps d’écriture dépend de ce que j’ai à « dire », cela peut me prendre six heures d’affilée un jour et n’être qu’un seul mot, mais un mot parfait, idéal, le lendemain… Ce que la publication a changé se traduit davantage en termes de confiance : être édité a un effet « dopant » sur la motivation, cela repousse un peu plus loin le découragement qui guette et se tient prêt à s’engouffrer dans la moindre brèche…

3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

Mon premier livre s’appelle « Je vous emmène au bout de la ligne », il est paru en novembre 2010 chez Max Milo et (comme l’indique son sous-titre) il s’agit des tribulations et secrets d’un conducteur de métro. C’est moi qui en ai proposé l’idée à Rodolphe Macia, avec qui j’ai co-signé l’ouvrage. Pour recueillir ce témoignage, il a fallu du temps, du recul et l’abandon de quelques a priori afin de parvenir à mêler mon regard d’usagère du métro à celui d’un homme qui en a fait son métier. Et si le résultat me semblait conforme à ce que j’imaginais, l’accueil du livre par les lecteurs et la presse a dépassé toutes mes espérances !

4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Il faut savoir figer le texte. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire ! Donner le BAT sur les épreuves est… une épreuve ! J’ai toujours envie de changer un mot, de revoir la formulation d’une phrase… Et même aujourd’hui, lors de lectures publiques d’extraits de « Je vous emmène au bout de la ligne », je suis tentée de modifier encore des détails. Alors non, pour ma part, je ne suis jamais vraiment satisfaite !

5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

J’ai proposé à des éditeurs les manuscrits de deux romans avant la publication de « Je vous emmène au bout de la ligne » – qui a été accepté d’emblée. Avec le recul, je sais qu’il était utopique de penser que mes manuscrits précédents pouvaient être édités. Néanmoins, je crois que rien n’est inutile dans l’écriture. Que tout ce qui est écrit sert ce qui sera écrit postérieurement. Et qu’il faut accepter les refus : les éditeurs savent mieux que quiconque déceler le potentiel d’un texte, et ils ne se risquent pas à en laisser passer un bon, que l’auteur soit une célébrité ou un illustre inconnu.

6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

Le premier jet vient toujours vite dans la mesure où je ne me mets à l’écriture proprement dite qu’à partir du moment où les choses sont non seulement très claires dans ma tête mais en plus « débordent ». C’est le moment que je préfère, quand les doigts sur le clavier s’activent presque tous seuls, sans que j’aie l’impression de décider de quoi que ce soit.

Le « travail » vient après, quand cette étape-là est terminée : relectures, corrections, etc. Ensuite, je fais lire le plus souvent le texte à quelques lecteurs pas nécessairement très proches de moi, choisis en fonction du sujet (affinités, ou au contraire rejet a priori du sujet). Et, en dernier lieu, je fais d’ultimes modifications/retouches tenant compte – ou non ! – de leur avis.

7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ? 

Tu viens de pointer très justement la principale difficulté. Il n’y a hélas aucune recette miracle (à ma connaissance !) pour la surmonter. Je crois que c’est une affaire de volonté, de tripes. Si ce que l’on a à dire, à raconter, doit sortir, alors cela sortira. Il ne faut pas non plus se tromper d’objectif entre écrire et être édité. Rien ni personne n’empêchera jamais quiconque d’écrire et de connaître la joie que cela procure quand l’écriture procède d’un désir profond, intime. Quant à savoir à quoi cela sert… il y a des réponses personnelles (je pense par exemple à l’écriture cathartique), le reste – l’utilité de l’art en général –  est un vaste sujet de débats philosophiques !

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

C’est assez surréaliste. Pour me prouver que c’était bien la réalité, je suis allée le jour de la sortie dans une très grande librairie. C’était comme si les exemplaires d’auteur que j’avais reçus ne me suffisaient pas pour y croire. De voir le livre en situation m’a aidé à admettre que oui, c’était la réalité. Mais ce n’est pas une joie à laquelle je me suis habituée ! J’ai la même jubilation chaque fois que j’arrive, par exemple, sur le stand d’un salon où une pile de mes livres m’attend sagement…

9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Je n’ai pas non plus quinze ans de recul, cependant je suis lucide, je sais qu’il n’est pas très littéraire, pas très « écrit ». C’était volontaire, cela se prête à son sujet et à son propos. Si je devais l’écrire aujourd’hui, je le ferais forcément différemment, mais finalement ce serait peut-être moins bien… J’accepte donc qu’il soit tel qu’il est !

10. Etre écrivain, c’est…

Une envie, puis un choix de vie, et un risque. Il n’y a rien d’acquis, et dans ce domaine tout ne dépend pas de la seule détermination. Sans compter que l’écriture est parfois (souvent) incompatible avec la vie sociale… Mais c’est aussi, et surtout, un bonheur !

11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Je ne sais pas dans quelle mesure je suis légitime pour donner des conseils à quiconque, mais enfin je crois que rien n’est plus important que d’écouter ce que l’on a en soi – plutôt que ce qui se dit autour. Et puis, il n’est pas interdit de s’autoriser à rêver… Car tout est possible !

Merci Sophie… pour tes réponses, pour ton blog, d’être toi…Longue vie à tes écrits!

 

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2 Réponses to “Si on parlait écriture avec Sophie Adriansen?”

  1. George 2 octobre 2012 à 11:32 #

    Des questions et des réponses très intéressantes, qui motivent et qu’il faudrait relire à chaque baisse de motivation ou en période de doute !

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  1. Escale en quatre temps: une bande, une cause, une envie et un vendredi #5 « L'insatiable - 26 octobre 2012

    […] argumentés et pointus. Des rédacteurs de renom tels que Myriam Thibault, Laurence Biava ou encore Sophie Adriansen! Un site de […]

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