Quand je serai grande, je serai écrivain… par Valentine Goby!

6 Sep

Nous revoilà en compagnie de Valentine Goby après son interview de mardi… Elle a accepté de nous raconter son parcours, son « quand je serai grande » à elle… pour devenir un écrivain reconnu!

Merci encore Valentine!

Crédit photo: David Ignaszewski

1.      Une petite présentation rapide

Ecrivain, écrivain, écrivain.

Je ne savais pas, en fait. Ecrivain, ça n’existait pas. Il y avait les livres, c’est tout, et puis les morts qui avaient écrit. Je serais détective comme dans le Club des cinq. Je serais infirmière bien sûr. Comédienne. Et puis plus rien. J’ai beaucoup cherché, beaucoup appris. Toujours écrit, insatiable. Après Sciences-Po j’ai pensé au journalisme mais je suis devenue éducatrice d’enfants des rues en Asie pendant 4 ans. J’ai écrit. J’ai fait de la com’ en France. J’ai publié mon premier roman, je suis devenue prof pendant 8 ans, j’ai adoré. Je suis devenue écrivain – passeuse de textes -conférencières adulte / jeunesse à plein temps. Je suis artiste et j’adore ça.

2.      Avant vous étiez… et aujourd’hui vous êtes…

Avant : en devenir.

Maintenant : en devenir, mais c’est plus clair !

3.      Quel a été l’élément déclencheur ?

Aucune idée. J’ai écrit des poèmes dans ma tête dès l’âge de trois ans, me promenant dans le jardin quand mes parents dormaient encore. Ecrire, respirer.

4.      Depuis quand murissiez-vous ce projet ? Quel a été le délai avant de le mettre à exécution ?

Pas de projet ! Une impulsion, un pari à 26 ans : chiche que j’envoie « La note sensible » à Gallimard ! L’écriture n’était pas un projet. C’était ma vie quotidienne.

J’ai la reproduction de ce tableau en carte sur mon bureau… C’est un signe… Je ne sais pas lequel cependant…

5.      Votre formation ou vos expériences précédentes sont-elles proches de votre travail actuel ? Si elles sont totalement différentes, quels sont les atouts que vous retirez de votre cursus ?

Oh, comme j’ai appris, de mes professeurs de collège et lycée, de ceux de Sciences-Po qui m’ont décillé les yeux, des enfants des rues en Asie par qui j’ai pris conscience de ma singularité. Appris de mes professeurs, de théâtre, de musique, et de sport, pratiqué à outrance et outil de connaissance du corps, de mes amours, qui ont révélé en moi la part la plus secrète et la plus vraie, celle de la jouissance. J’ai appris de mon père trop absent, de ma mère fusionnelle, de mes frères fidèles, de ma fille. De mes années de voyages. Toute la vie a été infusée en moi pour que ça fermente, que ça fasse des romans.

6.      Qu’est ce qui compte le plus : le culot, l’expérience ou les études ?

Il manque : le désir. Vient ensuite le talent, mais chez les écrivains ça n’a aucun lien avec les études. L’expérience et le culot jouent peut-être, mais économiquement. Sur le plan créatif, c’est moins vrai.

7.      La qualité essentielle pour la réussite du projet

Le désir. Relire Rilke. Si tu crois ne pas mourir d’arrêter d’écrire, alors abstiens-toi.

8.      La question indispensable qu’il faut se poser (et à laquelle il faut avoir répondu pour se lancer dans cette aventure ?)

Est-ce une question de vie ou de mort ?

9.      Si vous deviez regretter une chose

Rien. Pour de vrai.

10.    Vous sentez vous aujourd’hui pleinement épanoui(e) et à votre place ?

Ca en prend nettement le chemin.

11.    Si un seul conseil devait être donné, ce serait…

Il n’y a pas de conseil. Il y a seulement des croyances, ou pour être plus précise, l’idée que sans foi, rien n’est possible.

12.    Le mot de la fin…

Aucune inspiration pour cette question.

13. Et la question qui tue mais à laquelle on n’est pas obligé de répondre : financièrement, comment ce choix a-t-il pu être assumé ?

Par une organisation en béton armé. Par une vie calculée. Par un réseau de copains toujours prêts à aider et à aimer. Par un travail acharné. Par un optimisme forcené. Par un bonheur des choses simples. Par un ex-amoureux qui, les premières 4 premières années, a accepté de partager le risque. Par une enfant fière de moi.

 

 

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6 Réponses to “Quand je serai grande, je serai écrivain… par Valentine Goby!”

  1. lucie38 6 septembre 2012 à 07:51 #

    Merci pour ce bel entretien, écrire comme on respire et faire infuser sa vie…J’aime beaucoup la manière dont Valentine Goby ressent son « métier » d’écrivain. Merci à vous deux Valentine et Charlotte pour ce partage.

  2. christine 6 septembre 2012 à 08:26 #

    Je crois que l’on y arrive quand le conjoint ou l’ex-conjoint est là. Quand les enfants sont fiers!

    • lucie38 8 septembre 2012 à 09:07 #

      un peu de soutien, oui, c’est nécessaire..

  3. Ines 6 septembre 2012 à 09:05 #

    Une magnifique interview et un très beau parcours…Merci pour ce partage

  4. valentyne 7 septembre 2012 à 13:09 #

    J’aime beaucoup sa réponse à la deuième question : en devenir …..

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