Toujours aussi envie…

27 Août

Texte déjà publié le 9 mars. En attendant que mon cerveau se libère et puisse enfin s’exprimer librement, voici un petit texte, pour ceux qui n’étaient pas encore là au mois de mars… Toujours autant d’actualités et que j’aime particulièrement (je rêve toujours autant de ce mois loin de tout et proche de la mer!)… Même si l’histoire dont le texte parle est terminée depuis… Une nouvelle se profile en tête, des idées se bousculent… Dans un mois, je lâche les fauves et reprend cahier et crayons!

Elle voulait croire que se couper du monde pendant un mois suffirait.

Peut-être serait-ce encore un rêve brisé, un espoir ruiné, mais il fallait essayer plutôt que de se plaindre constamment et toujours se cacher derrière l’impossible et le désespoir.

Elle avait trouvé cette maison, isolée, loin de tout, dans ce pays qu’elle ne connaissait pas. Elle avait préparé ses bagages, peu de choses finalement pour éviter les distractions.

Elle venait d’atterrir. Un peu endormie, elle sortit de l’aéroport : il y avait une autre lumière ici, le bleu azur du ciel la réconfortait déjà, elle allait se sentir bien.

Elle héla un taxi. Le chauffeur, un vieil homme ventripotent, rubicond et un peu bourru, lui demanda sa destination, elle lui donna l’adresse. Il la fixa un peu étrangement, lui demandant pourquoi elle n’avait pas choisi l’un de ces hôtels grands luxe les pieds dans l’eau, plutôt qu’une maison isolée et perdue tout au nord de l’île. Elle lui sourit et lui dit qu’elle l’avait trouvée jolie, comme pour clore la discussion. Pendant tout le trajet, il faisait l’apologie de son île tout en déplorant les amas de touristes qui s’entassaient sur les plages ; ceux-ci composant pourtant, principalement, son gagne-pain. Elle entendait ses paroles, mais n’y prêtait pas attention, elle préférait regarder le paysage, et s’émerveiller devant ce qui allait devenir son lieu de vie pendant un mois.

Après une heure de route, elle se retrouva face à cette maison, sa valise posée à côté d’elle, son sac à main serré contre ses hanches.

Elle n’était pas déçue, le paysage était magnifique. Une jolie bâtisse, grande sans être imposante, accueillante mais mystérieuse. On y accédait en empruntant une longue allée, qui la tenait ainsi éloignée de la route. Ici, pas de peupliers ou de chênes mais des bananiers, des amandiers et toutes sortes d’arbres exotiques. Elle se sentit bien tout de suite. En France, c’était déjà l’automne et son défilé de gris, de vent et de froid. Ici, tout n’était que couleur, chaleur, réconfort.

Elle s’avança, trouva la clé cachée comme convenu et entra.

Elle fut saisie par la beauté de la vue. Une grande fenêtre s’ouvrait sur un paysage paradisiaque, elle surplombait l’île et avait une vue imprenable sur la mer. Evidemment, elle était loin de la plage, mais elle sentait le vent si particulier qui accompagnait les bords de mer, le calme qui se dégageait de ce paysage, la force que cela faisait entrer en elle, comme si la terre lui offrait son énergie.

Elle s’avança sur la terrasse en bois. On aurait pu se croire dans un de ces films américains où les personnages discutent en profitant de la douceur du soir, l’un sirotant une bière, l’autre s’essayant à l’harmonica alors que le dernier partageait à haute voix ses plaisirs de lecture.

Elle visita la maison, la décoration était vive et de bon goût, les chambres étaient gaies, toutes avaient une couleur attitrée : l’une avait un mur rouge coquelicot étincelant, l’autre un jaune pâle et la dernière, un peu en décalage, insufflait une atmosphère de chambre d’enfant avec ce rose sur les murs, une sorte de chambre rêvée pour une petite fille qui s’imaginait princesse.

Elle descendit à la cuisine, où elle trouva le frigo rempli et les placards pleins. La propriétaire avait accepté de lui rendre ce service. Elle ne savait pas quelle heure il était et finalement, cela lui était égal. Elle avait décidé de vivre à son rythme, au rythme de son projet. Elle se fit une tartine de beurre saupoudrée de chocolat, son petit péché mignon.

Comme promis, elle appela son mari pour lui dire qu’elle était bien arrivée, que tout allait bien, qu’elle l’aimait et qu’elle allait y arriver, qu’elle se sentait bien ici.

Elle déballa ses affaires, choisit la chambre rouge et s’assoupit quelques instants. La journée commençait à décliner quand elle se réveilla.

Il fallait qu’elle commence, qu’elle s’attelle à sa tâche.

Crédit photo: l’insatiable

Elle rassembla les affaires nécessaires, prit un plaid pour la fin de soirée, se prépara un petit sandwich et une théière de tisane bien chaude. Elle s’assit sur le grand fauteuil qui ornait la terrasse.

Elle prit son ordinateur, l’alluma et commença à taper mais c’était balbutiant, timide ;  le clavier lui brûlait les doigts, définitivement ce n’était pas son outil préféré.

Elle sortit son cahier, l’ouvrit à la première page, choisit avec intérêt un crayon, le tailla et là, tout lui parvint, tout sortait, elle laissait faire comme si le crayon écrivait sans elle, sans qu’elle ait besoin d’un quelconque effort.

Ca y est ! Elle avait arrêté de lire tous ces livres sur la quête de soi, de s’abreuver d’ouvrages de philosophie, elle avait osé vivre ses envies, elle s’en donnait enfin les moyens ! Elle avait enfin écouté cette petite voix qui lui parlait depuis tellement longtemps, qu’elle tentait de dissimuler, mais qui revenait inlassablement, comme une attirance magnétique, comme si cela était attaché à son être. Elle avait refusé de jouer plus longtemps cette comédie humaine qui ne lui ressemblait pas, elle avait quitté son nid douillet et confortable pour se confronter à ses rêves, voir si elle en avait la force. Le chantier était vaste mais elle allait réussir, elle la finirait cette histoire, celle qu’elle portait en elle depuis si longtemps.

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Une Réponse to “Toujours aussi envie…”

  1. christine 27 août 2012 à 08:54 #

    Ce texte est très beau.

    Bonne continuation.

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