Le vase où meurt cette verveine: déroutant, à lire donc!

23 Août

J’ai toujours trouvé attendrissant les gens qui se tenaient par la main. Mais attention, les gens qui vraiment se tiennent par la main et qui donnent tout son sens à ce geste-là. J’avais d’ailleurs écrit une petite histoire sur une proposition de Leiloona sur ce geste (vous le retrouverez ici si vous le souhaitez). Les mains racontent des histoires, sont troublantes parfois.

Quand je vois deux personnes âgées se tenir la main, s’asseoir côte à côte sur un banc, tellement proches l’un de l’autre, comme pour sentir le contact de l’autre, cela m’émeut particulièrement.

Je souris, regarde mon amoureux et lui demande si on sera comme ça, nous, quand on aura cet âge-là…

Alors, quand j’ai commencé le roman de Frédérique Martin, j’ai cru que j’allais me trouver face à cette même émotion, délicate et légère. Ce fut complètement différent et tant mieux !

Le vase où meurt cette verveine est tout sauf léger. C’est un roman violent, dérangeant, remuant.

Zita et Joseph se retrouvent séparés à 77 ans. L’épouse est malade et doit se faire soigner dans un hôpital parisien. Leur fille, Isabelle, vit à Paris mais dans un minuscule appartement, elle ne peut donc y accueillir que sa mère. Joseph pendant ce temps-là ira vivre chez son fils, à l’autre bout de la France. Constat de départ difficile à accepter : comment des enfants peuvent-ils séparer ainsi des parents ? Là commence la longue réflexion qui vous taraude pendant tout le roman sur le positionnement des enfants face au couple de leurs parents, pas de relations père-fils ou autre, mais bien comment un enfant peut-il accepter et concevoir le couple de ses parents ? Un questionnement universel, pudique, posé ici d’une façon vive et tranchée, assez redoutable d’ailleurs.

Le roman suit la relation épistolaire entre les deux époux. On s’immisce dans leur vie intime pour découvrir que le désir est toujours là, que la distance et le manque sont toujours aussi pesants. L’auteur pose des mots délicats sur l’amour.

Petit à petit, on sent poindre le drame, le délitement d’une famille, la violence des sentiments.

La chute est inattendue et terrible.

Les romans qui marquent sont pour moi ceux qui déroutent et qui mordent, qui vous retournent et vous obligent à aller chercher au fond de vous.

Celui-là en fait partie !

Merci infiniment aux éditions Belfond qui ont proposé de me faire découvrir ce roman !

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14 Réponses to “Le vase où meurt cette verveine: déroutant, à lire donc!”

  1. lucie38 23 août 2012 à 07:40 #

    alors tu vois celui là sans ton billet je ne l’aurais pas regardé mais là je note !

  2. Ines 23 août 2012 à 09:43 #

    Le thème est dur et intéressant…je n’avais jamais entendu parler ni de cet auteur ni de ce livre…pour l’instant, ma PAL est bien trop énorme ms je garde ce titre dans un petit coin de ma mémoire car le thème m’intéresse énormément!

    • insatiablecharlotte 24 août 2012 à 09:58 #

      Ma PAL est infinie!! Mais vraiment il vaut le détour, tant l’histoire est originale et vraiment déroutante!

  3. Frédérique Martin 23 août 2012 à 11:31 #

    Bonjour Charlotte,

    Une petite visite amicale pour vous remercier de ce billet, de votre lecture enthousiaste et de votre sensibilité. Frédérique.

  4. zazy 30 août 2012 à 18:17 #

    Ce livre vaut vraiment le coup d’être lu. Un coup de coeur pour moi

  5. Leiloona 23 mai 2013 à 17:28 #

    J’ai découvert l’écriture de Frédérique Martin et je suis tombée sous son charme.

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