Si on parlait écriture avec Kéthévane Davrichewy

18 Juil

C’est Kéthévane Davrichewy qui se prête au jeu de l’interview aujourd’hui. Je vous avais parlé de son dernier roman: Les séparées, un de mes romans de l’année et du très bon roman: La mer noire. Tous les deux sont édités chez la talentueuse Sabine Wespieser, des objets magnifiques!

Je suis vraiment ravie qu’elle ait accepté de répondre à mes petites questions…

1.L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ? 

Je ne saurais pas répondre à cette question, je dirais qu’écrire est vital. J’ai toujours une histoire, une émotion, des personnages en tête. Le talent, je ne sais pas, c’est aux autres d’en parler.

2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)
Impossible de répondre une fois encore, je ne parviens pas à mesurer l’écriture en heures, lorsque je suis lancée dans un roman, tout est prétexte à m’y plonger, une sensation, une émotion, une rencontre. Je vis avec mon histoire, mes personnages, parfois cela mûrit pendant des mois, j’y pense, j’en rêve, j’écris dans des carnets puis j’ouvre mon ordinateur, c’est le moment où tout est déjà construit virtuellement et où il faut se lancer.

3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?
J’écrivais depuis plusieurs années des livres pour enfants et adolescents à l’École des Loisirs, j’ai commencé l’histoire d’un jeune garçon enfermé dans un centre de désintoxication. Mon éditrice, Geneviève Brisac, m’a alors dit que j’avais écrit sans le savoir mon premier roman adulte. Je l’ai envoyé à plusieurs éditeurs. Il est paru en 2004 chez Arléa qui fut la première maison à me contacter.

4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?
Peut-être pas vraiment, mais on peut accéder à une sorte d’aboutissement. C’est à dire être certain d’être aller au bout de ce qu’on voulait. Avoir l’impression qu’il ne faut plus y toucher.

5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?
J’ai eu la chance de ne pas avoir de texte refusé. J’ai conscience de cette chance.

Crédit photo: Dorothée Lindon

6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le papier ?
Comme je l’ai écrit ci-dessus, mes livres mûrissent longtemps avant de s’écrire au sens propre. Mon premier jet vient souvent assez rapidement mais je le relis, le remanie, le corrige très longtemps. Puis je le donne à lire à une ou deux personnes en qui j’ai confiance, je le remanie encore parfois avant de l’apporter à mon éditeur.

7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ?
Ayant donc écrit mon premier roman dans l’urgence de raconter une histoire et en pensant écrire pour la jeunesse, je n’ai pas ressenti d’angoisse particulière. L’angoisse a surgi quand j’ai envoyé ce livre par la poste et que j’ai attendu les réponses.

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?
Pour moi ce fut un livre pour enfants et je me souviens encore du bonheur éprouvé, un rêve d’enfant qui se réalisait. Aujourd’hui, je suis fière, incroyablement fière de voir mon nom sur les beaux objets que sont les livres chez Sabine Wespieser Éditeur, de lire mon nom à son catalogue.

9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?
Je dirai qu’il est sans doute un peu sec, âpre, mais j’ai aussi la sensation qu’il est en accord avec le souffle court et épuisé du narrateur et je ne suis pas sûre de pouvoir réécrire ce destin-là autrement.

10. Etre écrivain, c’est… densifier, intensifier les méandres de la vie, du temps, de la mémoire.

11. Si vous aviez un conseil à donner à ces petits auteurs en herbe qui rêvent un jour d’être à votre place, ce serait…de lire, lire, vivre, vivre, observer les autres, leurs vies, ressentir .

 

Merci infiniment Kéthévane, au plasir de lire votre prochain roman!!

Publicités

4 Réponses to “Si on parlait écriture avec Kéthévane Davrichewy”

  1. Laetii 18 juillet 2012 à 08:33 #

    Ce que j’ai aimé « Les séparées »! D’ailleurs, je ne me suis pas encore plongée dans « La mer noire »!

    • insatiablecharlotte 18 juillet 2012 à 10:08 #

      C’est un de mes romans de l’année pour ma part (je crois d’ailleurs que je vais vite le relire, ce qui n’est pas dans mes habitudes!)! La mer noire est d’un tout autre genre mais très bien aussi!

Trackbacks/Pingbacks

  1. Quatre murs, Kéthévane Davrichewy | L'insatiable - 18 février 2014

    […] Découvrez sans attendre Les séparées et La mer noire du même auteur, des petits bijoux également! Vous pouvez également retrouver Kéthévane Davrichewy dans son interview Si on parlait écriture! […]

  2. "France bleu, France bleu" | L'insatiable - 11 août 2014

    […] – Les séparées de Kéthévane Davrichewy dont vous pouvez retrouver la chronique ICI et son interview LA […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :