Si on parlait écriture avec Harold Cobert?

28 Août

Je vous ai parlé du merveilleux Hiver avec Baudelaire et du touchant Dieu surfe au Pays basque

Et bien, aujourd’hui, c’est Harold Cobert qui vient nous parler écriture! Merci infiniment Harold!

1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?

Acquis. L’imagination se développe dans l’enfance, notamment si vos parents vous apprennent à vous ennuyer. Ensuite, elle se travaille, s’affine, comme l’écriture, qui se façonne livre après livre, ligne après ligne, mot après mot. Beaucoup de sueur, donc. Et un peu de talent, quand même !

 2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)

En ce qui me concerne, je n’écris pas forcément lorsque je suis à ma table en train d’écrire. J’écris beaucoup lorsque je n’écris pas, quand je flâne, quand je rêve au roman que j’ai en tête. J’infuse lentement, comme le thé. Je prends des notes anarchiques. Puis tout se met en place. Le texte est mûr. À partir de ce moment-là, je peux écrire plus de douze heures par jour.

 3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?

Le Reniement de Patrick Treboc, publié en 2007 chez Lattès. Une satire de notre société du spectacle, cette société du tout à l’ego, où un trentenaire devenu professeur par défaut et criminel par accident devient une idole… Un roman d’une grande (a)moralité !

 4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?

Jamais. Mais à un moment, il faut laisser aller – et accepter que le texte vaut aussi pour ses imperfections.

 5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?

Je ne sais plus combien de textes, mais quelques uns ! Et au moins une cinquantaine de refus !

 6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?

Cela dépend des romans. Comme je vous le disais, j’infuse lentement, parfois pendant plusieurs années. Ensuite, le premier jet prend en général plusieurs mois, parfois un an. Mais, pour moi, le vrai travail commence après : retirer, retirer, retirer sans cesse pour ne garder que l’essentiel, l’os.

 7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ? 

L’incertitude porte. On passe bien sûr par des périodes d’abattement, où l’on est persuadé que tout cela est vain. Et puis, malgré tout, on continue. Écrire est une activité kamikaze !

 8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?

C’est indescriptible. De la fierté, mais aussi une trouille de tous les diables car, à partir de là, c’est le grand saut dans l’inconnu, tout vous échappe !

 9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?

Qu’il a les défauts de ses qualités, même si la formule est d’une banalité affligeante. Il a du nerf, de la verdeur, et cette ambition ridicule de vouloir tout dire en un seul livre !

 10. Etre écrivain, c’est…

Écrire quand on n’écrit pas. Penser en permanence le monde à travers des mots et des phrases.

 11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…

Ne jamais renoncer.

J’ai vraiment un faible pour cette couverture!

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5 Réponses to “Si on parlait écriture avec Harold Cobert?”

  1. christine 28 août 2012 à 08:04 #

    toujours admirative des écrivains. Que de travail pour nous donner du rêve, des larmes…

  2. Ludivine 28 août 2012 à 08:36 #

    Tu sais, Charlotte, à quel point ce livre que j’ai lu deux fois cet été m’a touché…et tu en connais aussi les raisons…Je suis d’autant plus contente de pouvoir lire cette interview et de le remercier lui aussi…des mots, de l’espoir qui s’envole tout à coup, des larmes et de l’incompréhension puis des lendemains qui chantent quand même…finalement…les symboles, il est vrai ne servent à rien, pourtant on s’y accroche comme…souvent…Merci…évoquer ce livre, le voir même et ce foutu petit nœud au fond de ma gorge repointe le bout de son nez…pour toutes les étoiles qui filent et ceux qui les regardent filer…Merci…

  3. emidreamsup 28 août 2012 à 09:10 #

    Hello,
    J’adore cet auteur et l’interview ne fait que renforcer mon sentiment.

  4. Submarine 28 août 2012 à 11:08 #

    J’aime beaucoup sa réponse, être écrivain, c’est « écrire quand on n’écrit pas »…

Trackbacks/Pingbacks

  1. Escale en émotion #6 « L'insatiable - 29 octobre 2012

    […] ce sujet vous interpelle, je vous conseille de lire Dieu surfe au pays basque d’Harold Cobert. Un livre émouvant et tendre dont je […]

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